L’arme secrète, c’est l’info

Résumé IA
À Euronaval 2026, la Marine nationale présente sa stratégie pour maîtriser le champ de bataille maritime, résumée en trois verbes : voir, comprendre, partager. Elle s’appuie sur des outils comme le satellite Syracuse IVB, les drones Aliaca et A6K-M, ou les sonars CAPTAS-41, avec la DGA comme architecte. L’objectif est de conserver sa liberté d’action grâce à l’avantage informationnel, un enjeu de souveraineté.
Sur les océans, celui qui voit le premier garde la main. À Euronaval 2026, la Marine nationale a montré comment elle compte rester maîtresse du jeu.
Voir loin, transmettre vite
Derrière soi, des milliers de kilomètres de côtes. Autour, l’immensité de l’eau. Et quelque part, peut-être, un compétiteur qui avance ses pions. C’est dans ce décor que se joue aujourd’hui l’essentiel de la puissance navale.
À l’occasion d’Euronaval 2026, la Marine nationale a présenté sa stratégie pour maîtriser le champ de bataille maritime. Elle la résume en trois verbes : voir, comprendre, partager. L’objectif est de conserver sa liberté d’action face à des menaces qui peuvent venir des profondeurs, de la surface comme du ciel.
Une force navale moderne est exposée de tous les côtés : sur l’eau, sous l’eau, dans les airs. Pour réagir juste, elle doit avoir la bonne information sur une situation donnée, au bon moment. C’est ce que les marins appellent l’avantage informationnel.
Il faut d’abord bien voir autour de soi. Ce n’est pas simple quand la géographie impose des distances considérables.
Navires, sous-marins, aéronefs, drones : chacun a ses propres capteurs, avec leurs forces et leurs limites. Seul, aucun ne suffit. La solution consiste à mettre en commun les informations de tous pour obtenir l’image la plus complète possible de la situation. Un aéronef qui recueille une information doit pouvoir la transmettre à un navire.
Les communications sont donc décisives. La France s’appuie notamment sur le satellite de télécommunications Syracuse IVB.
Elle peut aussi compter sur l’accord NEXUS, conclu entre le ministère des Armées et des Anciens combattants et l’opérateur européen Eutelsat. Grâce à lui, la constellation OneWeb, en orbite basse (LEO), entre dans les communications des forces françaises. Le partenaire est européen, et ce n’est pas un détail : la souveraineté des liaisons militaires n’a rien d’accessoire.
Dans les airs, deux outils renforcent la vigilance. Le drone aérien léger Aliaca et le radar SearchMaster se sont montrés très efficaces. Ils multiplient les points d’observation et les modes de détection au-delà de l’horizon immédiat d’un bâtiment. Ils prennent le relais là où la vue du navire s’arrête.
Entendre en profondeur : la maîtrise du milieu sous-marin
Sous la surface, les règles changent. On ne regarde plus, on écoute. L’acoustique prime sur la vue pour comprendre un environnement.
Trois équipements servent d’oreille à la flotte. Le sonar remorqué CAPTAS-41, le sonar trempé FLASH et les bouées acoustiques SonoFlash écoutent le milieu sous-marin depuis plusieurs points. Ils cherchent et suivent ce qui se déplace sous la surface.
Plus bas encore, la Marine étend ses capacités vers les grands fonds. Le drone A6K-M et le robot téléopéré DeepSea descendent jusqu’à 6 000 mètres de profondeur.
Ces zones sont longtemps restées difficiles d’accès. Elles abritent pourtant des infrastructures sous-marines majeures. Savoir y aller est un atout que la France entend garder.
Autre innovation : le démonstrateur UCUV2, capable de mener des missions de longue endurance sans équipage.
Comprendre et partager : la DGA en architecte
Tous ces équipements servent le même but. Voir depuis davantage d’endroits, faire circuler l’information et la partager vite pour pouvoir décider.
Encore faut-il que l’ensemble fonctionne d’un seul bloc. C’est le travail de la Direction générale de l’armement. La DGA joue un rôle fondamental d’architecte : elle fait en sorte que tous ces systèmes fonctionnent correctement ensemble. Un capteur isolé ne sert pas à grand-chose. Relié à un réseau cohérent, il devient une arme.
Le message d’Euronaval 2026 est clair. C’est avec cet avantage informationnel, et uniquement avec lui, que la Marine nationale conservera sa liberté d’action. Pour une nation présente sur tous les océans, l’enjeu dépasse la technique : c’est une question de souveraineté.
(Crédit photo : Marine Nationale)


