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Ce que cache la base navale de Nouméa

10 septembre 2026 à 11:00
6 min de lecture
Ce que cache la base navale de Nouméa

Résumé IA

Le 19 septembre 2026, la base navale de Nouméa à Chaleix ouvre ses portes au public, offrant 28 points d'intérêt comme le patrouilleur Jean Tranape ou l'EDAS Sabre. Le capitaine de vaisseau Matthieu Teisseire présente les métiers de la Marine et les missions de surveillance de la zone économique exclusive. Des démonstrations et rotations en mer sont prévues, avant le 75e anniversaire de la base en janvier 2027.

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Deux jours pour cocher la date. Un samedi pour comprendre ce que la France fait vraiment dans le Pacifique.
Le 19 septembre, la Marine nationale lève le rideau sur Chaleix.

Monter à bord, toucher, comprendre

Il y a des institutions dont on parle beaucoup sans jamais y mettre les pieds. La base navale de Nouméa en fait partie.

Le samedi 19 septembre 2026, cela changera. Chaleix ouvre ses grilles au public, et ce n'est pas une opération de communication de plus : c'est une invitation à venir voir, de ses propres yeux, ce que la Marine nationale fait ici depuis bientôt trois quarts de siècle.

Vingt-huit points d'intérêt attendent les visiteurs. Un chiffre qui dit assez bien l'ampleur du dispositif.

On pourra grimper sur le pont du Jean Tranape, le dernier patrouilleur outre-mer livré, arrivé à Nouméa en juin. Sur la vedette Nautile de la SNSM aussi. Et sur l'EDAS Sabre, ce bâtiment amphibie tout juste entré en service.

Ce sont des coques réelles, en activité, pas des maquettes.

Le capitaine de vaisseau Matthieu Teisseire, qui commande la base depuis le 31 juillet dernier, résume l'affaire sans détour : franchir ces portes, c'est découvrir à la fois une emprise opérationnelle des forces armées en Nouvelle-Calédonie, le cœur de la Marine sur le territoire, et une part du patrimoine historique calédonien.

Trois choses en une. Rarement une visite gratuite aura offert autant.

Plus de quatre-vingts métiers exercés sur place

Voilà le second enseignement de cette journée, et sans doute le plus utile pour les familles calédoniennes.

L'aéronautique navale avec la flottille 25F. La plongée et le NEDEX. L'hydrographie et le SHOM. La manœuvre et le matelotage. La lutte antipollution, la sécurité incendie, le secourisme. Les fusiliers marins et les commandos. Le recrutement, la réserve, la préparation militaire.

Un circuit accompagné mènera jusqu'aux ateliers techniques : chaudronnerie, soudure, impression 3D, moteurs hors-bord, électricité, mécanique et froid. Des savoir-faire concrets, transmissibles, qui débouchent sur de vrais emplois.

Le commandant apporte une précision qui mérite qu'on s'y arrête. La moyenne d'âge à bord des bâtiments est de vingt-neuf ans. Les plus jeunes en ont dix-huit ou dix-neuf. Autrement dit : ils étaient au lycée il y a deux ou trois ans à peine.

Il ajoute que certains marins sont originaires de Nouvelle-Calédonie, et que la base tient à ce que la population puisse échanger avec eux.

On parle beaucoup, ici, d'avenir pour la jeunesse. En voici un, tangible, ouvert, sans condition d'origine ni de patronyme.

Une journée qui bouge du matin au soir

Des démonstrations de techniques d'autodéfense sont programmées à 9h30, 11h30, 13h30 et 15h00 sur le terrain de volley.

L'équipe cynotechnique prendra le relais sur le terrain de football, de 10h30 à 11h00 puis de 14h30 à 15h00, avec une démonstration dynamique d'interpellation. Les chiens font toujours leur effet. Ils font surtout un vrai travail.

En continu, les ateliers de sécurité incendie, de secourisme, de lutte antipollution et de matelotage resteront accessibles. S'y ajoutent des démonstrations de gravure et des projections consacrées aux quatre cents ans de la Marine nationale, ainsi que des images d'archives de la base.

