Le renseignement sonne l'alarme

Résumé IA
Le prix du carburant frôlant 2,40 euros attise la colère, et des appels à une mobilisation circulent sur les réseaux sociaux pour le 17 octobre. Le renseignement territorial fait état d’un risque de troubles, tandis que le ministère de l’Intérieur affiche sa vigilance. Routiers, pêcheurs et agriculteurs pourraient rejoindre le mouvement.
Le litre frôle les 2,40 euros, et la France qui travaille commence à gronder. Sur les réseaux, une date circule déjà : le 17 octobre.
La colère monte sur TikTok, l'État temporise
La mèche est-elle allumée ? Depuis quelques jours, des publications appelant à une grande mobilisation le 17 octobre sont aimées et partagées des dizaines de milliers de fois sur TikTok et Facebook. En toile de fond, un prix du carburant qui ne cesse de grimper.
Et comme souvent, la gauche n'a pas attendu. LFI et le Parti communiste en tête, plusieurs élus annoncent déjà qu'ils soutiendraient un éventuel mouvement. Certains médias parlent ouvertement d'un retour des Gilets jaunes.
Place Beauvau, on refuse de s'affoler. Pourtant, BFMTV a révélé l'existence d'une note du renseignement territorial qui invite à une « vigilance particulière » face au risque de troubles à l'ordre public.
Interrogé mercredi 16 septembre, le Ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, Jean-Didier Berger a balayé le sujet d'une phrase :
La vigilance du ministère de l'Intérieur est totale, mais pas simplement sur ce sujet.
Circulez.
De 2018 à « Bloquons tout », l'éternelle récupération
Le scénario d'un nouvel embrasement des ronds-points revient régulièrement depuis 2018. Jusqu'ici, il n'a jamais dépassé le stade de la menace.
La rentrée 2025 en offre un exemple parlant. Le mouvement « Bloquons tout » promettait alors de « paralyser » la France le 10 septembre. Au départ, l'initiative était floue, lancée sur Telegram par des militants souverainistes proches de l'extrême droite. Puis la gauche s'en est emparée, comme elle sait si bien le faire avec toute colère populaire qui ne lui appartient pas.
Résultat : autour de 200 000 personnes dans la rue. Une semaine plus tard, les syndicats prenaient le relais avec leur propre manifestation.
La leçon est connue. Une colère née chez les Français ordinaires finit, trop souvent, confisquée par les appareils politiques et syndicaux.
Routiers, pêcheurs, agriculteurs : le risque d'une coalition inédite
Sur TikTok, le ton est sans détour.
Le 17 octobre les gars, il va falloir aller faire la manifestation. Parce que là, 2 euros 20, 2 euros 40, ça y est, c'est bon. Et il n'y a pas que par rapport à l'essence, lance un internaute.
Un autre prévient :
C'est le moment de se révolter. J'ai l'impression que le gouvernement profite qu'on ne dise rien, mais le jour où on va se relever...
Certains veulent aller plus loin et frapper là où ça fait mal, au portefeuille de l'économie. « Samedi 17 octobre, toute la journée, personne n'achète quoi que ce soit. Que ce soit sur internet ou dans les magasins. On bloque le pays. »
C'est précisément ce que redoutent les services de renseignement. Car la différence avec 2018 est de taille. À l'époque, le mouvement était avant tout citoyen. Cette fois, les corps de métier et les syndicats pourraient s'y joindre.
Les routiers en premier lieu. Mais aussi les pêcheurs et les agriculteurs, capables de redescendre dans la rue à tout moment. Ceux qui font tourner le pays, en somme.
La situation est explosive. Des rassemblements pourraient même commencer avant le samedi 17 octobre, alors qu'aucune déclaration de manifestation n'a encore été déposée en préfecture.
Un agent du renseignement territorial résume l'état d'esprit d'une formule glaçante :
Il suffit d'une étincelle pour que tout s'embrase.
(Crédit photo : Henri Welschinger/Ola New/Sipa Press)



