Une artiste iranienne condamnée à 74 coups de fouet pour avoir chanté sans voile

Parastoo Ahmadi a été condamnée à 74 coups de fouet pour avoir chanté sans hijab lors d’un concert diffusé en ligne. Le tribunal a également prononcé une interdiction de quitter le territoire contre l'artiste iranienne.
Quentin Gérard 21/06/2026

Parastoo Ahmadi © Capture d'écran YouTube, @Parastoo Ahmadi.
Une très lourde punition. L’artiste iranienne Parastoo Ahmadi a été condamnée à 74 coups de fouet pour s’être produite sans hijab lors d’un concert diffusé en ligne, rapporte Libération. La justice iranienne l’a reconnue coupable d’« atteinte à la décence publique par la production et la publication de contenu vulgaire et immoral en ligne ». Le tribunal de Qom a également prononcé une interdiction de quitter le territoire et une interdiction d’exercer toute activité artistique pendant deux ans. Huit membres de son équipe ont écopé des mêmes peines.
En décembre 2024, la chanteuse de 27 ans avait diffusé sur YouTube un concert de 27 minutes, sans public. Elle y interprétait notamment la chanson patriotique Az Khoone Javanane Vatan ( « Du sang des jeunes de la patrie » ). Durant toute la prestation, elle apparaissait sans voile, alors que son port est obligatoire pour les femmes en Iran.
Trois millions de vues
La vidéo est rapidement devenue virale. Elle a été visionnée près de trois millions de fois. Dans la description du concert, l’artiste expliquait son geste : « Je suis Parastoo, une fille qui veut chanter pour les gens qu’elle aime. C’est un droit auquel je ne pouvais pas renoncer, chanter pour le pays que j’aime si passionnément. » Après la diffusion, elle et ses musiciens ont été arrêtés pendant plusieurs heures avant d’être libérés. Les poursuites judiciaires ont toutefois été maintenues.
Depuis la révolution islamique de 1979, le voile est obligatoire dans l’espace public pour toutes les femmes en Iran, y compris les étrangères. Le non-respect de cette règle peut entraîner des amendes, des peines de prison ou encore la flagellation. Dans ce contexte, le refus du hijab est devenu un symbole de contestation.
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Ce mouvement de résistance s’est renforcé après la mort de Mahsa Amini en 2022. La jeune femme avait été arrêtée par la police des mœurs pour avoir prétendument porté des « vêtements inappropriés ». Battue lors de son interpellation, elle est décédée peu après à l’hôpital. Sa mort a déclenché le mouvement « Femme, vie, liberté », érigé en étendard de la lutte contre les restrictions imposées aux femmes en Iran.

