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EXCLUSIF – Prony Resources : La Dépêche a pu lire le courrier de NBM, voici ce qu’il dit vraiment

11 septembre 2026 à 08:55
4 min de lecture
EXCLUSIF – Prony Resources : La Dépêche a pu lire le courrier de NBM, voici ce qu’il dit vraiment

Résumé IA

New Battery Metals a informé le CIRI, dans un courrier daté du 10 septembre 2026, qu'elle ne soumet pas de nouvelle offre pour Prony Resources dans les conditions actuelles. Le groupe invoque le coût du soufre et la complexité du consortium technique, mais précise qu'il ne s'agit pas d'un retrait définitif.

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La rédaction de La Dépêche de Nouméa a pu prendre connaissance du courrier adressé le 10 septembre 2026 par New Battery Metals au CIRI concernant Prony Resources. Le document détaille les raisons pour lesquelles NBM ne souhaite plus, à ce stade, déposer de nouvelle offre dans les conditions actuelles. Surtout, le courrier montre qu’il ne s’agit pas d’un retrait définitif, mais bien d’un coup d’arrêt lié à deux obstacles majeurs.

NBM ne déposera pas de nouvelle offre en l’état

Le courrier est adressé à Guillaume Primot, secrétaire général du Comité interministériel de restructuration industrielle. NBM y informe officiellement l’État de la décision prise par son conseil d’administration : après de longues discussions, le groupe estime qu’il n’est plus en mesure de soumettre une nouvelle offre dans le processus actuel concernant Prony Resources. Une décision que NBM assure ne pas avoir prise à la légère.

Le groupe rappelle avoir consacré près de deux années de travail au dossier, mobilisant des moyens financiers, du temps de management ainsi que des ressources juridiques, techniques et de conseil.

NBM réaffirme au passage sa conviction dans la valeur à long terme de Prony Resources et dans l’importance du site pour la Nouvelle-Calédonie.

Le prix du soufre bouleverse l’équation

Premier obstacle clairement identifié : le soufre. NBM explique que les tensions récentes autour du détroit d’Ormuz ont eu un impact direct et important sur son prix. Or le soufre constitue un intrant critique du procédé métallurgique de Prony Resources. Selon le courrier, cette hausse a « significativement modifié l’économie » du modèle de reprise étudié par NBM.

Autrement dit, ce qui pouvait être économiquement viable dans les hypothèses initiales ne l’est plus nécessairement avec un soufre beaucoup plus cher.

NBM indique avoir espéré la mise en place d’un mécanisme de soutien du gouvernement français permettant de réduire cette exposition. Mais le groupe estime qu’une telle solution n’a pas pu être construite dans les délais du processus.

Un deuxième blocage autour du consortium technique

Le second problème concerne la composition du consortium technique destiné à intervenir sur l’usine.

NBM évoque le remplacement tardif du partenaire technique chinois retenu pour les travaux d’ingénierie, ENFI, mais également les positions prises concernant les participations chinoise et indonésienne au projet.

Selon le groupe, ces évolutions ont rendu la trajectoire technique plus complexe et surtout plus longue à mettre en œuvre. Un calendrier désormais incompatible avec le délai prévu pour mener à bien la reprise.

Le courrier montre ainsi que le dossier Prony Resources ne dépend plus seulement d’une équation financière. Les choix de partenaires industriels et les considérations géopolitiques pèsent également sur le montage du projet.

NBM ne ferme pas la porte

C’est le point essentiel du document. NBM précise noir sur blanc que sa décision « n’est pas un retrait définitif d’intérêt pour Prony ». Le groupe affirme que sa logique industrielle reste inchangée et indique être prêt à reconsidérer sa position si davantage de visibilité apparaît sur les deux difficultés identifiées : le coût du soufre et la configuration du consortium technique. NBM souhaite également rester en dialogue avec le CIRI.

La porte reste donc ouverte.

Ce qu’il faut retenir du courrier

Le message adressé à Bercy est finalement assez simple : NBM ne déposera pas de nouvelle offre pour Prony Resources dans les conditions actuelles. Deux raisons sont avancées : la hausse du prix du soufre, qui fragilise l’équilibre économique du projet, et les changements entourant le montage technique, qui compliquent et rallongent le calendrier. Mais contrairement à un abandon pur et simple, NBM indique clairement pouvoir revenir à la table si ces conditions évoluent.

Pour l’usine du Sud, le dossier reste donc ouvert.

NBM n’abandonne pas Prony Resources : il estime simplement que, dans sa configuration actuelle, le projet n’est plus réalisable dans les conditions et les délais prévus.


La présidente de la province Sud interpelle l’État

Dans un post publié ce jeudi, Sonia Backes estime que le dossier est désormais entre les mains de l’État, qu’elle appelle à agir rapidement. La présidente de la province Sud dit avoir écrit au président de la République et avance deux pistes : compenser temporairement la hausse du prix du soufre et assouplir les contraintes liées à l’expertise technique.

Un message qui rejoint directement les deux principaux blocages soulevés par NBM dans son courrier.