Ils éteignaient un feu, on leur a tiré dessus

Résumé IA
Aux Pennes-Mirabeau, un adjudant-chef sapeur-pompier est très grièvement blessé par balle dimanche, alors qu'il commandait l'intervention contre un incendie dans la zone commerciale du Plan de Campagne. Le tireur, qui s'était retranché, est interpellé, et le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, exprime son indignation face à cette agression gratuite.
Ils étaient venus éteindre un incendie. Ils se sont retrouvés sous le feu d’un tireur.
Aux Pennes-Mirabeau, un sapeur-pompier a été très grièvement blessé par balle dimanche, en pleine intervention.
Une intervention ordinaire qui vire au drame
Dimanche, dans la zone commerciale du Plan de Campagne, entre Aix-en-Provence et Marseille, les secours sont appelés pour un incendie. Un poids lourd brûle, plusieurs voitures aussi. C’est une intervention comme les pompiers en font des centaines.
Puis les coups de feu.
D’après la préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône, l’équipe a été prise pour cible par un individu armé alors qu’elle luttait contre les flammes. Celui qui a été touché n’est pas n’importe qui dans le dispositif. C’est l’adjudant-chef qui « commandait le dispositif », a indiqué le préfet Jacques Witkowski à l’AFP. Il est « très grièvement blessé ».
L’homme qui dirigeait les opérations, qui avait sous sa responsabilité la sécurité de ses hommes, est tombé sous une balle. Le symbole est terrible.
C’est le ministre de l’Intérieur lui-même, Laurent Nuñez, qui a révélé les faits sur X. Ce n’était pas un simple fait divers local : c’est une affaire qui touche l’État.
Le tireur interpellé, l’État en première ligne
Le tireur ne s’était pas enfui. Selon le préfet, il s’était retranché tout près de l’incendie, à deux pas des hommes qu’il venait de viser.
Il a finalement été interpellé, puis « remis aux autorités de la police judiciaire ». Jacques Witkowski s’est rendu sur place avec la préfète de police déléguée. Un périmètre de sécurité a été mis en place autour de la zone.
Laurent Nuñez n’a pas mâché ses mots. Il dit son « indignation face à cette agression violente gratuite à l’encontre de nos pompiers qui s’engagent pour protéger ». Le terme « gratuite » est important : rien, dans les éléments communiqués à ce stade, ne permet d’expliquer un tel geste contre des hommes venus porter secours.
Le ministre a précisé que le pompier blessé avait été pris en charge. « Toutes nos pensées convergent vers lui pour qu’il puisse se remettre », a-t-il ajouté.
L’enquête devra établir précisément les faits et les motivations du tireur. Mais sur le principe, le constat est simple. Tirer sur un pompier, c’est s’attaquer à ce que la France a de plus précieux : ceux qui risquent leur vie pour celle des autres, sans rien demander.
Quand ceux qui secourent deviennent des cibles
La profession s’est exprimée sans attendre. Eric Brocardi, porte-parole des sapeurs-pompiers de France, a apporté son « soutien total » au soldat du feu blessé, « à ses proches et aux équipes mobilisées ».
Puis il a eu une phrase qui résume l’enjeu : « Quand ceux qui portent secours deviennent des cibles, c’est notre pacte républicain qui est atteint ».
Il a raison. Le pompier ne choisit pas qui il sauve. Il intervient de jour comme de nuit, dans les centres-villes comme dans les zones commerciales, pour tout le monde. L’uniforme rouge devrait suffire à garantir le respect. Ce dimanche, il n’a pas suffi.
« Secourir ne doit jamais mettre en danger », insiste Eric Brocardi.
Cette phrase devrait aller de soi. Qu’il faille l’écrire en dit long. Ce n’est pas la première fois que des soldats du feu sont visés en intervention. Cette fois, c’est une arme à feu, et un commandant d’opération touché.
Il y a des faits qui ne laissent aucune place à la nuance. Celui-ci en fait partie. Un homme est venu éteindre un incendie, et il a reçu une balle.
Les Français attendent désormais une chose : que la justice se montre à la hauteur de la gravité de l’acte. Et que ceux qui protègent la population soient, à leur tour, protégés.
(Crédit photo : Gilles Bader - LP)



