Brûlée par les émeutiers, elle renaît

Résumé IA
Deux ans après sa destruction par les incendies lors des émeutes de mai 2024, la clinique vétérinaire de l'Hippocampe renaît au 6e kilomètre. La première pierre de la future infrastructure est posée ce mercredi 16 septembre, portée par ses co-gérants, dont Guillaume De Savigny, et le soutien des institutions.
Ils auraient pu baisser le rideau pour de bon. Ils ont choisi de reconstruire.
Plus de deux ans après les flammes, la clinique vétérinaire de l'Hippocampe revient là où les émeutiers avaient voulu l'effacer.
Une clinique réduite en cendres, une équipe restée debout
Mai 2024. Les émeutes qui éclatent le 13 mai plongent l'agglomération dans le chaos. Au 6e kilomètre, la clinique vétérinaire de l'Hippocampe n'échappe pas à la folie destructrice. La structure est entièrement détruite par le feu.
Des années de travail parties en fumée. Du matériel, des locaux, un outil au service des animaux et de leurs propriétaires.
Beaucoup auraient jeté l'éponge. Pas Guillaume De Savigny, ni son associé.
Les deux vétérinaires co-gérants ont refusé le renoncement. Ils se sont battus pour maintenir l'activité, garder leurs salariés et préparer la suite. Une trajectoire qui tranche avec le discours de la fatalité trop souvent entendu depuis ces événements : ici, on n'a pas attendu que la page se tourne toute seule. On l'a tournée.
Ce mercredi 16 septembre, la première pierre de la future clinique a été posée sur son site d'origine, au 6e kilomètre. Un choix qui n'a rien d'anodin. Revenir exactement là où tout a brûlé, c'est affirmer que la violence n'aura pas le dernier mot.
Pour le vétérinaire, ce moment marque le début d'une nouvelle étape, abordée avec une détermination intacte, et même renforcée par l'épreuve.
La solidarité, pas l'assistanat
Rien de tout cela n'aurait été possible sans un accompagnement concret. Et Guillaume De Savigny tient à le dire.
D'abord aux voisins. Au cœur de la nuit, au milieu de la peur et de la stupeur, ce sont eux qui ont sauvé les animaux de la clinique. Des gestes simples, courageux, qui disent beaucoup de ce qu'est encore la Calédonie quand les institutions sont débordées.
Ensuite à l'État, aux institutions et aux partenaires économiques. Le MEDEF, la banque et les assurances ont joué leur rôle.
Enfin, et surtout, à la province Sud. Elle a été la première collectivité à soutenir la clinique, et c'est ce soutien qui a permis de préserver les équipes et, tout simplement, de survivre.
Le gouvernement, la province Sud et l'État sont intervenus à différents moments du parcours. Objectif : permettre la poursuite de l'activité, la conservation des emplois et le lancement du projet de reconstruction.
Voilà ce que doit être l'action publique face au désastre. Pas une perfusion sans fin, mais un levier pour que ceux qui entreprennent puissent se relever par eux-mêmes.
La cérémonie a d'ailleurs réuni un large éventail de responsables. Étaient présents Benoît Huber, secrétaire général du haut-commissariat, Christopher Gygès, vice-président du gouvernement chargé de l'économie et du bien-être animal, et Sonia Backes, présidente de la province Sud.
À leurs côtés, Brieuc Frogier, deuxième vice-président de la province Sud, Naïa Wateou, première vice-présidente du Congrès, et Cael Normandon, élu provincial.
Tous ont salué une équipe qui démontre, par les actes, qu'on peut rebâtir à force de travail, de résilience et d'espoir.
Un signal fort pour l'économie et le bien-être animal
Le message du fondateur s'adresse bien au-delà de sa clinique. À tous ceux qui hésitent encore à reconstruire, il lance un appel clair : ne rien lâcher. Selon lui, tout devient possible quand on avance ensemble et qu'on y croit sincèrement.
Un discours de responsabilité. Loin de la lamentation.
Christopher Gygès a inscrit cette renaissance dans un contexte plus large. Les derniers mois ont apporté leur lot de mauvaises nouvelles pour le territoire, a-t-il reconnu. Mais des réussites comme celle-ci prouvent qu'il existe encore des opportunités en Nouvelle-Calédonie, et des femmes et des hommes qui continuent de croire en ce pays.
Sur le terrain du bien-être animal, le membre du gouvernement parle d'un événement majeur. La collectivité a besoin de vétérinaires, et des associations qui travaillent à leurs côtés, pour éclairer ses décisions et faire progresser cette cause.
Car une clinique vétérinaire, ce n'est pas un commerce comme un autre. C'est un maillon essentiel pour les familles, les éleveurs, les associations de protection animale. Sa disparition laissait un vide. Sa reconstruction le comble.
Le calendrier est désormais fixé. La nouvelle clinique devrait accueillir ses premiers patients courant 2027.
D'ici là, le chantier avance au 6e kilomètre. Pierre après pierre.
Et avec lui, une conviction simple que beaucoup de Calédoniens partagent : ceux qui brûlent ne construisent jamais rien. Ceux qui reconstruisent, eux, tiennent le pays debout.
(Crédit photo : province Sud)



