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Quinze minutes perdues à chaque séance

8 septembre 2026 à 16:00
5 min de lecture
Quinze minutes perdues à chaque séance

Résumé IA

Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie prévoit d'installer le vote électronique pour gagner du temps et renforcer la transparence. La présidente Virginie Ruffenach a signé un partenariat avec le Sénat lors d'une mission à Paris, accompagnée du vice-président Xavier Rossard. Ce dispositif doit remplacer l'appel des élus, qui fait perdre quinze minutes par séance.

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Un quart d'heure perdu à chaque séance, rien que pour l'appel des élus. Au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, la présidente a décidé que cette époque-là devait se terminer.

Deux mois au perchoir, et déjà une méthode

Le 13 août dernier, devant la presse, Virginie Ruffenach dressait le bilan de son premier mois à la tête du Congrès de la Nouvelle-Calédonie.

Un mois. C'est court.

Élue le 10 juillet au perchoir de l'institution du boulevard Vauban, la présidente aurait pu se contenter des formules d'usage, de la photo officielle et d'un calendrier prudent. Elle a choisi autre chose.

Elle a choisi de parler d'outils.

Parmi les dossiers qu'elle a mis sur la table, un sujet apparemment technique, presque austère, et pourtant révélateur d'une certaine idée du travail parlementaire : le vote électronique.

Le sujet n'est pas né en août. Il figurait déjà dans son discours du jour de son élection. Ce qui a changé en un mois, c'est le passage de l'intention à la mise en œuvre.

Car entre-temps, il y a eu Paris.

Paris, le budget 2027, et un déplacement qui ne s'est pas arrêté aux crédits

La mission transpartisane néo-calédonienne a achevé ses négociations autour du soutien financier de l'État et de la défense des crédits alloués à l'archipel dans le budget 2027.

C'était l'objet principal du déplacement. C'était l'urgence budgétaire, celle qui conditionne concrètement les moyens du territoire pour les mois à venir.

Mais Virginie Ruffenach n'a pas fait le voyage pour un seul dossier.

Avant son retour sur le territoire, la présidente du Congrès est allée au contact des services des hémicycles de l'Assemblée nationale et du Sénat. Objectif affiché : nouer un partenariat en vue de l'installation du vote électronique dans l'institution qu'elle préside.

Un partenariat a été signé avec le Sénat pour y travailler.

Elle l'a dit sans détour : elle veut "revenir avec une solution clé en main de vote électronique", qu'elle qualifie de "gage de modernisation et d'efficacité".

Une solution clé en main. L'expression mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle dit exactement le contraire de ce que produit habituellement l'administration : pas un rapport, pas un groupe de travail, pas une étude préalable à une étude. Un dispositif qui fonctionne, importé d'assemblées où il fonctionne déjà.

Sur sa page Facebook, la présidente est revenue sur le contenu concret de ces journées parisiennes.

La mission à Paris a également été l'occasion de travailler avec l'Assemblée nationale et le Sénat sur la mise en place du vote électronique au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, écrit-elle.

Elle y détaille les avantages attendus :

Un gain de rapidité et d'efficacité, davantage de transparence et la possibilité pour chaque élu de rendre compte de son vote sur les textes examinés : ce mode de scrutin, déjà en vigueur dans de nombreux parlements modernes, présente de nombreux avantages.

Et de saluer l'apport des institutions nationales :

Sur ce sujet, le soutien et l'expertise de nos deux assemblées parlementaires nationales sont précieux.

Le travail n'a pas été symbolique. Il a été mené avec le 6e vice-président du Congrès, Xavier Rossard, et le secrétaire général, Vidjaya Tirou. Plusieurs réunions de travail ont réuni les secrétaires généraux ainsi que les responsables des services de l'informatique et de la séance.

Des ingénieurs, des administrateurs, des gens qui savent comment une assemblée vote.

C'est ainsi qu'on transforme une annonce en projet.

Le vote électronique, ou la fin d'une certaine désinvolture

Interrogée sur l'intérêt réel de cette évolution, Virginie Ruffenach ne s'embarrasse pas de nuances : cette évolution ne présente que des intérêts.

Elle en fait la démonstration chiffres à l'appui.

C'est un gain de temps. On n'a plus à faire l'appel, sachant qu'un quart d'heure y est consacré à chaque séance. Ensuite, cela évite d'avoir à énumérer les votes, grâce à un affichage immédiat. Cela permet aussi une meilleure gestion des procurations.

Quinze minutes par séance. Multipliées par le nombre de séances d'une année parlementaire.

Ce temps-là n'appartient pas aux élus. Il appartient aux Calédoniens.

Lors de sa conférence de presse du 13 août, la présidente insistait aussi sur un second bénéfice, moins comptable et probablement plus politique : une meilleure transparence de la présence des élus lors des séances publiques.

Voilà le vrai sujet.

Un affichage immédiat des votes, c'est un élu qui ne peut plus se réfugier dans le flou d'une procédure orale. C'est un mandat qui redevient traçable. C'est, très concrètement, la possibilité pour chaque électeur de savoir ce que son représentant a voté, et quand.

Beaucoup de parlements l'ont compris depuis longtemps. Le dispositif est déjà en vigueur dans de nombreuses assemblées modernes, comme le rappelle elle-même la présidente du Congrès.

La Nouvelle-Calédonie n'a aucune raison de rester à l'écart de cette exigence.

Ceux qui préfèrent l'immobilisme trouveront toujours de bonnes raisons de reporter. Le calendrier, le contexte, les priorités. Il y a toujours un motif pour ne rien faire.

La position de Virginie Ruffenach est exactement inverse, et elle l'a résumée en deux phrases sur sa page Facebook :

"Les réformes n'attendent pas. Les Calédoniens non plus."

Puis, en guise de conclusion :

Nous devons être à la hauteur des enjeux qui se présentent à nous et nous donner les moyens d'agir, notamment en nous appuyant sur des outils modernes, efficaces et transparents.

Des outils modernes, efficaces, transparents.

Trois mots que l'institution du boulevard Vauban devra désormais faire vivre autrement que sur le papier.

Plus d'un mois après son élection, la présidente du Congrès a posé un premier jalon : celui d'une assemblée qui accepte d'être jugée sur son fonctionnement autant que sur ses discours.

La suite dira si l'outil suit la parole.

(Crédit photo : page Facebook "Virginie Ruffenach")