Tuée par son neveu de 7 ans

Résumé IA
À Saint-Maur-des-Fossés, une femme de 50 ans est tuée poignardée à la gorge par son neveu de 7 ans, après une dispute avec sa sœur sur un lissage de cheveux. L'enfant, qui dit avoir voulu protéger sa mère, est pris en charge, tandis que le père le rassure en parlant d'accident.
Une femme de 50 ans est morte, poignardée à la gorge dans son propre cercle familial. L'auteur présumé a 7 ans, et tout serait parti d'une dispute sur un lissage de cheveux.
Une nuit ordinaire qui bascule dans l'horreur
Il est environ 4h30, dans la nuit de jeudi à vendredi.
À Saint-Maur-des-Fossés, dans le Val-de-Marne, un voisin entend une femme hurler et appeler à l'aide.
Il ne détourne pas le regard. Il ne ferme pas sa fenêtre. Il s'arme d'une batte de baseball et sort porter secours.
Un réflexe de courage, de ceux qu'on voudrait voir plus souvent. Un réflexe qui va pourtant faire de lui, pendant quelques minutes, le suspect numéro un.
Car lorsque les policiers arrivent, la scène est confuse. Une femme gît au sol. Une autre femme et un homme compriment son cou pour tenter de stopper l'hémorragie. Et un individu se tient là, batte à la main.
Les forces de l'ordre le mettent en joue et lui ordonnent de poser les mains au sol. Il obtempère sans résister, puis donne sa version des faits.
Les pompiers arrivent peu après et prennent en charge la victime.
L'aveu glaçant d'un petit garçon
Pendant que les secours s'activent, les policiers interrogent l'autre femme présente. C'est la sœur de la victime.
Elle lève immédiatement tout soupçon sur le voisin. L'homme à la batte n'y est pour rien.
Le coup de couteau, explique-t-elle, a été porté par son propre fils. Pour la défendre.
Le garçon est dans la pièce. Il a 7 ans. Ses mains sont tachées de sang.
Et il confirme. Face aux policiers, l'enfant reconnaît être l'auteur du geste. Il supplie qu'on ne l'envoie pas en prison, qu'on n'y envoie pas non plus sa mère, et répète qu'il a voulu protéger sa maman.
Le point de départ de ce drame laisse sans voix.
Selon les premiers éléments, les deux sœurs se seraient disputées au sujet du lissage des cheveux de la mère de l'enfant. Un motif d'une futilité vertigineuse.
L'enfant raconte ensuite aux enquêteurs être allé chercher un couteau, caché dans la salle de bain. Puis il a frappé sa tante à la gorge.
La victime a eu le temps de dire à sa sœur que son fils venait de la poignarder. Elle a quitté le logement pour appeler les secours, avant de s'effondrer dans la rue.
Elle a été déclarée morte vers 5h17.
Un père qui absout, une société qui interroge
C'est peut-être le moment le plus dérangeant de ce récit.
Le père de l'enfant arrive sur les lieux. Devant son fils, il ne parle ni de gravité, ni de responsabilité. Il le rassure. Il lui assure qu'il a bien agi en voulant défendre sa mère, que ce n'est pas grave, qu'il s'agit d'un accident.
Une femme vient pourtant de perdre la vie.
On peut comprendre l'instinct d'un parent qui veut protéger son enfant dans un moment de chaos. Mais les mots comptent. Surtout ceux qu'un père adresse à un petit garçon qui vient de tuer.
Ce drame pose une question que beaucoup de Français se posent déjà : comment un enfant de 7 ans en arrive-t-il à considérer le couteau comme une réponse à une dispute familiale ? Et que dit-on de l'autorité, de la transmission des limites, quand la violence la plus extrême est aussitôt requalifiée en simple accident ?
Le droit français, lui, est clair sur un point. Le Code de la justice pénale des mineurs pose une présomption de non-discernement pour les enfants de moins de 13 ans. Ce garçon ne sera pas jugé comme un adulte.
L'enfant et sa mère ont été transportés par les pompiers à l'hôpital intercommunal de Créteil.
Les investigations doivent désormais établir précisément le déroulé de cette nuit.
Il faudra comprendre. Il faudra aussi nommer les choses. Car derrière l'émotion et la sidération, une réalité demeure : une femme de 50 ans est morte pour une querelle de cheveux, et c'est un enfant qui tenait le couteau.
(Crédit photo : LP/Delphine Goldsztejn)


