Il se plie, il se paie en 24 mois : l’iPhone Duo est là

Résumé IA
L’iPhone Duo, premier téléphone pliable d’Apple, est présenté par John Ternus lors d’une keynote à Cupertino. L’appareil, doté d’une charnière nommée « Continuum Hinge » et d’une « ligne de vie » au milieu de l’écran, est proposé à un prix élevé avec un financement sur 24 mois.
La scène se passe à Cupertino, dans un amphithéâtre climatisé à la taille exacte d’un ego de PDG. John Ternus, nouveau patron d’Apple depuis cinq mois, s’avance pour sa première keynote, main sur le cœur, et lâche la phrase que l’humanité attendait depuis l’invention du feu : « Aujourd’hui, l’iPhone se plie. » Standing ovation. Larmes. Un développeur de 52 ans s’évanouit au troisième rang. On l’évacue sur une civière en aluminium recyclé. Au premier rang, Tim Cook applaudit poliment, avec le sourire d’un homme qui touche désormais le même chèque sans avoir à répondre aux questions sur la Chine.
Il aura donc fallu sept ans, une armée d’ingénieurs et un budget équivalent au PIB de la Nouvelle-Calédonie pour qu’Apple découvre ce que les Chinois, les Coréens et n’importe quel portefeuille en cuir savaient déjà : un objet peut avoir une charnière. L’appareil s’appelle iPhone Duo. Il aurait pu s’appeler iPhone Fold, mais Samsung avait pris le nom en 2019, avec le concept, la technologie et le brevet.
Dans les Apple Store, l’ambiance tient du pèlerinage. On y a vu Antoine, 29 ans, « créateur de contenu », déplier et replier l’appareil quarante-sept fois de suite, hypnotisé, en murmurant « c’est fluide, c’est fluide » comme un homme qui vient de découvrir la porte. À côté de lui, Ludo, 36 ans, expliquait à un vendeur en polo bleu qu’il avait « toujours cru au pliable », sans mentionner que son précédent téléphone pliable était un Motorola Razr acheté en 2005 sur un marché de Ducos.
Sur le plan technique, Apple a fait preuve de son génie habituel : celui du dictionnaire. L’écran ne se plie pas, il « s’articule ». La charnière n’est pas une charnière, c’est un « Continuum Hinge ». Et la trace bien visible au milieu de la dalle, celle que tous les concurrents essaient de cacher depuis six ans, est devenue chez Apple une « ligne de vie », un élément de design assumé, presque un choix spirituel. Vous ne regardez pas un défaut, vous regardez une intention.
Côté prix, la maison reste fidèle à sa ligne : un chiffre qui ressemble à un loyer et qui se paie comme un crédit. Apple propose d’ailleurs un financement en 24 mois, ce qui tombe bien, puisque la batterie tiendra à peu près aussi longtemps. Pour les plus modestes, le modèle « 128 Go » sera disponible, c’est-à-dire un téléphone à 2 400 euros dont l’espace de stockage sera saturé au premier voyage en Australie.
Interrogé sur la concurrence, un cadre d’Apple a balayé la question d’un revers de main : « Samsung a fait un téléphone qui se plie. Nous, nous avons fait un iPhone qui se plie. » La différence est subtile, mais elle vaut apparemment 800 euros et une queue de six heures sous la pluie.
Ternus, ingénieur de formation, a tenu à rappeler qu’il avait « personnellement supervisé chaque micron de la charnière ». On comprend mieux pourquoi il a fallu sept ans : Tim Cook, lui, supervisait surtout les marges.
En coulisses, Cupertino préparerait déjà la prochaine rupture technologique : un iPhone capable de se poser à plat sur une table sans vaciller à cause du bloc photo. Une prouesse annoncée pour 2028, sous réserve que les ingénieurs parviennent à retirer une caméra sans perdre la face.
Quant aux enfants qui grattent le cobalt au fond des mines congolaises, ils n’ont pas réagi à la keynote. Le Wi-Fi passe mal à 400 mètres sous terre.



