Les Loyalistes lancent l'ultime bataille

Les Loyalistes jouent leur va-tout avant le scrutin du 28 juin. À Païta, plusieurs milliers de personnes se sont réunies pour un dernier rendez-vous de campagne placé sous le signe de la sécurité, de l'économie et de la défense du camp républicain.
Un meeting de démonstration de force avant le vote
À quatre jours des élections provinciales, la liste « Les Loyalistes et Le Rassemblement » a voulu frapper un grand coup politique. Ce mercredi 24 juin, dès 17 h 30, l'Arène du Sud, à Païta, a accueilli le grand meeting de fin de campagne conduit par la présidente sortante de la province Sud, Sonia Backes.
Selon les organisateurs, près de 3 500 personnes ont répondu présentes, faisant de ce rassemblement l'un des temps forts de cette campagne électorale.
Le choix du lieu n'est pas anodin. L'Arène du Sud est devenue, au fil des années, un lieu emblématique de la vie politique calédonienne. C'est notamment dans cette enceinte que le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait prononcé un discours le 28 août 2011 devant plusieurs milliers de Calédoniens.
Dans une ambiance de meeting républicain, les candidats ont multiplié les prises de parole pour rappeler les principaux enjeux du scrutin du 28 juin.
L'objectif est clair : mobiliser l'électorat jusqu'à la dernière minute et convaincre les abstentionnistes que le vote provincial pèsera directement sur l'avenir économique et institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.
Ces derniers jours, les différentes personnalités présentes sur la liste ont parcouru le terrain, participant à des rencontres de proximité et à des réunions publiques dans plusieurs communes de la province Sud.
Le sport, la jeunesse, le soutien aux familles et le redressement économique ont été largement évoqués.
Mais deux thèmes ont dominé l'ensemble des interventions : la sécurité et la relance économique.
Sécurité : la priorité affichée des Loyalistes
Depuis les émeutes de mai 2024, la question sécuritaire s'est imposée au centre du débat public.
Cambriolages, dégradations, violences et sentiment d'insécurité occupent désormais une place majeure dans les préoccupations des habitants.
Pour les Loyalistes, aucun redressement économique ne peut intervenir sans un retour durable de l'ordre et de la sécurité.
Le message porté durant ce meeting a été sans ambiguïté.
Les responsables de la liste ont rappelé que de nombreux entrepreneurs avaient vu leurs commerces détruits ou pillés au cours des violences de mai 2024.
Selon eux, la première mission des pouvoirs publics consiste désormais à protéger les personnes, les entreprises et les investissements.
Dans cette optique, plusieurs engagements ont été réaffirmés.
Le dispositif Sud Sécurité serait élargi afin d'aider davantage de particuliers et de commerçants à sécuriser leurs biens.
Les communes pourraient également être accompagnées dans l'amélioration de l'éclairage public et le renforcement de leurs polices municipales.
Les Loyalistes défendent aussi une politique de fermeté face à la délinquance, avec une application plus systématique des sanctions.
La création de cellules d'accueil pour les travaux d'intérêt général au sein de la province Sud et du gouvernement fait également partie des propositions avancées.
Pour le camp républicain, l'impunité favorise la récidive et fragilise le pacte social.
Cette ligne de fermeté a été particulièrement applaudie au cours du meeting.
Relance économique : remettre la machine en marche
L'autre grand axe du discours de fin de campagne concerne l'économie.
Après plus d'une année de crise politique et sociale, la Nouvelle-Calédonie demeure confrontée à une situation économique particulièrement dégradée.
Entreprises en difficulté, investissements en recul et chômage en hausse continuent d'inquiéter les acteurs économiques.
Les Loyalistes estiment qu'il est désormais urgent de restaurer la confiance.
Pour cela, plusieurs mesures fiscales ont été mises en avant.
La liste propose une baisse de l'impôt sur les sociétés, une réforme de la patente et la mise en place d'un cadre fiscal stable sur une période de cinq ans.
L'objectif est de donner de la visibilité aux entrepreneurs et de créer les conditions d'une reprise durable.
La réduction du coût du travail figure également parmi les priorités affichées.
Selon les candidats, la maîtrise de la dépense publique doit permettre de redonner des marges de manœuvre aux entreprises et d'encourager les embauches.
Le discours défendu à Païta repose sur une idée simple : une économie forte nécessite un environnement sécurisé, stable et favorable à l'investissement.
Cette vision s'inscrit dans une ligne politique assumée, mettant en avant le travail, l'entreprise et la responsabilité individuelle comme moteurs du redressement.
Une province Sud décisive pour l'avenir politique calédonien
La province Sud demeure le principal bastion électoral du camp non indépendantiste.
Lors des élections provinciales de 2019, la liste L'Avenir en confiance, conduite par Sonia Backes, avait recueilli 28 802 voix.
Ce résultat lui avait permis d'obtenir 20 des 40 sièges de l'assemblée de province.
Le scrutin du 28 juin sera donc observé avec une attention particulière.
Au-delà du nombre de sièges, c'est l'équilibre politique de la Nouvelle-Calédonie qui se joue dans les urnes.
Le meeting de Païta apparaît ainsi comme un dernier appel à la mobilisation.
Devant plusieurs milliers de sympathisants, Sonia Backes et ses colistiers ont voulu envoyer un message de confiance et de détermination.
Dans un territoire encore marqué par les violences et l'incertitude institutionnelle, les Loyalistes entendent convaincre qu'ils représentent une ligne de stabilité, d'autorité et de relance.
Le verdict appartiendra désormais aux électeurs de la province Sud, appelés à se prononcer le 28 juin lors d'un scrutin qui pourrait redessiner durablement le paysage politique calédonien.
(Crédit photo : capture d'écran page Fadebook "Nina julié")
