Touho : ils brûlent derrière les agents

Résumé IA
À Touho, des personnes mettent le feu à l'herbe sèche en bord de route juste après le passage des agents municipaux chargés du débroussaillage. Le maire, Donald Soekir, rappelle dans un communiqué l'interdiction de l'usage du feu et appelle à la vigilance à l'approche de la saison sèche.
À Touho, les agents municipaux débroussaillent les bords de route pour protéger la commune.
Derrière eux, certains craquent une allumette.
Un constat qui ne passe pas
Le 27 octobre 2026, la mairie de Touho a publié un communiqué signé de son maire, Donald Soekir.
Le ton est sobre, presque administratif. Le message, lui, est sans ambiguïté : l’usage du feu est interdit, et la commune n’entend pas fermer les yeux.
Dans une Province Nord qui aborde la saison sèche, ce rappel aurait pu passer pour une simple formalité de calendrier. Ce n’en est pas une.
Ce qui a poussé le maire à prendre la plume tient en une phrase.
Le service des Espaces verts a constaté, à plusieurs reprises, que des personnes mettent le feu à l’herbe sèche en bord de route. Et pas n’importe quand : juste après le passage des agents municipaux chargés de l’entretien et du débroussaillage.
Juste après.
Des agents de la commune coupent, nettoient et dégagent les abords des routes. Le travail est fait, au service de tous. Puis quelqu’un passe derrière et transforme ce qui reste en combustible.
Le maire le rappelle sans détour. Le travail des Espaces verts vise à entretenir et à sécuriser les espaces publics. Il ne doit « en aucun cas » être suivi de pratiques susceptibles de provoquer un incendie.
Derrière la formule administrative, on lit une exaspération légitime. Celle d’un élu qui voit le travail de ses équipes réduit à néant par quelques gestes irresponsables. Celle aussi de la population, qui vit au bord de ces routes, à proximité de ces herbes sèches, et qui n’a rien demandé.
Il n’y a pas ici de débat de fond à ouvrir. Il y a une règle, et des gens qui ne la respectent pas.
La loi est claire, et depuis longtemps
Personne, à Touho comme ailleurs sur le territoire, ne peut sérieusement plaider l’ignorance.
Le maire s’appuie sur deux textes. Le premier, l’arrêté HC/CAB/DSC/n° 79 du 24 août 2012, porte sur le dispositif ORSEC de Nouvelle-Calédonie pour la lutte contre les feux de forêt. Le second, l’arrêté n° 2021-10448/GNC-Pr du 3 septembre 2021, va plus loin : il interdit l’usage du feu sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie.
Quatorze ans pour l’un. Cinq ans pour l’autre.
Le cadre existe donc depuis longtemps. Ce qui manque, visiblement, chez certains, c’est la volonté de le respecter.
Le calendrier aggrave encore les choses. Le communiqué le souligne : la commune arrive à l’approche de la période de sécheresse. Le maire appelle donc chacun à la plus grande vigilance face aux risques de départs de feu et de propagation des incendies.
Une herbe sèche en bord de route, en pleine saison sèche, ce n’est pas un détail. C’est un point de départ.
Le civisme n’est pas une option
Le communiqué s’achève sur un appel. Pas sur une menace, mais sur un appel à la responsabilité.
« Nous comptons sur le civisme et le sens des responsabilités de chacun », écrit le maire. L’objectif est triple : respecter l’interdiction, préserver notre environnement et protéger les personnes et les biens.
C’est là que le texte touche juste.
On a trop pris l’habitude, ces dernières années, de chercher des circonstances atténuantes à tout. Ici, le maire ne s’y essaie pas. Il ne parle pas de malentendu ni de manque d’information. Il rappelle une règle connue et un travail municipal à respecter, et il renvoie chacun à ses responsabilités.
C’est exactement ce qu’on attend d’un élu local.
La grande majorité des habitants de Touho respecte déjà ces consignes. Le maire le reconnaît d’ailleurs, en remerciant la population pour sa vigilance et son engagement dans la prévention des incendies.
Ce sont donc quelques-uns qui mettent en danger tous les autres. Et quelques-uns qui, d’un geste, piétinent le travail des agents publics.
À Touho, la mairie a choisi de le dire clairement. La prévention des incendies est l’affaire de tous, et le respect de la règle aussi.

(Crédit photo : Mairie de Touho)



