Philippe lâché par les siens ?

Résumé IA
Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, 74 % des sympathisants de droite et du centre réclament une primaire pour désigner un candidat unique à la présidentielle. Bruno Retailleau arrive en tête chez ces électeurs avec 62 % d’opinions favorables, devant Édouard Philippe (59 %), tandis que 81 % des proches d’Horizons soutiennent cette compétition, en décalage avec leur chef qui la refuse.
La droite réclame une primaire, et elle a déjà choisi son favori.
Même chez Horizons, le parti d’Édouard Philippe, on veut que les électeurs tranchent.
Une base qui exige l’union
Le message est clair. Il vient d’en bas.
Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro publié jeudi, 74 % des sympathisants de droite et du centre se disent favorables à une primaire pour désigner un candidat unique à l’élection présidentielle. Les trois quarts. Ce n’est plus une tendance, c’est une exigence.
L’enquête a été menée juste après les appels lancés par Gabriel Attal, patron de Renaissance, et par Bruno Retailleau, président des Républicains. Tous deux veulent organiser une compétition pour éviter un scénario que beaucoup redoutent : une droite et un centre éliminés dès le premier tour.
L’idée dépasse largement les frontières du bloc central. 60 % de l’ensemble des Français y sont favorables.
Une majorité nette, donc, qui voit dans la primaire un moyen de remettre de l’ordre dans un camp éparpillé.
Le paradoxe Philippe
C’est le chiffre qui dérange le plus à Horizons.
Édouard Philippe refuse toujours une primaire. Or ce sont précisément ses propres sympathisants qui se montrent les plus enthousiastes : 81 % des proches d’Horizons y sont favorables. Ils devancent ceux de LR (79 %) et ceux de Renaissance (72 %), le parti de Gabriel Attal.
Autrement dit, l’ancien Premier ministre se trouve en décalage avec sa propre base. Il ferme la porte, ses électeurs veulent l’ouvrir.
Reste à savoir jusqu’où doit aller cette compétition. Sur ce point aussi, les sympathisants ont un avis précis. 62 % d’entre eux souhaitent une primaire allant de Gabriel Attal à David Lisnard. Le maire de Cannes, candidat de Nouvelle Énergie, avait claqué la porte de LR au printemps, après le refus du parti d’organiser une primaire. Le voilà désormais intégré, dans l’esprit des électeurs, au périmètre naturel de l’union.
Les limites, elles, sont tracées sans ambiguïté.
Raphaël Glucksmann, vainqueur en octobre de la primaire de la gauche ? Rejeté par 61 % des sympathisants. Éric Zemmour, président de Reconquête ? Écarté par 60 % d’entre eux.
Ni la gauche, ni Reconquête. La base dessine un rassemblement allant du centre à la droite, et rien au-delà.
Retailleau, le choix de la droite
Sur l’ensemble des Français, le classement reste serré. Édouard Philippe apparaît comme le candidat favori de cette primaire avec 39 % d’opinions favorables, devant David Lisnard (37 %), Bruno Retailleau (35 %), Gabriel Attal (34 %) et Christine Lagarde (32 %).
L’ancienne ministre vient d’annoncer son départ anticipé de la présidence de la Banque centrale européenne début février. Elle n’a toutefois pas dit qu’elle se lancerait dans la bataille politique.
Mais une primaire de la droite et du centre ne se joue pas auprès de l’ensemble des Français. Elle se joue auprès de ceux qui iraient voter.
Et là, le paysage change du tout au tout.
Chez les sympathisants de droite et du centre, Bruno Retailleau arrive en tête avec 62 % d’opinions favorables. Il devance Édouard Philippe (59 %) et David Lisnard (58 %). Christine Lagarde suit avec 49 %, devant Gabriel Attal, relégué à 42 %.
Le patron de LR, qui défend une ligne d’autorité et de fermeté, s’impose donc comme la figure préférée de son camp. Celui qui refuse la primaire arrive deuxième. Celui qui l’a réclamée avec lui ferme la marche.
Pour la droite, la leçon est limpide : ses électeurs veulent un candidat unique, désigné par eux, et ils ont déjà une préférence.
À Édouard Philippe, désormais, de dire combien de temps il pourra tenir une position que même ses partisans ne partagent pas.
(Crédit photo : Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)


