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Mont-Dore : 48 h pour effacer un tag

18 septembre 2026 à 16:00
5 min de lecture
Mont-Dore : 48 h pour effacer un tag

Résumé IA

Le conseil municipal du Mont-Dore adopte le dispositif de propreté urbaine « Allô Mairie Propreté », avec un numéro et une adresse dédiés pour signaler tags et dépôts sauvages. La brigade intervient sous 48 heures, hors week-ends et jours fériés, grâce à une réorganisation interne sans recrutement ni budget supplémentaire.

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Les tags et les dépôts sauvages ne relèvent plus de la fatalité au Mont-Dore.
Le conseil municipal vient de trancher : un numéro, une adresse, et une intervention promise sous 48 heures.

Un signalement, un numéro, une réponse

Réunis en séance le jeudi 17 septembre 2026 à 16h30, les élus du Mont-Dore ont adopté la création du dispositif communal de propreté urbaine « Allô Mairie Propreté ». Quinze points figuraient à l'ordre du jour ; celui-ci était la mesure phare.

Le principe tient en peu de mots. Un habitant constate un tag sur un mur public, un matelas abandonné en bord de route, un tas de gravats déversé sur le domaine communal. Il appelle le 43 46 46. Ou il écrit à allomairieproprete@ville-montdore.nc. Deux canaux, pas davantage.

Les signalements arrivent directement au secrétariat de la direction des services techniques et de proximité (DSTP), qui transmet immédiatement la demande d'intervention aux services opérationnels concernés, Environnement ou Infrastructures, selon la nature du problème. Puis une brigade de propreté urbaine se déplace.

Le délai cible affiché par la commune : moins de 48 heures, hors week-ends et jours fériés.

Ce que l'on corrige, au fond

Il faut comprendre ce que remplace ce dispositif pour mesurer ce qu'il change.

Jusqu'ici, les demandes d'intervention arrivaient de partout à la fois. Courriels envoyés sur l'adresse générique de la mairie, ou sur celle des services techniques. Courriers papier. Doléances déposées sur le site internet de la Ville, ou évoquées de vive voix lors des permanences du maire et de ses élus. Appels au standard, enfin, qui atterrissaient là où ils pouvaient.

Chaque canal fonctionnait. Aucun ne se parlait vraiment. Et surtout, chaque signalement suivait ensuite un circuit d'instruction pouvant prendre plusieurs jours avant même de parvenir au service capable d'agir. L'administré, lui, voyait le tag rester sur le mur.

Les chiffres communiqués par la commune donnent la mesure du terrain. Environ 75 interventions par an sur des tags visant des édifices et équipements publics. Environ 800 enlèvements par an de dépôts sauvages de déchets sur le domaine public. Dans les deux cas, un délai de traitement de deux à quatre jours à compter du signalement.

Huit cents. Le chiffre mérite qu'on s'y arrête. Ce n'est pas un accident, c'est une habitude. Une pratique installée, répétée, qui coûte à la collectivité et abîme le quotidien de ceux qui n'y sont pour rien.

Passer de deux à quatre jours à moins de quarante-huit heures n'est pas une révolution administrative. C'est simplement la fin d'une tolérance implicite au désordre.

Sans un franc de plus : la méthode compte

Voici le point que les observateurs de la vie municipale calédonienne retiendront.

La brigade de propreté urbaine fonctionnera avec les moyens humains, matériels et budgétaires existants de la DSTP. Aucun recrutement annoncé. Aucune ligne budgétaire nouvelle. Aucun équipement supplémentaire à acquérir. La commune l'écrit noir sur blanc : il s'agit d'une réorganisation interne au sein de la direction.

À l'heure où toutes les collectivités de Nouvelle-Calédonie serrent les boulons, la démonstration a du poids. On peut améliorer un service public sans réclamer de rallonge. Il suffit parfois de réorganiser ce que l'on a déjà, de raccourcir un circuit, de désigner clairement qui fait quoi.

Cette évidence de bon sens n'est pas toujours celle qui prévaut. Trop souvent, le réflexe consiste à convertir chaque problème en demande de crédits. Ici, l'exécutif municipal a choisi la voie inverse : regarder d'abord si l'organisation existante ne pouvait pas mieux faire.

L'amélioration du cadre de vie constitue l'une des priorités affichées du nouvel exécutif municipal. Elle repose sur une présence renforcée de la Ville sur l'espace public, une meilleure prise en compte des signalements des administrés et une réponse rapide face aux dégradations affectant le domaine public communal espaces comme bâtiments.

La délibération correspondante figurait au quatrième point de l'ordre du jour, sous la note explicative de synthèse n° 54/2026.

Reste la question que le dispositif ne tranche pas, et qu'aucun numéro vert ne tranchera jamais.

Nettoyer plus vite est nécessaire. Ce n'est pas suffisant. Un tag effacé en quarante-huit heures peut être refait en quarante-neuf. Un dépôt sauvage enlevé libère un emplacement qui, parfois, se remplit à nouveau la semaine suivante. La commune met à disposition un outil ; elle ne se substitue pas à la responsabilité de chacun.

C'est d'ailleurs le message porté par la campagne de communication qui accompagne le lancement : ma commune plus propre, on est tous gagnants. Formule simple, et juste. Ceux qui abandonnent leurs déchets sur le domaine public ne volent pas la mairie : ils volent leurs voisins, leurs propres enfants, le paysage qu'ils traversent chaque matin.

Le Mont-Dore, avec ses quartiers étalés du littoral aux hauteurs, ne se nettoie pas d'un claquement de doigts. Le dispositif « Allô Mairie Propreté » repose précisément sur cette logique : ce sont les habitants qui voient, et la Ville qui intervient. Un partage des rôles qui fonctionnera dans la mesure où les deux parties le tiennent.

Cette mesure participe de la volonté de la mandature d'améliorer la qualité de vie des Mondoriens. La formule est celle de la commune. Elle sera jugée non sur son intention, mais sur les délais réellement tenus dans les mois qui viennent.

Un numéro et une adresse ne changent rien à eux seuls. Ce qui compte, c'est ce qui se passe dans les quarante-huit heures qui suivent l'appel. Les Mondoriens sauront le vérifier eux-mêmes, c'est tout l'intérêt d'un dispositif dont ils détiennent le déclencheur.

(Crédit photo : mairie du Mont-Dore)