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Mai 2024 a tout changé

12 septembre 2026 à 07:00
4 min de lecture
Mai 2024 a tout changé

Résumé IA

Après les pillages et incendies de mai 2024, le commerce calédonien subit une transformation profonde, avec des habitudes de consommation bouleversées. La CCI NC présente ce vendredi 11 septembre un diagnostic avec 70 propositions pour revitaliser le secteur.

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Pillages, incendies, clients qui changent leurs habitudes : le commerce calédonien a encaissé le choc de plein fouet.
La province Sud, elle, a choisi l'action plutôt que la plainte.

Le constat est posé, place aux décisions

Il y a un avant et un après mai 2024. Les commerçants calédoniens sont bien placés pour le savoir.

Les destructions ont laissé des cicatrices profondes. Mais le mal ne s'arrête pas aux vitrines brisées : le pouvoir d'achat a évolué, les habitudes de consommation aussi, et le commerce calédonien traverse désormais une transformation de fond. Or le commerce, c'est l'économie du quotidien, celle des emplois de proximité, des quartiers animés et des centres-villes qui respirent.

Pour mesurer l'ampleur du chantier, la CCI NC a mené ces dernières semaines un diagnostic du commerce dans le Grand Nouméa. Pas une étude de bureau. Commerçants, communes, gouvernement et province Sud ont tous été associés à la démarche.

Les conclusions ont été restituées ce vendredi 11 septembre, notamment en présence de Gil Brial, 1er vice-président de la province Sud, et d'Amandine Bui-Duyet, rapporteuse de la commission du développement économique de la collectivité.

Au bout du compte, 70 propositions d'action pour revitaliser et transformer le secteur.

Elles visent à la fois le cadre dans lequel évoluent les commerçants et leurs modèles économiques. Il s'agit de faciliter l'installation et le développement des commerces, de mieux les protéger, de moderniser les points de vente et de miser davantage sur le numérique. L'offre doit aussi se diversifier pour suivre les nouvelles façons de consommer.

Un rapport, aussi solide soit-il, ne relance rien à lui seul.

Gil Brial l'a martelé : l'étude n'a pas vocation à s'arrêter au constat, elle doit déboucher sur des décisions concrètes. La province Sud se veut moteur de la relance économique calédonienne, et elle compte bien s'appuyer sur le commerce pour y parvenir.

CASE : le commerce n'est plus le parent pauvre

Longtemps, les commerçants sont restés à la porte du Code des aides pour le soutien de l'économie. La logique de l'époque ? Un secteur jugé suffisamment autonome pouvait se passer de soutien public.

Mai 2024 a balayé ce raisonnement.

Pour le 1er vice-président de la province Sud, le contexte n'est tout simplement plus le même qu'avant la crise. Le CASE a donc été adapté, et il continuera de l'être afin de mieux intégrer les besoins des commerçants. Concrètement, leurs investissements seront mieux accompagnés, en particulier pour la rénovation et la modernisation des points de vente. Un vrai coup de pouce pour ceux qui ont choisi de reconstruire plutôt que de baisser le rideau.

Le numérique suit la même trajectoire. L'aide à la numérisation profite déjà largement au secteur : 36 % de ses bénéficiaires sont des entreprises commerciales. La province Sud va la faire évoluer pour couvrir les nouveaux usages et répondre aux attentes des clients d'aujourd'hui.

Reste le sur-mesure.

Avec Sud Coaching, dont un bénéficiaire sur cinq est commerçant, la collectivité intervient au cas par cas. Aménagement de la boutique, gestion des stocks, communication, référencement : des problèmes très concrets, traités directement avec le chef d'entreprise. Loin des guichets standardisés.

Sécurité et centres-villes : reprendre la main

Pas de commerce sans sécurité. Après ce qu'a traversé le territoire, l'évidence s'impose.

La province Sud a décidé de pérenniser son aide à la sécurisation des entreprises, tout en continuant à l'ajuster aux nouveaux besoins. Un choix de bon sens pour redonner confiance à ceux qui investissent, embauchent et font vivre les quartiers.

Le diagnostic va plus loin et s'attaque à l'attractivité des centres-villes et des centralités commerciales. L'idée : laisser plus de place aux piétons, aux familles, aux loisirs et à la convivialité. Un centre-ville où l'on se sent bien est un centre-ville où l'on revient, et où l'on consomme.

Dernier levier, et non des moindres : la proximité. La province Sud accompagnera les communes dans la mise en place de managers de commerce. Leur mission sera de resserrer le lien entre commerçants et collectivités, au plus près des boutiques et des centralités commerciales.

CASE, numérique, coaching, sécurisation, appui aux communes. Partout, la même méthode : partir des besoins exprimés sur le terrain pour y apporter des réponses concrètes.

Le commerce calédonien n'a pas besoin de discours. Il a besoin d'outils pour se relever. La province Sud entend en faire l'un des leviers de la relance.

(Crédit photo : province Sud)