LFI : le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko épinglé pour son cumul emploi-mandat à la RATP

Révélé par Le Canard enchaîné, le parcours de Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, fait polémique. Embauché à la RATP en 2000 « sans concours », il aurait cumulé ce poste, payé plus de 6 000 euros/mois, avec ses mandats d'élu.
Louise Dugast 05/08/2026

Pendant plusieurs années, Bally Bagayoko a cumulé des mandats locaux avec son poste de cadre à la RATP. AFP / © Carine Schmitt
« Si j’écris que Bagayoko, le grand défenseur des pauvres, a profité d’un emploi largement fictif à la RATP en se goinfrant de 6 000 euros/mois tout en percevant ses émoluments d’élu, avec la complaisance de la CGT, du PC et de la RATP, ils vont me poursuivre en diffamation ? » Sur X, l’avocat Gilles-William Goldnadel a vivement réagi aux révélations du Canard enchaîné concernant Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis. L’hebdomadaire satirique s’est penché sur le parcours professionnel de l’édile, qui a cumulé pendant plusieurs années ses responsabilités politiques locales avec un poste de cadre à temps plein à la RATP.
L’histoire remonte à 2000. Bally Bagayoko intègre alors la régie parisienne sans concours ni entretien. Une embauche effectuée sur proposition de Jacques Marsaud, à l’époque directeur général de la RATP chargé du développement. L’ancien maire communiste Patrick Braouezec replace cette arrivée dans le contexte de l’époque : « C’était un moment où la RATP recrutait beaucoup dans la diversité et dans les quartiers. » Une version contestée par Kader Chibane, élu écologiste et actuel chef de l’opposition municipale, « c’était clairement une embauche politique, fruit d’un deal avec le PC. À Saint-Denis, c’est un secret de polichinelle. »
À lire aussiSaint-Denis : Bally Bagayoko promet un vélo gratuit à chaque élève de 3e
Devenu adjoint au maire puis vice-président du conseil départemental, Bally Bagayoko conserve parallèlement son emploi de cadre à la RATP. Interrogé sur la compatibilité entre ces différentes fonctions, le nouveau maire assume son choix. « Etre élu local demande une disponibilité de tous les instants. Mais continuer de travailler m’a permis de garder les pieds sur terre. Je crois qu’aucun élu ne doit vivre dans un entre-soi politique. » Et d’ajouter : « Lorsqu’on accepte une responsabilité politique, on ne fait pas un calcul financier, on fait un choix de vie. » En 2015, lorsque Bally Bagayoko perd son mandat au conseil départemental, ses indemnités d’adjoint à la mairie de Saint-Denis augmentent de 102 %, selon Le Canard enchaîné. Une rémunération qui vient alors compléter son salaire à la RATP. Celui-ci dépassera par la suite les 6 000 euros mensuels, « en intégrant le 13e mois et les primes », confirme lui-même l’élu.
Le cumul finit tout de même par susciter des interrogations après la conquête de Saint-Denis par le socialiste Mathieu Hanotin en 2020. Selon des SMS consultés par nos confrères, son directeur de cabinet, David Lebon, échange en janvier 2025 à ce sujet avec Sylvain Durand, alors directeur de cabinet de Jean Castex à la RATP, qui présente Bally Bagayoko comme un salarié « engagé et investi ». Sylvain Durand met toutefois en garde son interlocuteur : « Tu as compris mon alerte, nous ne voulons pas être en situation de devoir répondre à des accusations qui éclabousseraient plus l’employeur que l’employé ». Quid en 2026 ?

