La pirogue de Kunié vise l'UNESCO

Résumé IA
L’Île des Pins lance sept chantiers de développement, ouverts aux habitants, couvrant tourisme, fiscalité, emploi et patrimoine. Une taxe de séjour et une zone franche sont étudiées. La pirogue de Kunié vise l’inscription au patrimoine immatériel de l’UNESCO.
Mercredi, en mairie, l'Île des Pins a choisi de ne plus attendre. Sept chantiers, des noms, des responsabilités : Kunié reprend la main sur son développement.
Tourisme, fiscalité, investissement : le choix du concret
Il y a des réunions qui ne changent rien. Et il y a celles qui posent une méthode.
Le mercredi 16 septembre, la mairie de l'Île des Pins a accueilli la première Commission Tourisme, Emploi et Économie ouverte aux Kunié. Pas une assemblée de spécialistes enfermés entre eux. Une commission ouverte aux habitants, pensée pour écouter, échanger et construire ensemble les projets qui engagent l'avenir de l'île.
Le résultat tient en un chiffre : sept groupes de travail, lancés dans la foulée.
Environnement, identité, cantine scolaire, fiscalité, emploi, patrimoine culturel, productions locales. Le spectre est large. Il dit surtout une chose : sur l'Île des Pins, on a compris que la prospérité ne tombe pas du ciel, elle se prépare.
Commençons par ce qui fâche parfois ailleurs, et qui ici est assumé.
L'île étudie la mise en place d'une taxe de séjour acquittée par les touristes qui la fréquentent. L'idée n'est pas de remplir une caisse sans fond. Le produit serait orienté vers des actions et des investissements liés à la préservation et à la protection de l'environnement. Le visiteur profite du lagon, il contribue à le garder intact. Logique simple, presque de bon sens.
Deuxième front, plus ambitieux encore : la défiscalisation et la zone franche.
Un groupe dédié doit étudier les différents dispositifs existants et la possibilité de créer une zone franche sur l'île. Objectif affiché : encourager l'investissement, soutenir les entreprises locales et favoriser le développement économique comme l'emploi.
On est loin du discours de la plainte. Ici, on parle d'attractivité, d'entreprise, de travail.
Même esprit de responsabilité sur un sujet délicat : le projet de cave et de vente d'alcool. Aucune décision précipitée. Le groupe chargé du dossier doit en examiner les conditions, l'encadrement et les différentes implications pour le territoire. Étudier avant d'agir. Une méthode qui mériterait d'être plus répandue.
Protéger ce qui fait la valeur de Kunié
Une identité, ça se défend. Juridiquement aussi.
C'est tout le sens du travail engagé sur la marque Île des Pins. Un groupe s'attelle au dépôt et à la protection de cette marque, afin de mieux protéger l'identité de l'île, son image et l'usage qui en est fait.
Car un nom connu attire. Et ce qui attire finit toujours par être exploité, parfois par d'autres que ceux à qui il appartient.
Le même raisonnement s'applique aux productions locales. Miel, santal, vanille, cacao, et demain peut-être d'autres encore : l'île veut identifier, valoriser et protéger ce qu'elle produit, notamment à travers les indications géographiques protégées. L'enjeu est clair : protéger l'origine, le savoir-faire et la valeur ajoutée des productions de Kunié.
Autrement dit, que la richesse créée sur l'île reste attachée à l'île.
Puis vient le symbole.
La pirogue de l'Île des Pins. Un groupe travaille à la démarche visant à faire reconnaître et inscrire cette pirogue, ainsi que les savoir-faire qui lui sont associés, au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Les piroguiers, détenteurs et acteurs essentiels de ce patrimoine, seront naturellement au cœur de la démarche, aux côtés des élus.
Pas de patrimoine confisqué par des bureaux. Ceux qui le font vivre le portent.
L'école, les familles, et une porte ouverte à tous
Le septième chantier touche au quotidien. Et c'est peut-être celui qui parlera le plus aux familles.
La cantine scolaire. Le groupe concerné doit travailler à l'amélioration de la cantine existante et à la création d'une solution de restauration pour le primaire. La réflexion se veut plus globale : qualité des repas, organisation, besoins des enfants et des familles.
Développer l'économie d'une île, c'est aussi s'assurer que ses enfants mangent bien à midi.
Un point commun relie les sept groupes : les élus municipaux siègent dans chacun d'eux. Les habitants apportent leur expérience, les élus assument la responsabilité. Chacun à sa place.
Et la porte reste ouverte.
La démarche est ouverte à tous les Kunié. Une idée, une expérience, une compétence, une proposition ? Chacun est invité à la partager avec les membres du groupe concerné.
Ce n'est pas un détail. Trop souvent, les territoires attendent qu'on décide pour eux. L'Île des Pins fait l'inverse : elle organise sa propre réflexion, avec ses habitants, sur ses propres dossiers.
Tourisme maîtrisé, fiscalité attractive, identité protégée, patrimoine reconnu, enfants mieux nourris.
Le cap est posé. Place au travail.
(Crédit photo : province Sud)



