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Pied lourd, permis perdu

2 novembre 2026 à 16:00
4 min de lecture
Pied lourd, permis perdu

Résumé IA

Dix-neuf excès de vitesse sont relevés lors d’un contrôle à l’entrée de Boulouparis, dont un dépassement de plus de 40 km/h entraînant la rétention immédiate du permis. La gendarmerie rappelle que la limitation n’est pas une suggestion, face aux 25 tués comptabilisés sur les routes néo-calédoniennes.

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Dix-neuf excès de vitesse en un seul contrôle, à l’entrée d’une commune de brousse.
À Boulouparis, les gendarmes ont rappelé une règle simple : la limitation n’est pas une suggestion.

Un seul contrôle, et le constat tombe

Le 28 octobre, les militaires de la brigade territoriale autonome de Boulouparis ont posé un dispositif de contrôle de vitesse à l’entrée de la commune.

Rien de spectaculaire. Pas de grande opération médiatisée, pas de renforts venus de Nouméa. Juste des gendarmes, un appareil de mesure et une route.

Le résultat, lui, parle de lui-même.

18 conducteurs ont été verbalisés pour des dépassements de plus de 20 km/h. Pas 5 km/h de trop par inattention, non : plus de vingt au-dessus de la limite, à l’endroit précis où la route devient une rue et où les habitants commencent à traverser.

Et puis il y a le dix-neuvième. Un grand excès de vitesse de plus de 40 km/h. Pour lui, la sanction a été immédiate : rétention du permis de conduire sur place.

On entendra peut-être parler de « chasse aux automobilistes ». Il faut appeler les choses par leur nom. Un panneau de limitation est visible, connu de tous, et le code de la route s’applique à chacun. Celui qui le dépasse de 40 km/h ne se fait pas piéger : il fait un choix.

Les gendarmes, eux, font leur travail. Et ils le font là où le danger existe.

Les chiffres 2026 : un bilan encore trop lourd

Il faut regarder les chiffres en face, sans les dramatiser ni les minimiser.

Au 29 octobre 2026, l’Observatoire de la sécurité routière de la DITTT comptait 25 tués sur les routes de Nouvelle-Calédonie. C’est un chiffre provisoire. Il est inférieur de trois au bilan de la même période en 2025, mais supérieur de quatre à celui de 2024.

Une légère amélioration sur un an, donc. Rien qui autorise à baisser la garde.

Fin août, le baromètre officiel faisait état de 18 tués depuis janvier, soit une baisse de 21,7 % par rapport à 2025. Depuis, l’été austral n’est même pas commencé et le compteur a encore grimpé de sept victimes.

Derrière ces chiffres, il y a des noms. À Yaté, en juin, trois membres d’une même famille ont perdu la vie dans le même pick-up. À Bourail, en août, cinq personnes sont mortes en une seule soirée dans deux accidents distincts.

Et cela a un coût, au sens le plus concret. Pour les seuls mois de janvier et février 2026, l’insécurité routière a coûté environ 2,4 milliards de francs CFP au territoire, selon la DITTT.

Quelle part la vitesse prend-elle dans ce bilan 2026 ? L’Observatoire ne l’a pas encore publiée sous forme chiffrée. Le dernier bilan consolidé, celui de 2025, ne laisse en revanche aucune place au doute.

Sur les 32 accidents mortels de l’an dernier, qui ont fait 34 morts, la vitesse excessive ou inadaptée était présente dans 60,7 % des cas. L’alcool, dans 73,1 %. Les deux se cumulent souvent.

Six accidents mortels sur dix. Ce n’est pas un détail statistique, c’est une constante. En 2023 déjà, la proportion était la même.

Rapporté à la population, le constat est sévère : 12,8 tués pour 100 000 habitants en 2025, soit 2,6 fois plus que dans l’Hexagone.

Sur dix ans, ce sont 485 personnes qui ont trouvé la mort sur les routes calédoniennes. L’équivalent d’un village entier.

La responsabilité plutôt que les excuses

Face à ce bilan, la tentation est connue. Accuser l’état des routes. L’éclairage. L’éloignement. Le manque de moyens.

Ces questions existent. Mais aucune d’entre elles n’appuie sur l’accélérateur à la place du conducteur.

Le contrôle de Boulouparis le montre sans ambiguïté. Les dix-neuf automobilistes concernés roulaient sur une route en bon état, à l’entrée d’une agglomération, avec une limitation clairement signalée. La seule variable, c’était leur pied droit.

C’est là que se joue l’essentiel. Pas dans les grands plans, pas dans les colloques, mais dans le comportement individuel de chacun derrière son volant.

L’État et les forces de l’ordre ont un rôle à tenir, et ils le tiennent. Les contrôles se multiplient, de Nouméa à la brousse. Ils ne sont pas une punition collective. Ils sont la condition minimale pour que la loi ait encore un sens sur nos routes.

Ceux qui respectent les limitations n’ont rien à craindre de ces dispositifs. Ceux qui les ignorent savent désormais à quoi s’attendre.

La gendarmerie de Boulouparis l’a résumé en une phrase, sans détour : gagner quelques minutes sur la route ne vaut pas le risque de perdre son permis.

On pourrait ajouter qu’elles ne valent pas non plus une vie.

(Crédit photo : Gendarmerie de Nouvelle-Calédonie)