Trump : 74 millions de voix… et perdant

Résumé IA
Six ans après l’élection de novembre 2020, Joe Biden remporte la présidentielle face à Donald Trump, qui recueille 74 millions de voix mais refuse de reconnaître sa défaite. Biden devient le 46e président en janvier 2021, tandis que Trump revient au pouvoir en 2025 comme 47e président.
Il y a six ans jour pour jour, l’Amérique entrait dans une semaine électorale sous haute tension.
Au bout, une victoire pour Joe Biden, 74 millions de voix pour Donald Trump, et un pays coupé en deux.
Une « election week » dans une Amérique fracturée
Le 3 novembre 2020, les Américains devaient choisir entre le républicain Donald Trump et le démocrate Joe Biden. Le choix s’est fait dans un pays divisé comme rarement dans son histoire.
Le soir du vote, rien n’était tranché. Le lendemain non plus. Le dépouillement s’est étiré, État après État, et l’« election day » est devenu une « election week ».
Il a fallu quatre jours d’attente pour que l’ancien vice-président de Barack Obama passe enfin la barre des 270 grands électeurs, celle qui ouvre les portes de la Maison Blanche.
Le 7 novembre, quand tombe la nouvelle, Donald Trump est sur un parcours de golf.
Sa réponse arrive presque tout de suite. Le président sortant dénonce une fraude, sans en apporter la moindre preuve, et refuse de reconnaître le résultat. Il s’y accroche jusqu’à la caricature. Ce n’est pas vraiment une surprise : sa campagne avait été menée sur le même ton, avec une agressivité rare et un mot répété pendant des mois à des foules galvanisées : « Gagner, gagner, gagner ». Le tout dans une Amérique secouée par le Covid.
Biden, le candidat de l’establishment face au président des petits donateurs
Au début de l’année 2020, tout semblait pourtant sourire au locataire de la Maison Blanche. En février, l’économie américaine affichait de bons résultats et Donald Trump pouvait espérer une réélection sans encombre, malgré les polémiques qui avaient marqué son mandat.
Puis la pandémie est arrivée et a tout rebattu. Sa gestion de la crise sanitaire a été vivement critiquée. Ses adversaires eux-mêmes doivent pourtant lui reconnaître un succès de taille : il a obtenu des laboratoires pharmaceutiques qu’ils mettent au point un vaccin en dix mois, un délai record.
Face à lui, Joe Biden, 78 ans. Un vieux routier de la politique, catholique fervent, qui a mis en avant ses racines irlandaises et dont les drames personnels lui ont valu une certaine compassion de l’opinion.
Le contraste se voyait aussi dans les comptes de campagne. Joe Biden a profité d’un soutien massif de Wall Street, dont les grandes entreprises étaient lassées de l’imprévisibilité de Donald Trump. Le républicain, lui, a été porté par une véritable armée de petits donateurs, avec des contributions de moins de 200 dollars.
D’un côté la finance, de l’autre l’Amérique des chèques modestes. Tout est dit, ou presque.
Le 20 janvier 2021, Joe Biden devient officiellement le 46e président des États-Unis. Il arrive avec un avantage peu commun : la majorité dans les deux chambres du Congrès. La Chambre des représentants est alors présidée par Nancy Pelosi, 80 ans, une femme de sa génération.
À ses côtés, la vice-présidente Kamala Harris, 56 ans, née d’un père jamaïcain et d’une mère tamoule originaire d’Inde. Les démocrates en font le visage d’une élection qu’ils présentent comme porteuse d’espoir.
Barack Obama, lui, choisit l’ironie : « Avec Joe et Kamala, vous n’aurez pas à vous soucier des trucs fous qu’ils pourraient dire chaque jour. Ce sera tout simplement moins épuisant. »
Pour une grande partie de l’Amérique comme pour le reste du monde, au-delà des divergences politiques, l’arrivée de « Joe » au pouvoir promettait d’abord le calme.
Une sortie ratée, mais un électorat intact
En refusant obstinément sa défaite, Donald Trump a raté sa sortie. Il avait pourtant de quoi partir la tête haute.
Avec 74 millions de voix, il fait mieux que lors de sa victoire de 2016. Pour un président battu, c’est considérable. Cela montre surtout qu’une large part de l’Amérique n’a jamais cessé de croire en lui, malgré la crise sanitaire et l’hostilité des grandes entreprises.
C’est aussi le signe d’une fracture profonde dans la société américaine, qui ne se refermera pas de sitôt.
Une question revient sans cesse : Donald Trump aurait-il été réélu si le coronavirus n’avait pas frappé la première puissance mondiale, où il a fait plus de 300 000 morts ? Les historiens n’ont pas fini d’en débattre.
L’ancien homme d’affaires, lui, n’a aucun doute là-dessus.
Et l’histoire ne s’est pas arrêtée en 2020. Quatre ans plus tard, en novembre 2024, Donald Trump a remporté à nouveau la présidentielle, puis il est revenu à la Maison Blanche le 20 janvier 2025 comme 47e président des États-Unis.
(Crédit photo : POOL / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)


