Économie en chute : ces territoires qui décrochent

L’année 2025 confirme une réalité que beaucoup refusent encore de regarder en face : les territoires ultramarins ne peuvent plus dépendre massivement des importations alimentaires. Le dernier rapport de l’IEOM met en lumière une priorité stratégique claire : produire localement pour renforcer la résilience économique.
Dans un contexte international instable, marqué par la hausse des coûts énergétiques, la question de la souveraineté économique n’est plus un slogan, mais une nécessité concrète. L’autonomie alimentaire devient un levier central de stabilité et de pouvoir d’achat.
Première réalité : développer la production locale n’est plus une option
L’IEOM insiste sur un point fondamental : agriculture, élevage, pêche et aquaculture doivent être renforcés. Ce n’est pas un projet idéologique, mais une réponse directe à la vie chère qui affecte les populations.
Aujourd’hui, une grande partie de la consommation alimentaire repose sur des importations coûteuses. Cette dépendance fragilise les ménages et expose les territoires aux chocs extérieurs.
Produire localement permet de réduire les coûts, de sécuriser l’approvisionnement et de créer de l’emploi. Une logique que la métropole elle-même redécouvre.
Dans les collectivités du Pacifique, cette orientation devient urgente. Les marges de manœuvre existent, les ressources sont identifiées, mais leur mobilisation reste un enjeu clé.
Le rapport rappelle que la souveraineté alimentaire est aussi une question de résilience économique. Une dépendance excessive aux importations constitue un facteur de vulnérabilité structurelle.
Deuxième constat : des économies ultramarines à deux vitesses
L’année 2025 illustre une divergence marquée entre les territoires.
En Nouvelle-Calédonie, la situation reste dégradée. Les événements de 2024 ont laissé des traces durables et l’économie demeure fragilisée par les incertitudes institutionnelles.
Sans visibilité, la confiance des acteurs économiques reste limitée. Les investissements ralentissent et la reprise peine à s’installer.
À l’inverse, la Polynésie française affiche une dynamique plus favorable. Le climat des affaires s’améliore et une majorité d’entreprises constate une progression de son activité, portée notamment par le tourisme et un marché du travail dynamique.
Ce contraste met en évidence un facteur déterminant : la stabilité institutionnelle favorise la croissance et l’investissement.
Wallis-et-Futuna connaît, de son côté, une pression accrue sur les prix alimentaires. Bien que l’inflation globale reste modérée, cette hausse ciblée affecte directement le pouvoir d’achat des ménages.
Troisième enjeu : énergie et inflation, des pressions durables
Le rapport souligne une réalité souvent sous-estimée : les tensions internationales ont un impact direct sur les économies ultramarines.
La hausse des prix des hydrocarbures pèse sur l’ensemble des coûts : transport, production et consommation. En conséquence, les perspectives de croissance à court terme sont fragilisées et les risques inflationnistes persistent.
Dans ce contexte, la transition énergétique apparaît comme un levier économique majeur. Réduire la dépendance aux énergies importées permettrait de mieux maîtriser les coûts et de renforcer l’autonomie des territoires.
Certains territoires ont déjà engagé cette évolution, démontrant une capacité d’adaptation réelle. L’enjeu réside désormais dans l’accélération et la pérennisation de ces investissements.
L’IEOM joue un rôle central dans cet environnement incertain.
L’institution intervient à plusieurs niveaux : analyse économique, soutien au financement, surveillance du système bancaire et accompagnement des ménages.
En 2025, son action se traduit notamment par la mise en circulation de 61 millions de billets, témoignant d’une activité monétaire soutenue.
Elle a également traité 507 dossiers de surendettement, illustrant les difficultés persistantes de certains foyers.
Par ailleurs, 4 822 entreprises ont été cotées, contribuant à une meilleure transparence économique. Une baisse de 100 points de base des taux directeurs a été mise en œuvre afin de soutenir l’activité.
Enfin, l’IEOM a publié 76 analyses économiques, confirmant son rôle d’appui à la décision.
Au-delà des chiffres, une conclusion s’impose : les Outre-mer disposent d’atouts réels, mais leur marge d’adaptation reste contrainte par des dépendances structurelles.
L’autonomie alimentaire, la stabilité institutionnelle et la transition énergétique ne relèvent pas d’une orientation idéologique.
Elles constituent des conditions essentielles pour renforcer la résilience économique et protéger les populations. Ignorer ces enjeux, c’est prolonger les fragilités. Les anticiper, c’est préparer l’avenir.
(Crédit photo : capture d'écran IEOM)
