Je me suis réveillé… et tout le monde faisait la fête sans moi

Je me suis réveillé.
C’était dimanche.
C’était la fête des Pères.
J’ai ouvert les yeux.
J’ai ouvert mon téléphone.
Erreur.
La ville avait déjà commencé sans moi.
La Fête de la musique tournait encore dans les têtes.
Des gamins chantaient du Taylor Swift la veille.
Des parents pleuraient presque.
Tout le monde disait que c’était « trop bien ».
Moi, j’avais juste mal au crâne.
Je scrolle.
Nouméa vibrait.
Encore.
Partout.
Rock, reggae, kaneka.
Des scènes.
Des gens.
De la bonne ambiance obligatoire.
Je scrolle encore.
Et là… retour à la réalité.
Les provinciales 2026 arrivent.
Restrictions d’alcool.
Toute la semaine.
Parce que contexte tendu.
Parce que… forcément.
192 000 électeurs.
Des meetings.
Des barbecues politiques.
Des promesses.
Encore.
Moi, je n’ai même pas encore pris mon café.
Je tombe sur un mec condamné pour menaces en ligne.
Un autre pour tentative de car-jacking.
Ça parle de stage de citoyenneté.
Ça parle de prison.
Ça parle beaucoup.
Je scrolle plus vite.
Le diocèse fête ses 60 ans.
Des cierges.
Des chorales.
Des cloches qui vont sonner en même temps.
Toute la Calédonie.
Même heure.
Même son.
Je trouve ça beau.
Deux secondes.
Je repars.
En métropole, ils crèvent de chaud.
Canicule historique.
Écoles fermées.
Parcs ouverts la nuit.
Concerts annulés.
Nous, on danse.
Eux, ils fondent.
Je continue.
Coupe du monde.
Le Brésil gagne.
Les États-Unis passent.
Tout le monde joue.
Même ceux qui avaient déjà perdu.
Comme d’hab.
Je repose mon téléphone.
Silence.
Je regarde autour.
Je pense à mon père.
Je me dis que j’ai oublié le cadeau.
Je reprends mon téléphone.
Bref.
