Le D'Entrecasteaux s'invite aux Samoa

Résumé IA
Le D'Entrecasteaux, bâtiment de la Marine nationale, fait escale à Apia du 16 au 19 septembre. Au programme : présentation de l'Action de l'État en Mer et exercices avec la police maritime samoane. Le navire affirme la présence française dans le Pacifique.
La Marine nationale jette l'ancre aux Samoa. Et rappelle, sans détour, que la France est une puissance du Pacifique.
À Apia, le pavillon tricolore n'est pas un souvenir : c'est une réalité opérationnelle.
Une escale qui n'a rien d'anodin
Le D'Entrecasteaux est arrivé à Apia.
Le bâtiment de la Marine française, un BSAOM, pour Bateau de Soutien et d'Assistance Outre-Mer, restera amarré dans le port de la capitale samoane du 16 au 19 septembre.
Officiellement, il s'agit d'une escale technique. Le navire relie Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, à Mata-Utu, à Wallis.
Mais réduire ce passage à une simple pause logistique serait passer à côté de l'essentiel.
Car un navire de guerre français qui s'arrête dans un port du Pacifique, ce n'est jamais seulement un plein de carburant et quelques jours de repos pour l'équipage. C'est un message. Celui d'une nation qui ne se contente pas de posséder des territoires à l'autre bout du monde, mais qui entend y tenir sa place.
Pendant ces quatre jours, le programme est dense. Plusieurs activités visent à renforcer les relations entre la France et les Samoa.
Coopération concrète avec les Samoa
Premier temps fort : une présentation de l'Action de l'État en Mer destinée aux autorités samoanes.
Derrière cette appellation administrative se cache une réalité très tangible. L'Action de l'État en Mer, c'est l'ensemble des missions que la France conduit sur ses espaces maritimes : police des pêches, sauvetage, lutte contre les trafics, protection de l'environnement. Un savoir-faire éprouvé, que Paris partage désormais avec ses voisins du Pacifique.
Le second volet est plus opérationnel.
Des exercices à terre et en mer avec la police maritime samoane sont au programme. Marins français et policiers samoans travailleront côte à côte, sur le quai comme au large.
Voilà une coopération qui ne se paie pas de mots.
Pas de grandes déclarations, pas de repentance, pas de discours creux sur le passé. Du concret, des hommes sur le terrain, des compétences transmises. La France n'arrive pas à Apia pour s'excuser d'exister dans le Pacifique. Elle y vient en partenaire fiable, qui apporte des moyens et une expertise.
Dans une région où les États insulaires disposent d'immenses espaces maritimes mais de moyens souvent limités pour les surveiller, ce type d'échange compte.
Un navire au service de la souveraineté française
Le D'Entrecasteaux n'est pas un bâtiment de parade.
Il représente la France à travers le Pacifique en protégeant ses intérêts. Et ces intérêts sont considérables.
Sa mission première : la surveillance et la protection des zones économiques exclusives. Grâce à ses territoires ultramarins, la France dispose du deuxième domaine maritime au monde, dont une large part se trouve précisément dans le Pacifique. Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Polynésie française : ces espaces ne se défendent pas tout seuls.
Il faut des bateaux. Il faut des marins. Il faut une volonté politique.
Le navire mène également la lutte contre la pêche illégale, un fléau qui pille les ressources halieutiques et prive les populations locales de richesses qui leur reviennent de droit. Laisser faire, ce serait accepter que d'autres se servent dans les eaux françaises.
S'y ajoute la sécurisation des routes maritimes, vitales pour l'approvisionnement des territoires insulaires.
Et puis il y a l'autre visage du D'Entrecasteaux, moins connu mais tout aussi précieux.
Le bâtiment joue un rôle important en matière d'aide humanitaire et de secours en cas de catastrophe naturelle. Cyclones, séismes, tsunamis : le Pacifique n'épargne personne. Lorsque le pire survient, le navire peut acheminer du matériel et des hommes là où l'on en a besoin.
C'est peut-être là que la présence française prend tout son sens.
Une puissance qui protège ses frontières maritimes, qui combat le pillage de ses ressources et qui tend la main à ses voisins quand la nature frappe. Une puissance qui assume ce qu'elle est.
L'escale d'Apia ne fera sans doute pas la une des journaux métropolitains. Elle raconte pourtant une histoire que l'on oublie trop souvent à Paris : la France est chez elle dans le Pacifique, et sa Marine y veille chaque jour.
Après Apia, cap sur Mata-Utu. La mission continue.
(Crédit photo : La France aux Samoa)



