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Au delà du récif

48 lycées bloqués… ou 500 ?

4 novembre 2026 à 05:05
4 min de lecture
48 lycées bloqués… ou 500 ?

Résumé IA

Le 3 novembre, des milliers d'étudiants défilent à Paris malgré l'interdiction préfectorale, et 48 lycées sont bloqués selon le ministère, contre 500 pour l'Union syndicale lycéenne. Trois élèves sont interpellés à Nantes pour un incendie. Le gouvernement, qui annonce le remplacement de Parcoursup, fait face à une mobilisation persistante, avec un appel à une journée de grève jeudi 5 novembre.

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Ils avaient interdiction de défiler près du Panthéon. Ils ont défilé quand même.
Derrière le bruit des blocus, les chiffres officiels disent pourtant autre chose : la mobilisation reste minoritaire.

Paris : l’interdiction de la préfecture ignorée

Mardi 3 novembre, nouvelle journée de mobilisation étudiante.

Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, 51 établissements sur 184 ont été perturbés à l’appel des organisations étudiantes. C’est un peu moins d’un tiers. Le mouvement fait du bruit, mais il est loin de paralyser l’université française.

Dans le 5e arrondissement de Paris, près du Panthéon, des centaines d’étudiants se sont pourtant rassemblés. Ils l’ont fait malgré l’interdiction de la préfecture de police, qui n’avait autorisé qu’un trajet en périphérie.

La règle était claire. Elle a été contournée.

Devant le lycée Henri-IV, l’un des établissements les plus prestigieux du pays, un blocus a aussi été organisé. D’autres rassemblements ont eu lieu dans le Rhône et ailleurs en France.

À Nantes, une autre affaire a marqué la journée. Trois personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’incendie du lycée Nelson Mandela ont été interpellées par la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS). Les trois suspects sont des élèves du lycée.

Au même moment, à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez était auditionné sur les évènements du 17 octobre dernier. Il a reconnu un « échec » et en a pris toute la responsabilité : « Je suis le seul responsable et je me réjouis de le prouver aujourd’hui devant vous ». Un aveu assez rare pour être noté.

La guerre des chiffres : ministère contre syndicats lycéens

Côté lycées, l’écart entre les versions est énorme.

Mardi matin, selon le ministère de l’Éducation, 48 lycées sur les 3.700 du pays étaient bloqués. Le ministère n’a relevé aucune perturbation dans les trois quarts des départements.

L’Union syndicale lycéenne (USL) annonce, elle, 500 établissements bloqués. Dix fois plus.

L’écart était déjà là la veille. Lundi, au retour des vacances de la Toussaint, le ministère comptait 41 lycées bloqués à la même heure, soit 1 % des établissements. L’USL en revendiquait 169.

Pour l’enseignement supérieur, le ministre Philippe Baptiste a indiqué qu’environ 15 % des établissements avaient été perturbés lundi.

L’USL va plus loin que la bataille des chiffres. Un de ses représentants a dénoncé auprès de l’AFP une forte « répression », avec selon lui « des jeunes plaqués au mur, des compagnies de CRS envoyées » devant les lycées. L’organisation affirme : « Notre impression est que l’objectif est de réprimer le mouvement, de l’empêcher pour la mobilisation de jeudi ».

C’est un discours que l’on connaît. Pour l’État, il s’agit de faire respecter l’ordre public et le droit d’étudier de ceux qui veulent aller en cours. Pour les syndicats lycéens, c’est de la répression.

Une partie des parents ne suit d’ailleurs pas le mouvement. À Toulouse, un collectif de parents réclame que les cours reprennent.

Parcoursup sacrifié, et la contestation continue

Le gouvernement a pourtant cédé du terrain.

Après plus d’un mois de blocus, il a annoncé la semaine dernière une série de mesures pour calmer la colère des jeunes. La plus symbolique : le remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028. La plateforme était au cœur d’une grande partie des revendications.

Cela n’a pas suffi.

Les organisations lycéennes et étudiantes jugent les annonces insuffisantes et disent ne vouloir « rien lâcher ». Elles ont lancé un vaste appel à se mobiliser mardi, en attendant le grand rendez-vous de la semaine.

Jeudi 5 novembre, lycéens et étudiants comptent rejoindre la journée de mobilisation pour le pouvoir d’achat, organisée par une intersyndicale interprofessionnelle. Pour la première fois depuis la rentrée, elle doit réunir salariés du privé, fonctionnaires et retraités, avec grève et manifestations au programme.

Le scénario est classique. Une concession du gouvernement, puis aussitôt une nouvelle exigence. Et une contestation des jeunes qui s’ajoute à la mobilisation sociale.

Une question reste entière : jusqu’où une minorité active peut-elle peser sur le système d’orientation de tout un pays ? Réponse jeudi, dans la rue.

(Crédit photo : Stéphanie LECOCQ / REUTERS)