Aller au contenu
0%
L'actualité locale

Le ciel calédonien change de pilote

17 septembre 2026 à 13:26
3 min de lecture
Le ciel calédonien change de pilote

Résumé IA

Brieuc Frogier succède à Milakulo Tukumuli à la présidence de l'ADANC, dont il devient l'actionnaire majoritaire d'Air Calédonie et d'Aircalin. Le nouveau président défend le bilan de l'agence, tandis que la présidence du gouvernement reste représentante permanente pour Aircal. La feuille de route vise à fiabiliser la liaison vers Paris via Bangkok et à renforcer le désenclavement du territoire.

Aa

Le ciel calédonien change de pilote. Brieuc Frogier prend les commandes de l'ADANC, avec deux compagnies stratégiques et un cap clair.

Une nouvelle présidence, une clarification des rôles

Le 16 septembre, le conseil d'administration de l'Agence pour la desserte aérienne de la Nouvelle-Calédonie s'est réuni. Il en est sorti avec un nouveau président : Brieuc Frogier succède à Milakulo Tukumuli, président du gouvernement, à la tête de l'ADANC.

Le poste n'a rien d'honorifique. L'agence est l'actionnaire majoritaire d'Air Calédonie et d'Aircalin, autrement dit des deux outils qui relient le territoire à lui-même et au reste du monde.

Sur le dossier Air Calédonie, le nouveau président défend le bilan de l'agence. L'ADANC a apporté un soutien massif à la compagnie domestique ces dernières années et a été au rendez-vous à chaque moment critique.

Reste une réalité que personne ne peut ignorer. L'avenir d'Air Calédonie se joue désormais sur le déblocage des aérodromes. Un enjeu qui sort du périmètre de l'agence.

D'où une décision logique du conseil d'administration : confier au président du gouvernement le rôle de représentant permanent de l'ADANC au conseil d'administration et à l'assemblée générale d'Aircal. Chacun à sa place, chacun face à ses responsabilités.

Aircalin, le lien qui n'a jamais rompu

Sur la desserte internationale, Brieuc Frogier ne tourne pas autour du pot. Aircalin joue un rôle vital pour la Nouvelle-Calédonie, et les crises récentes l'ont démontré sans ambiguïté.

Souvenez-vous du Covid. Quand la pandémie a frappé, Aircalin fut la seule compagnie capable de maintenir le lien entre les Calédoniens et l'extérieur. Les rapatriements de ceux qui étaient bloqués hors du territoire, on les doit à l'engagement des personnels. Des conditions de travail draconiennes, acceptées pour protéger le pays de la circulation du virus.

Puis vint 2024.

Pendant les émeutes insurrectionnelles, les compagnies étrangères ont plié bagage pour des raisons de sécurité. Aircalin, elle, est restée. La compagnie a assuré le retour des Calédoniens coincés à l'étranger et acheminé les renforts des forces de l'ordre venus rétablir la sécurité.

Là encore, le personnel a dû s'adapter à des conditions inédites et éprouvantes, jusqu'à emprunter le pont aérien mis en place entre Tontouta et l'aérodrome de Magenta. Quand d'autres se retirent, certains tiennent la ligne. Le mérite leur revient.

Après les turbulences, le cap du désenclavement

Les émeutes ont laissé des traces dans les comptes. La situation financière de la compagnie a imposé d'accélérer, dans l'urgence, le lancement de la liaison directe vers Paris via Bangkok.

Pari réussi sur le plan financier : les comptes d'Aircalin ont été redressés. Mais le prix à payer a été lourd pour les passagers, avec une période de turbulences techniques, des retards à répétition et des annulations de vols.

La réponse est attendue en fin d'année. L'arrivée d'un nouvel A350-900 doit mettre fin à ces aléas subis par les Calédoniens et fiabiliser durablement la liaison avec Paris.

Viendra ensuite le temps de revenir à l'essentiel. La mission première d'Aircalin est double : offrir aux Calédoniens la possibilité de voyager à des tarifs accessibles et attirer les touristes internationaux dont l'économie locale a besoin.

Car un visiteur de plus, ce sont des devises qui entrent sur le territoire. Et donc de la croissance en perspective.

La feuille de route du nouveau président de l'ADANC tient en deux temps. D'abord, accompagner la mise en œuvre des choix stratégiques récemment arrêtés. Ensuite, renouer avec une véritable ambition de désenclavement pour la Nouvelle-Calédonie.

Un pays insulaire qui veut compter doit pouvoir voler. La desserte aérienne n'est pas un dossier technique parmi d'autres : c'est une condition de sa liberté économique.

CP - BRIEUC FROGIER - PRESIDENCE ADANC (1)