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Au delà du récif

Présidentielle : ce que proposent les candidats pour l’Éducation nationale

10 septembre 2026 à 13:00
7 min de lecture
Présidentielle : ce que proposent les candidats pour l’Éducation nationale

Résumé IA

À sept mois de la présidentielle, le JDD compare les programmes des candidats pour l'Éducation nationale. Marine Le Pen, Éric Zemmour, Bruno Retailleau, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon présentent chacun leurs mesures, entre savoirs fondamentaux, revalorisation des enseignants et autonomie des établissements.

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À quelques mois de l’élection présidentielle, le JDD ausculte les programmes des différents candidats. Premier épisode avec les propositions – à ce stade – concernant l’Éducation nationale.

Quentin Gérard 09/09/2026

(Image d'illustration).

(Image d'illustration). AFP / © Nicolas Guyonnet / Hans Lucas

Le stade du simple décrochage est passé. C’est maintenant un véritable déclassement. Les chiffres de l’enquête Pisa 2025, dévoilés mardi 8 septembre, ont eu l’effet d’un séisme : les scores en compréhension de l’écrit et en mathématiques des élèves de 15 ans n’ont jamais été aussi bas en France depuis 2000. La plupart des candidats à l’élection présidentielle ont déploré ces résultats. Mais s’ils parviennent à entrer à l’Élysée, sauront-ils inverser la tendance ? Tour d’horizon de leurs propositions, à sept mois du scrutin.

Marine Le Pen : autorité et savoirs fondamentaux

Si le programme de la candidate du Rassemblement national n’est pas encore arrêté, le parti avait déjà publié une série de propositions lors des dernières législatives. Marine Le Pen place le rétablissement de l’autorité au cœur de son projet. Les élèves perturbateurs, après deux exclusions, seraient orientés vers des structures spécialisées. Elle prévoit aussi d’abroger le Pacte enseignant lancé en 2023 au profit d’un remplacement obligatoire des professeurs absents. Sur le plan pédagogique, le parti souhaite recentrer les programmes sur les savoirs fondamentaux : français, mathématiques et histoire.

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L’histoire occuperait une place particulière dans l’éducation, avec l’affichage obligatoire en classe d’une carte de France et d’une frise chronologique retraçant le récit national. Le baccalauréat serait également réformé, avec le retour des séries et une notation plus stricte. Le RN mise aussi sur une réduction de la bureaucratie au sein de l’Éducation nationale, en supprimant des postes administratifs pour dégager des moyens, réduire les effectifs par classe et stopper les fermetures d’écoles. Enfin, la carte scolaire serait supprimée pour laisser aux familles le libre choix de l’établissement.

Éric Zemmour : retour à l'exigence

Le président de Reconquête, qui pourrait officialiser sa candidature dans les prochaines semaines, s’exprime régulièrement sur l’école et souhaite la remettre sur les bons rails. Au-delà du retour aux savoirs fondamentaux, Éric Zemmour souhaitait en 2022 transformer les conseillers principaux d’éducation (CPE) en « surveillants généraux » chargés exclusivement du maintien de l’ordre. Mais aussi éloigner les élèves les plus perturbateurs vers des internats de réinsertion. Il souhaite aussi le port obligatoire de la blouse à l’école primaire.

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Concernant le corps enseignant, il défend une sélection plus stricte à l’entrée dans le métier et une revalorisation salariale attribuée selon la qualité de l’enseignement. Sur l’organisation des études, il prône un retour à un système plus sélectif : rétablissement du certificat d’études, fin du collège unique au profit de classes de niveau, création de lycées avec des filières d’excellence par académie, ainsi qu'un brevet et un baccalauréat rendus plus exigeants. Il souhaite également renommer le ministère de l’Éducation nationale en « Instruction publique ».

Bruno Retailleau pour une « révolution culturelle »

Le candidat Les Républicains présente son projet pour l’école comme une « révolution culturelle ». Il est bâti autour de quatre piliers : les enseignants, la transmission des savoirs, l’autonomie des établissements et l’autorité. Sur le plan pédagogique, il prône le retour des notes chiffrées, la restauration du redoublement et un recentrage du primaire sur les savoirs fondamentaux, avec l’objectif que 100 % des élèves sachent lire, écrire et compter à l’entrée en 6e. Il propose un examen d’entrée du collège, qui orienterait ensuite les collégiens vers des « groupes de niveau » évolutifs. L’apprentissage serait par ailleurs ouvert dès la 4e sous la responsabilité des régions en lien avec les entreprises.

