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Après les émeutes, Boulari se relève

6 novembre 2026 à 11:00
4 min de lecture
Après les émeutes, Boulari se relève

Résumé IA

Le collège de Boulari, incendié en mai 2024, est en reconstruction grâce à un financement massif de l'État. Une délégation de la province Sud visite le chantier, qui comprend aussi la construction d'un internat pour 2028. La principale Didia Lefebvre, saluée pour son autorité, priorise la stabilisation des effectifs et la sécurisation de l'établissement.

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Neuf salles de classe et un bâtiment administratif partis en fumée en mai 2024.
Deux ans et demi plus tard, le collège de Boulari se relève, et c’est l’État qui paie l’essentiel de l’addition.

Un chantier massif, porté par l’État

Il y a des images qu’on n’oublie pas.
Celles d’un collège en flammes, au cœur du Mont-Dore, lors des exactions de mai 2024. Neuf salles de classe détruites. Le bâtiment administratif ravagé. Un établissement scolaire, lieu de transmission par excellence, pris pour cible.

Depuis, le temps de la reconstruction a commencé.

Ce jeudi 5 novembre, une délégation de la province Sud s’est rendue sur place. À sa tête, Loïc Basset-Creugnet, troisième vice-président de la collectivité, accompagné de Marie-Jo Barbier, présidente de la commission de l’enseignement, ainsi que des élus Laure Moreau et Caël Normandon.

Pas de grand discours. Les élus sont venus constater l’avancée des travaux et entendre ce que les équipes ont à dire sur leurs difficultés, pour chercher avec elles des solutions concrètes.

Une méthode simple : aller voir, écouter, agir.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
1,45 milliard de francs CFP. C’est le montant total de l’opération, financée très majoritairement par l’État.

Une réalité qu’il faut rappeler à ceux qui doutent encore de la solidarité nationale. Quand une école brûle en Nouvelle-Calédonie, c’est la France qui se mobilise pour la rebâtir.

L’enveloppe ne sert pas seulement à réparer les dégâts. Elle finance une rénovation globale du collège, avec façades, toitures, sols, murs, plafonds et aménagements intérieurs. Elle couvre aussi la reconstruction des espaces détruits en 2024.

Et elle va plus loin encore, avec la construction du quatrième internat provincial, attendu pour la mi-2028.

Cette année, les ouvriers ont concentré leurs efforts sur la vie scolaire, le pôle infirmerie et plusieurs salles de classe. Rien de spectaculaire en apparence. Mais pour les 560 élèves et les personnels, c’est la différence entre travailler dans des locaux de fortune et retrouver un cadre digne.

Le chantier avancera par tranches successives jusqu’en 2029. L’objectif est clair : livrer un établissement entièrement remis à neuf.

Sur le terrain, la direction de l’Aménagement, de l’Équipement et des Moyens de la province assure le suivi des travaux. La principale l’a d’ailleurs remerciée, tout comme la délégation, à l’issue de la visite.

Une principale qui a remis de l’ordre

Derrière les murs, il y a une équipe.
Et à sa tête, Didia Lefebvre, épaulée par son adjoint Ludovic Lemagne.

La principale ne cache rien de la situation. Après les émeutes, le collège a perdu plus d’une centaine d’élèves. Un coup dur pour son attractivité comme pour sa mixité. Sa priorité aujourd’hui : stabiliser les effectifs et redorer l’image de l’établissement.

Pour y parvenir, elle mise sur l’offre pédagogique.

Le collège propose déjà des dispositifs ULIS et SEGPA, l’enseignement de l’anglais, du drehu et du japonais, des sections sportives, une classe CHAMES à horaires aménagés en mathématiques et en sciences. Et une classe défense, symbole d’un attachement aux valeurs républicaines qu’on aimerait voir partout.

Lauréat de l’appel à projets « Collège nouvelle génération » de la province Sud, l’établissement a aussi pu s’offrir un CDI entièrement repensé, moderne et équipé.

À la prochaine rentrée, une classe orchestre ouvrira ses portes.

L’élu Caël Normandon a tenu à saluer le travail de la principale. Selon lui, le collège sortait d’une période très difficile et avait besoin d’une autorité ferme mais bienveillante pour retrouver un cadre. Il estime que son action a profité aux élèves, aux familles et aux équipes, et que la Calédonie a besoin de chefs d’établissement de cette trempe.

Le message est limpide. Après le chaos, l’autorité et l’exigence reviennent au cœur de l’école.

La sécurité, chantier tout aussi urgent

Reconstruire ne suffit pas. Encore faut-il protéger.

La question de la sécurisation du collège a été posée sans détour lors de la visite. La principale a pointé le parking et plusieurs angles morts qui nécessitent des aménagements pour renforcer la surveillance.

Une exigence légitime.
Après ce que l’établissement a subi, personne ne peut accepter que des zones restent hors de contrôle.

Car l’enjeu dépasse les bâtiments. Il s’agit de redonner confiance aux familles qui ont retiré leurs enfants. De prouver qu’un collège du Mont-Dore peut être un lieu sûr, exigeant et attractif.

Les briques sont posées. Le financement est là. L’équipe tient la barre.

Avec le soutien de l’État et de la province Sud, le collège de Boulari se donne les moyens de tourner définitivement la page de mai 2024. Et de rappeler que l’école de la République ne recule pas.

(Crédit photo : province Sud)