La mer aussi, c'est la France

Résumé IA
Le Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie ouvre à Nouméa la Journée de l'Action de l'État en mer 2026, qui couvre une zone maritime équivalant à dix fois la Méditerranée. L'événement vise à renforcer la coopération entre services pour la sécurité, la protection de l'environnement et la répression des activités illicites. Un séminaire sur le narcotrafic est prévu à Nouméa les 4 et 5 novembre.
Dix fois la Méditerranée. C'est l'étendue que la France doit surveiller, secourir et défendre depuis Nouméa.
Loin des postures, la Journée de l'Action de l'État en mer 2026 rappelle une évidence trop souvent oubliée : la souveraineté se joue aussi sur l'eau.
Un espace immense, une responsabilité qui ne se délègue pas
C'est à la base navale de Nouméa que tout a commencé. Le Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, délégué du Gouvernement pour l'action de l'État en mer, a ouvert la Journée de l'AEM 2026 devant les acteurs engagés dans la protection et la sécurité de l'espace maritime calédonien.
Le décor n'est pas anodin. Une base navale, des uniformes, des services de l'État réunis au même endroit : la mer n'est pas un décor de carte postale, c'est un théâtre d'opérations.
Les chiffres, eux, dispensent de tout commentaire lyrique. La zone maritime de Nouvelle-Calédonie représente près de dix fois la superficie de la mer Méditerranée. Dix fois. On parle d'un espace où les enjeux courent des zones côtières jusqu'à la haute mer, sans discontinuité, sans zone grise où l'État pourrait se permettre de regarder ailleurs.
Dans le détail, la zone maritime englobe la zone économique exclusive de Nouvelle-Calédonie, soit 1,3 million de kilomètres carrés, et celle de Wallis-et-Futuna, qui dépasse les 200 000 kilomètres carrés. Ce sont des ressources, des routes, des frontières liquides. Ce sont aussi, très concrètement, des vies humaines à secourir.
Cette journée n'a rien d'un rendez-vous protocolaire. Elle constitue un temps privilégié pour renforcer les échanges, partager les compétences et développer les coopérations entre administrations et services de l'État. Autrement dit : faire travailler ensemble ceux qui, le reste de l'année, opèrent chacun depuis leur périmètre.
Trois axes, une seule logique : tenir la zone
La stratégie de l'action de l'État en mer ne relève pas de l'improvisation. Elle repose sur trois axes majeurs, clairement assumés.
Le premier, c'est la maîtrise des zones économiques exclusives de Nouvelle-Calédonie et de Wallis-et-Futuna. Maîtriser, ce n'est pas seulement cartographier. C'est savoir qui entre, qui pêche, qui transite.
Le deuxième axe engage la coopération avec les États voisins pour renforcer la sécurité maritime. Le Pacifique est vaste, les moyens sont comptés, et aucune puissance ne tient seule un tel espace. Reconnaître cela n'est pas un aveu de faiblesse : c'est du réalisme opérationnel.
Le troisième axe est peut-être le plus structurant pour le quotidien des Calédoniens. Il s'agit de la coordination avec les collectivités de Nouvelle-Calédonie, notamment en matière de gestion de crise et de protection de l'environnement. Cyclones, pollutions, accidents : l'efficacité se mesure en heures, parfois en minutes.
Derrière ces axes, une architecture précise. L'un des rôles du Haut-Commissaire est celui de délégué du gouvernement pour l'action de l'État en mer, le DDG-AEM. À ce titre, il est chargé de coordonner l'activité des différents services de l'État dans l'ensemble de la zone maritime.
Il n'est pas seul. Le Commandant de zone maritime, officier de la Marine nationale, l'assiste et le conseille dans cette mission, avec l'appui de son bureau AEM. Une chaîne de commandement lisible, où chacun sait ce qu'il doit à l'autre.
Narcotrafic, environnement, secours : la mer n'attend pas
Les missions de l'AEM s'organisent autour de trois grands domaines, et ils se passent de circonlocutions.
Garantir la sécurité des personnes et des activités en mer, d'abord. C'est le cœur du métier, celui qu'on ne voit qu'au moment du sauvetage.
Protéger l'environnement et préserver les ressources maritimes, ensuite. Le lagon, les récifs, les stocks halieutiques : un patrimoine que personne d'autre ne viendra défendre à notre place.
Réprimer les activités illicites, enfin. Le mot est net, et il fallait qu'il le soit.
Car c'est bien sur ce terrain que se joue l'un des grands rendez-vous des prochains mois. La coopération internationale sera au cœur d'un séminaire consacré à la lutte contre le narcotrafic en mer, organisé à Nouméa les 4 et 5 novembre prochains.
Le sujet n'a rien d'abstrait. Le Pacifique est devenu une autoroute pour des cargaisons qui n'ont rien à faire dans nos eaux. Face à cela, deux options seulement : subir, ou tenir.
L'État a choisi la seconde. Protéger nos espaces maritimes, renforcer la coopération régionale, préserver notre environnement : une action collective au service de la Nouvelle-Calédonie.
Ce n'est pas un slogan. C'est un cap. Et dans une période où l'on entend beaucoup parler de ce que la République ne ferait pas, il n'est pas inutile de rappeler ce qu'elle fait, chaque jour, sur 1,5 million de kilomètres carrés d'océan sans caméras et sans applaudissements.
(Crédit photo : COSS Nouvelle-Calédonie)