Quatre siècles. Cela remet quelques débats contemporains à leur juste échelle.

Autre temps fort : les rotations en mer. Sous réserve de conditions météorologiques favorables, des embarcations partiront toutes les trente minutes, entre 09h15 et 15h30. Âge minimum, deux ans.

Voir la rade depuis l'eau change le regard qu'on porte sur elle.

Les enfants ne sont pas oubliés. Un parcours d'aguerrissement est prévu pour les 6-15 ans, de 9h30 à 12h00 puis de 13h00 à 16h00. Lance incendie, matelotage : le temps d'une matinée, on se met dans la peau d'un marin. La Ressourcerie proposera de l'upcycling et une fresque pour les 7-18 ans. Des jeux gonflables gratuits seront installés sur le site.

Plusieurs associations tiendront stand, dont l'Entraide Marine, la SNSM et l'Office national des combattants et des victimes de guerre.

Ce que cette base fait, le reste de l'année

C'est là que le sujet cesse d'être festif.

Avec les bâtiments basés à Nouméa, la base navale constitue la composante maritime des forces armées en Nouvelle-Calédonie. Elle sert de point d'appui aux missions de protection et de surveillance de la zone économique exclusive.

Traduction concrète : lutte contre la pêche illégale, traque des trafics illicites, protection de l'environnement, sauvetage en mer, assistance en cas d'événement climatique.

Et un fait qu'il faut marteler, parce qu'il dit quelque chose de la place du territoire dans la République : la Nouvelle-Calédonie a été le premier territoire à recevoir ses deux patrouilleurs outre-mer, l'Auguste Bénébig et le Jean Tranape.

Pas le dernier servi. Le premier.

L'année 2026 a déjà fourni son lot d'exemples. L'arraisonnement de vedettes se livrant au trafic illicite de cigarettes. Le sauvetage de six marins à 370 kilomètres des côtes par deux hélicoptères des forces armées en Nouvelle-Calédonie. L'assistance à un voilier en difficulté pendant l'exercice CAGOU, la semaine dernière, dans le lagon.

Ces missions relèvent de l'Action de l'État en mer. Elles ne font pas de bruit. Elles sauvent des vies.

Le commandant le formule à sa manière : il ne s'agit pas de créer un lien avec la population, puisque ce lien existe déjà, il s'agit de l'entretenir.

C'est une phrase à retenir. Elle vaut bien au-delà de la Marine.

La base entretient d'ailleurs des relations suivies avec le Port autonome de Nouvelle-Calédonie, la sécurité civile et le vice-rectorat. Elle accueille régulièrement collégiens et lycéens pour des visites, des stages ou des cérémonies.

Janvier 2027 : soixante-quinze ans

Cette journée portes ouvertes intervient quelques mois avant un anniversaire. La base navale de Nouméa fêtera ses 75 ans en janvier 2027.

Trois quarts de siècle d'ancrage. De présence continue. De missions accomplies sans tapage.

Informations pratiques

L'entrée se fait par la base navale, à Chaleix, rue du Capitaine Desmier. Une pièce d'identité est obligatoire pour accéder au site.

Le stationnement est à anticiper aux abords : le parking du CNC est réservé aux personnes à mobilité réduite.

Un point accueil-information, des postes de secours, des défibrillateurs et les zones de rassemblement figurent sur le plan du dispositif. Les visiteurs sont invités à respecter le balisage et les zones interdites. Les enfants restent sous la responsabilité de leurs parents.

Les horaires et les activités peuvent évoluer selon les contraintes météorologiques et opérationnelles.

Le plan de la base et le programme détaillé sont disponibles sur le Facebook CIRFA Marine Nouméa et sur la page LinkedIn officielle de la Base navale de Nouméa, accessibles depuis le flashcode de l'affiche.

Reste une chose à faire : y aller.

(Crédit photo : Fabien Dubedout)