Fin de règne, début du mythe Zidane

Deux décennies après Berlin, un symbole revient aux commandes. L’histoire s’écrit à nouveau en bleu, avec un nom que personne n’a oublié.
Une décision forte pour tourner la page Deschamps
La Fédération française de football a tranché. Ce mardi à 11 heures, lors d’une conférence de presse très attendue, son président Philippe Diallo a officialisé la nomination de Zinédine Zidane au poste de sélectionneur de l’équipe de France. Une annonce qui marque un tournant majeur après quatorze années de stabilité sous l’ère Didier Deschamps.
Le sélectionneur sortant, artisan du titre mondial en 2018, a vu son mandat s’achever le 18 juillet, après une Coupe du monde 2026 frustrante. Battue par l’Espagne en demi-finale, puis par l’Angleterre lors du match pour la troisième place, la France termine au pied du podium. Une performance honorable, mais insuffisante au regard des ambitions affichées.
Dans ce contexte, la nomination de Zidane apparaît comme une évidence. Depuis plusieurs années, son nom circulait avec insistance. Cette fois, la FFF a décidé d’assumer un choix clair : confier les rênes à une figure emblématique du football français. Un choix de continuité dans l’exigence, mais de rupture dans le style.
À 54 ans, Zidane incarne une nouvelle phase pour les Bleus : une phase où l’excellence n’est plus négociable, où le poids du maillot doit redevenir une force, et où la France ne se contente plus d’être compétitive, mais vise clairement la domination.
Zidane, une légende au service du collectif national
Difficile de trouver un profil plus légitime. Zinédine Zidane, c’est avant tout 108 sélections entre 1994 et 2006. Une carrière internationale marquée par des moments gravés dans la mémoire collective : deux buts en finale de la Coupe du monde 1998 face au Brésil, une victoire à l’Euro 2000, une finale mondiale en 2006.
Mais Zidane, ce n’est pas seulement un passé glorieux. C’est aussi un entraîneur au palmarès exceptionnel. À la tête du Real Madrid, il a réalisé l’exploit inédit de remporter trois Ligues des champions consécutives entre 2016 et 2018. Une performance qui reste unique dans l’histoire moderne du football européen.
À cela s’ajoutent deux titres de champion d’Espagne, plusieurs trophées internationaux et une capacité à gérer les plus grands vestiaires. Zidane n’est pas seulement un technicien : il est un leader, respecté par les joueurs et reconnu dans le monde entier.
Sa nomination envoie un message clair : la France ne cherche pas un expérimentateur, mais un gagnant. Un homme capable de gérer la pression, d’imposer une discipline et de porter une ambition nationale.
Ses premiers mots sont d’ailleurs sans ambiguïté. Il évoque une « grande fierté » et une « responsabilité », tout en rappelant qu’il n’existe rien de plus grand que l’équipe de France. Une déclaration qui s’inscrit dans une vision exigeante du maillot tricolore.
Un calendrier chargé et une mission claire : gagner
Zidane prendra officiellement ses fonctions le 1er août. Très vite, il devra entrer dans le concret. Sa première liste est attendue début septembre, avant les débuts des Bleus en Ligue des Nations 2026-2027.
Le calendrier ne laisse aucun répit : un déplacement en Turquie le 25 septembre, puis en Belgique le 28. Ensuite, deux rencontres au Stade de France face à l’Italie et à la Belgique début octobre.
Ces premiers matchs seront scrutés avec attention. Ils permettront de mesurer la capacité de Zidane à imposer sa méthode. Mais au-delà des résultats immédiats, c’est une dynamique qu’il devra insuffler.
La mission est claire : relancer une équipe de France talentueuse mais irrégulière, redonner une identité forte, réaffirmer une exigence de résultats et, surtout, replacer la France au sommet du football mondial.
Le défi ne s’arrête pas là. Zidane devra enchaîner avec les qualifications à l’Euro 2028, la Ligue des Nations suivante et les éliminatoires de la Coupe du monde 2030. Une séquence stratégique pour reconstruire une domination durable.
Dans ce contexte, la nomination de Zidane dépasse le simple cadre sportif. Elle s’inscrit dans une volonté de redonner du sens à l’équipe nationale, de réaffirmer une certaine idée du mérite, du travail et de l’excellence.
Comme l’a souligné Philippe Diallo, ce choix repose sur des valeurs : talent, travail, humilité et exigence. Des principes qui doivent guider les Bleus dans les années à venir.
Le message est limpide. La France ne veut plus subir. Elle veut imposer. Elle veut gagner.
(Crédit photo : Fédération Française de Football)

