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Au delà du récif

Après l’Iran, les États-Unis veulent produire 1 000 Tomahawk par an

21 septembre 2026 à 17:00
4 min de lecture
Après l’Iran, les États-Unis veulent produire 1 000 Tomahawk par an

Résumé IA

Après la guerre contre l’Iran, les États-Unis accélèrent la production de missiles Tomahawk. Raytheon doit passer d’environ 60 missiles par an à plus de 1 000, après la consommation de plus de 1 000 missiles lors du conflit. Un contrat de 22,9 milliards de dollars sur sept ans a été attribué à Raytheon.

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Après la guerre contre l’Iran, Washington accélère brutalement la production de ses missiles de croisière Tomahawk. Raytheon doit désormais passer d’environ 60 missiles produits chaque année à plus de 1 000.

Cette montée en puissance intervient après une consommation exceptionnelle de munitions américaines lors des 39 jours de guerre contre l’Iran, durant lesquels plus de 1 000 Tomahawk auraient été tirés.

Raytheon doit passer de 60 à plus de 1 000 Tomahawk par an

Le changement d’échelle est considérable. Le 17 août 2026, l’armée américaine a attribué à Raytheon, filiale du groupe RTX, un contrat de 22,9 milliards de dollars sur sept ans destiné à augmenter très fortement la production du missile de croisière Tomahawk. Selon Reuters, Raytheon produit actuellement environ 60 Tomahawk par an. Le nouveau contrat doit permettre de porter progressivement cette capacité à plus de 1 000 missiles chaque année.

Le groupe américain explique investir dans ses installations, ses chaînes de production, ses effectifs et son réseau de plusieurs centaines de fournisseurs afin d’atteindre cette cadence.

Cette décision avait été préparée dès février, lorsque Raytheon et le Pentagone avaient annoncé plusieurs accords portant également sur l’augmentation de la production des missiles AMRAAM, SM-3 et SM-6.

Plus de 1 000 missiles tirés contre l’Iran

Cette accélération intervient quelques mois après une campagne militaire particulièrement consommatrice de munitions. Selon une analyse du Center for Strategic and International Studies (CSIS), citant notamment le Washington Post et le Wall Street Journal, les forces américaines avaient déjà tiré plus de 850 Tomahawk au cours du premier mois de la guerre contre l’Iran.

À la fin des 39 jours de campagne, le nombre total de Tomahawk employés aurait dépassé les 1 000 missiles. Les États-Unis avaient alors frappé plus de 13 000 cibles sur le territoire iranien.

Une consommation massive pour une arme qui constitue l’un des principaux moyens de frappe à longue distance de l’US Navy.

Des stocks américains fortement entamés

Le conflit iranien a ainsi mis en évidence un problème auquel les armées occidentales sont désormais régulièrement confrontées : la capacité de l’industrie de défense à remplacer suffisamment rapidement les munitions consommées lors d’un conflit de haute intensité.

Le CSIS estime que la production récente de Tomahawk était inférieure à 200 exemplaires par an, avec une moyenne d’environ 86 missiles commandés chaque année au cours des dix derniers exercices budgétaires américains.

À ce rythme, remplacer plus de 1 000 missiles employés en quelques semaines aurait nécessité plusieurs années. D’où la décision américaine de créer une capacité industrielle théorique supérieure à 1 000 Tomahawk par an.

Un enjeu qui dépasse largement l’Iran

Washington ne cherche pas seulement à reconstituer les missiles utilisés au Moyen-Orient.

Pour les stratèges américains, la question concerne également la capacité des États-Unis à disposer de suffisamment de munitions pour faire face simultanément à plusieurs crises, notamment dans la région Indo-Pacifique.

Le CSIS estime que l’épuisement d’une partie des stocks durant la guerre contre l’Iran a créé une période de vulnérabilité potentielle en cas de nouveau conflit majeur, en particulier dans le Pacifique.

Les besoins des alliés viennent également s’ajouter à ceux de l’armée américaine. Le Japon doit notamment recevoir 400 missiles Tomahawk, tandis que l’Allemagne a engagé des discussions avec Washington en vue d’acquérir à son tour cette capacité de frappe.

L’industrie américaine passe à une production de masse

Le Tomahawk n’est donc qu’une partie d’un programme beaucoup plus large.

Raytheon prévoit également de porter la production annuelle des missiles air-air AMRAAM à au moins 1 900 exemplaires et celle des missiles SM-6 à plus de 500 unités par an. Pour Washington, l’objectif est désormais clair : disposer d’une industrie capable non seulement d’équiper les forces américaines et leurs alliés, mais aussi de remplacer beaucoup plus rapidement les stocks consommés pendant une guerre majeure.

La guerre contre l’Iran aura ainsi donné une mesure très concrète du problème : plus de 1 000 Tomahawk auraient été consommés en seulement 39 jours, alors que Raytheon n’en produisait jusqu’ici qu’une soixantaine par an.

Un écart que les États-Unis viennent désormais de décider de combler à marche forcée.