Je me suis réveillé… et le temps des décisions commençait

Je me suis réveillé avec une impression : les premiers jours d'un gouvernement en disent souvent plus que les grands discours. Ils révèlent les urgences, les priorités… et parfois la méthode.
Dès cette semaine, le nouveau président du gouvernement, Milakulo Tukumuli, s'est rendu à Lifou pour ouvrir le dialogue sur l'un des dossiers les plus sensibles du moment : le blocage des aérodromes de Maré et d'Ouvéa. Plus qu'une simple visite, cette journée a permis de poser un calendrier de travail et une méthode pour tenter de sortir d'une crise qui dure depuis cinq mois. Tous les acteurs s'accordent désormais sur un point : il faut retrouver le chemin du dialogue.
Pendant ce temps, un autre chantier se dessine : celui du logement. Fragilisée par deux années particulièrement difficiles, la SIC affiche encore un déficit et un parc immobilier fortement touché par les conséquences des émeutes de 2024. Pourtant, le bailleur social ne baisse pas les bras et annonce plus de 3 milliards de francs d'investissements sur trois ans pour réhabiliter ses logements plutôt que construire du neuf. Une façon de préparer la reprise tout en répondant aux besoins des familles.
Bonne nouvelle également pour les jeunes en apprentissage. Grâce à un partenariat entre la mairie de Nouméa et la Chambre de métiers et de l'artisanat, les formations pourront reprendre dès la semaine prochaine dans les locaux de l'ancienne école Mauricette Devambez. Un nouveau point de départ pour des centaines d'apprentis dont le centre de formation avait été détruit lors des événements de mai 2024.
L'avenir passait aussi par la santé. À Koné, l'Université de la Nouvelle-Calédonie et le Centre hospitalier du Nord ont organisé une journée de découverte des métiers médicaux et paramédicaux pour les collégiens et lycéens. Une initiative qui répond à une réalité bien connue : le territoire manque de soignants et devra former sa propre relève pour garantir une offre de soins de qualité dans les années à venir.
Dans un autre domaine, les professionnels de l'éco-construction poursuivent leur réflexion sur les matériaux de demain. Bois, chanvre, ouate de cellulose ou encore scories recyclées de Doniambo : autant de solutions locales qui pourraient permettre de bâtir autrement, en conciliant innovation, économie circulaire et adaptation au climat calédonien.
En refermant cette journée, je me suis dit qu'un territoire avance lorsqu'il regarde plus loin que les urgences du moment. Dialoguer, former, rénover, innover… ce sont peut-être des mots simples, mais ce sont souvent eux qui permettent, petit à petit, de reconstruire un pays.
Bref