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Côté enseignants, il promet une augmentation mensuelle de 135 euros net en début de carrière, jusqu’à 300 euros net ensuite. Avec, en contrepartie, une présence accrue dans l’établissement. L’ancien ministre de l’Intérieur souhaite aussi créer des « écoles normales du professorat » dans chaque académie et régionaliser les concours pour limiter l’éloignement géographique des jeunes enseignants. Sur l’autonomie, il propose la création de 1 000 établissements publics « libres » d’ici 2032. Les équipes pédagogiques pourraient adapter les programmes ou les rythmes scolaires. Enfin, il veut renforcer les pouvoirs de sanction des chefs d’établissement et des conseils de discipline et créer des « internats disciplinaires » pour les élèves violents.

Édouard Philippe : attractivité du métier et autonomie des établissements

Le candidat Horizons et maire du Havre présente l’école comme la priorité de son quinquennat. Sa première mission serait de renforcer l’attractivité du métier d’enseignant : il propose une augmentation de 20 % de la rémunération moyenne des enseignants sur cinq ans. Il souhaite aussi renforcer la formation des enseignants et mieux encadrer l’usage de l’intelligence artificielle à l’école. Sur les matières fondamentales, il entend relever le niveau en français et en mathématiques et propose d’adapter les rythmes scolaires aux besoins des enfants, notamment avec des journées raccourcies et davantage de sport et de culture.

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Côté établissements, il compte leur donner plus de liberté : adaptation des méthodes d’enseignement et des horaires, possibilité d’imposer l’uniforme, de fixer leurs propres règles disciplinaires et de participer au choix et à l’évaluation des enseignants. Cette autonomie aurait pour contrepartie la publication des résultats de chaque établissement. Enfin, sur le volet parental, Édouard Philippe propose une « amende de responsabilisation scolaire », inspirée du modèle britannique. Elle viserait les parents d’enfants harceleurs, perturbateurs ou absentéistes, ainsi que les parents violents.

Gabriel Attal : réduction des effectifs en primaire et stabilité ministérielle

Ancien ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal fait naturellement de l’école l’un de ses « chantiers capitaux », aux côtés de l’immigration, des salaires et de l’intelligence artificielle. Le candidat Renaissance propose de réduire les effectifs en primaire, avec l’objectif de passer sous la barre des 20 élèves par classe. La baisse démographique l’aiderait à tenir cet objectif. Au collège, il veut rétablir un certificat d’études à l’entrée en 6e, destiné à vérifier que les élèves maîtrisent les connaissances fondamentales.

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Sur les salaires, il propose une revalorisation de 200 euros net par mois, pouvant aller jusqu’à 500 euros net en milieu de carrière, pour un coût évalué à 2,5 milliards d’euros. Il souhaite enfin garantir la présence du même ministre de l’Éducation nationale pendant cinq ans, afin de mettre fin à l’instabilité chronique à ce poste. L’ancien Premier ministre prendrait ainsi le contre-pied du décennat d’Emmanuel Macron, lors duquel de nombreux ministres se sont succédé à ce ministère.

Raphaël Glucksmann : revalorisation salariale et sauvetage de l'école publique

L’eurodéputé et candidat à la primaire du Parti socialiste et de Place publique place la question des rémunérations enseignantes au cœur de son projet éducatif. Il propose d’augmenter tous les enseignants de 10 %, avec une progression pouvant atteindre 25 % selon l'avancement dans la carrière. Objectif : rattraper les moyennes européennes. Il rappelle notamment qu’un enseignant français en école primaire gagne aujourd’hui moins qu’un enseignant portugais ou slovène. Cette revalorisation est chiffrée à 6 milliards d’euros par son équipe de campagne.

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Au-delà des salaires, Raphaël Glucksmann porte un « plan de sauvetage de l’école publique » sur cinq ans. Il est articulé autour de deux axes principaux : une réduction du nombre d’élèves par classe en primaire et un vaste programme de rénovation du bâti scolaire. Ces mesures doivent permettre de restaurer la fonction première de l’école, qu’il juge aujourd’hui détournée. Il déplore fortement la hausse des inégalités entre élèves.

Jean-Luc Mélenchon : gratuité de la cantine et lutte contre le harcèlement

Le candidat La France insoumise défend une vision de l’école à rebours des projets de la droite. En particulier sur l’autonomie des établissements, avec une logique plus jacobine. Il propose de réduire le nombre d’élèves par classe, avec l’objectif d’atteindre 19 élèves en moyenne à la fin du quinquennat. Ce qui passerait par le recrutement de 160 000 enseignants.

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Le candidat insoumis souhaite également rendre la cantine scolaire gratuite et porter à 100 % la part des produits issus de l’agriculture paysanne et biologique, en privilégiant systématiquement les produits locaux. Enfin, il fait de la lutte contre le harcèlement scolaire l’une de ses priorités, avec une meilleure formation des personnels éducatifs et des actions de sensibilisation destinées aux élèves. Il prévoit également de revenir sur l’interdiction de l’abaya, décrétée par Gabriel Attal lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale.