Deux jours pour voir la science autrement

Le monde universitaire calédonien ouvre ses portes à une expérience originale. Pendant deux jours, sciences, culture et création vont se rencontrer à Nouméa.
Un festival qui veut rapprocher les savoirs du public
Les 28 et 29 août 2026, l’Université de la Nouvelle-Calédonie accueillera la première édition du Festival Kaléidoscope.
L’événement entend réunir, pendant deux journées, des publics qui ne se croisent pas toujours.
Chercheurs, artistes, étudiants, scolaires et citoyens seront invités à partager un même espace.
Le fil conducteur sera simple : « Écouter pour apprendre, partager et transmettre ». Une ambition qui dépasse le cadre strictement universitaire.
Le festival cherche à montrer que la science peut aussi passer par la création, l’expérience et le dialogue. La manifestation est portée par la Direction Science et Société dans le cadre du projet Nebelo, qui signifie « le nautile » en nengone.
Le projet bénéficie du label Science Avec et Pour la Société (SAPS). L’objectif affiché est de favoriser une rencontre directe entre la recherche et la société.
Dans un territoire marqué par la diversité culturelle et générationnelle, cette démarche entend également valoriser différentes manières de transmettre les connaissances.
Écouter les récits, la nature et les autres
Le Festival Kaléidoscope proposera une programmation volontairement variée.
Expositions, expériences immersives, podcasts, spectacles vivants, ateliers participatifs et démonstrations scientifiques seront proposés au fil des deux journées.
L’écoute ne sera donc pas réduite au seul fait d’entendre.
Elle sera abordée comme une manière de comprendre les récits, les cultures, l’environnement, les sciences et les autres.
La programmation s’organisera autour de quatre grandes thématiques. La première portera sur l’écoute, la transmission et les récits. La deuxième s’intéressera à l’écoute sensible et environnementale. La troisième mettra en avant l’écoute interculturelle et intergénérationnelle.
La dernière abordera l’écoute sociale, politique et éthique.
Derrière ces thèmes, le festival veut surtout mettre en avant des projets construits à plusieurs.
Artistes, scientifiques et étudiants ont travaillé ensemble pour concevoir des créations accessibles au public. Parmi les propositions figure « Voix Océaniennes », qui s’appuie sur des podcasts et des enquêtes de terrain consacrés aux récits du Pacifique.
« Microcosmes du Grand Sud » proposera une immersion dans les écosystèmes et la biodiversité calédonienne.
Avec « Ko We Joka », les visiteurs pourront explorer les questions liées aux identités et aux transmissions culturelles.
« Élixir des Eaux Claires » proposera quant à lui un récit autour de l’eau, de la santé et des risques environnementaux.
Le projet « Tr@jectoire Micro-Monde » emmènera le public vers l’univers des micro-organismes et des vibrations.
Autre approche : « Dessiner la science », qui associera création graphique et recherche scientifique.
« Lumière en partage » fera dialoguer phénomènes lumineux, arts visuels et sciences physiques.
Le projet « Interstice interculturel » s’intéressera aux dynamiques interculturelles. Il cherchera notamment à créer des espaces d’écoute et de dialogue entre communautés.
L’objectif affiché est de réfléchir au vivre-ensemble et à la reconnaissance mutuelle. Enfin, « Audaciter » proposera une expérience musicale centrée sur la voix, l’écoute et l’acoustique.
Cette diversité constitue l’une des particularités du festival. Il ne s’agit pas uniquement de présenter des travaux scientifiques. Il s’agit aussi de permettre au public de voir, entendre, expérimenter et échanger.
Une journée pour les scolaires, une autre pour le grand public
Le programme ne se limitera pas aux projets sélectionnés.
Des expositions artistiques, des ateliers participatifs, des chorales, des spectacles vivants et des expériences sonores compléteront la programmation.
Des démonstrations scientifiques seront également proposées. Des espaces d’échange permettront au public de rencontrer les participants et de découvrir les différentes démarches.
Parmi les rendez-vous annoncés figure notamment l’exposition de l’artiste Nicolas Molé, intitulée « Drenge Ju ! ».
Cette proposition mêlera arts plastiques et création numérique. Le public pourra également participer à l’atelier « Écouter, voir, créer », proposé par FédéSciences.
L’atelier permettra notamment de découvrir que le son est une vibration invisible et que la musique produit des effets perceptibles.
Une scène ouverte réunira également chants, danses et performances artistiques. Le vendredi 28 août sera principalement consacré aux scolaires et à la communauté universitaire.
Un parcours de découverte sera spécialement proposé aux élèves. L’objectif sera de leur permettre d’aborder les sciences et la création sous un angle différent de celui de la salle de classe.
Le samedi 29 août sera davantage tourné vers le grand public. Les visiteurs pourront alors assister aux présentations, découvrir les démonstrations et rencontrer les porteurs des différents projets.
Deux journées qui misent donc sur la proximité plutôt que sur un discours scientifique réservé aux spécialistes.
À travers cette première édition, l’Université de la Nouvelle-Calédonie entend installer un rendez-vous où la recherche, la culture et la société peuvent se parler directement.
Une manière aussi de rappeler que la transmission des savoirs ne passe pas uniquement par les amphithéâtres.
Elle peut aussi passer par une exposition, une voix, une expérience scientifique, une chanson ou une rencontre.
À Nouméa, le Festival Kaléidoscope fera ainsi de l’écoute le point de départ d’un dialogue entre les disciplines et les générations.
Les 28 et 29 août, la science sortira donc de ses cadres habituels pour aller à la rencontre du public.
(Crédit photo : Université de la Nouvelle-Calédonie)

