Koumac honore un héros oublié

Résumé IA
Le 28 octobre, à Koumac, la DIASS et le RSMA-NC ont baptisé l'infirmerie militaire au nom du médecin-colonel Guy Loison, en présence de sa famille. Né en 1913, ce médecin de marine a consacré sa carrière à la médecine tropicale, œuvrant notamment en Océanie de 1952 à 1958.
Koumac donne un nom à son infirmerie militaire, et ce nom raconte un siècle d’engagement français.
Celui d’un médecin des armées qui a soigné de Nouméa à Saïgon, et que l’Océanie n’a pas oublié.
Hommage à un médecin militaire à Koumac
Ce n’était pas une cérémonie de plus.
Le 28 octobre, à Koumac, la Direction interarmées du Service de santé (DIASS) en Nouvelle-Calédonie et le Régiment du service militaire adapté (RSMA-NC) ont choisi d’honorer un homme : le médecin-colonel Guy Loison. L’infirmerie porte désormais son nom.
La famille de l’ancien médecin militaire était présente. À ses côtés, le colonel Jérémie Guilbeault, chef de corps du RSMA-NC, le médecin en chef de 1re classe Claire Bylicki, directrice interarmées du Service de santé des armées en Nouvelle-Calédonie, et le médecin en chef de 1re classe Aristide Service, qui commande l’antenne médicale de Koumac.
La cérémonie a été émouvante.
On y a salué un homme de sciences, mais aussi un homme de terrain. Guy Loison a consacré toute sa carrière à la médecine tropicale, une discipline où la France a longtemps tenu son rang et où ses médecins militaires ont fait leurs preuves, loin des salons et près des malades.
Donner un nom à un bâtiment, c’est dire ce qu’on veut transmettre. Ici, le message est sans ambiguïté.
Guy Loison, une carrière de la Charente-Maritime au Pacifique
Guy Loison naît en 1913 en Charente-Maritime.
À 21 ans, il entre à l’École de santé navale de Bordeaux, la maison mère des médecins de marine. Le début d’un parcours qui va le mener aux quatre coins de ce qui s’appelait alors l’outre-mer français.
Polynésie française. Nouvelle-Calédonie. Indochine, où il découvre l’acupuncture. Congo.
Partout, la même manière de faire. Ce passionné de photographie se distingue par son dévouement, sa soif de découvertes et la qualité de ses soins. Il se distingue surtout par sa proximité avec la population, qui revient comme un fil rouge dans tout son parcours.
De 1952 à 1958, il impulse les politiques de santé publique en Océanie.
Il ne se contente pas de soigner. Il forme, il prévient, il transmet. Il s’attache à soigner les corps comme les esprits, avec une conception de la médecine qui dépasse largement la consultation.
Cette médecine-là, celle qui va vers les gens au lieu de les attendre, a façonné des générations entières dans le Pacifique. Elle fait partie de l’héritage français de la région, et elle mérite d’être rappelée sans complexe.
Le RSMA-NC et la transmission des valeurs
Avec ce baptême, le RSMA-NC fait vivre la mémoire d’un homme engagé au service des autres.
Les valeurs que portait Guy Loison sont nommées clairement : engagement, humanité, transmission, dévouement. Quatre mots qu’on n’entend plus si souvent et qui gardent ici tout leur sens.
Le choix du lieu compte aussi. Au RSMA-NC, l’infirmerie n’est pas un simple local technique. Elle accompagne les volontaires du régiment au quotidien, et à travers eux, une jeunesse calédonienne qui se forme et se prépare à prendre sa place.
Pour le régiment, ces valeurs ne relèvent pas du souvenir.
Elles animent toujours ses cadres, au service des volontaires et de leur réussite, au service du territoire calédonien.
Le lien est direct : un médecin de marine né en 1913 et des jeunes Calédoniens d’aujourd’hui, réunis sous un même nom, dans le Nord de la Grande Terre.
Dans un pays qui préfère trop souvent la repentance à la fierté, l’armée a fait le choix inverse à Koumac. Honorer ceux qui ont servi, rappeler ce qu’ils ont construit, et montrer aux plus jeunes qu’un parcours au service des autres reste un modèle.
Guy Loison a soigné, formé et transmis. Désormais, son nom est inscrit sur la porte de l’infirmerie.
(Crédit photo : RSMA-NC)



