Je me suis réveillé… entre devoir citoyen et réalité brûlante

Je me suis réveillé dimanche matin.
J’ai regardé l’heure. 5 h 30.
J’ai compris.
C’était le jour J.
Je me suis levé tôt. Trop tôt.
Parce que voter à 8 h, c’est sérieux.
Parce que les élections provinciales, ça ne rigole pas.
Parce que tout le monde dit que c’est important.
J’ai pris mon café.
J’ai regardé les infos.
Et là… j’ai vu que, dans la nuit, ça avait brûlé.
Une mairie.
Un bureau de vote.
Des pierres.
Un incendie.
Des jeunes.
De l’alcool.
Des dégâts.
La veille du scrutin.
Je me suis dit : ça commence bien.
Ils ont déplacé le bureau.
Improvisé.
Réorganisé.
Comme on peut.
Parce qu’il faut que ça vote quand même.
Parce que 192 000 électeurs, ça ne s’arrête pas pour quelques flammes.
J’ai soufflé.
Je me suis habillé.
Je me suis dit que moi, au moins, j’allais y aller.
Dans ma tête, ça tournait.
23 listes.
Un seul tour.
Des seuils.
Des provinces.
Des promesses.
Toujours les mêmes mots.
Avenir. Pays. Souveraineté.
Je suis sorti.
Il faisait encore sombre.
Calme. Trop calme.
Comme avant quelque chose.
Je marchais.
Je pensais à ceux qui cassent.
À ceux qui votent.
À ceux qui s’en foutent.
Je me suis dit que tout le monde parle de démocratie,
mais que personne ne la vit pareil.
J’ai regardé ma carte.
Pas obligatoire.
Mais symbolique.
Un peu comme le reste.
J’ai attendu 8 h.
Devant le bureau.
Avec d’autres.
Silencieux.
Chacun dans sa bulle.
Chacun avec ses doutes.
J’ai voté.
Simple. Rapide.
Un papier. Une enveloppe. Une signature.
Et puis c’était fini.
Je suis sorti.
Le soleil commençait à se lever.
Comme si de rien n’était.
Je me suis dit que j’avais fait ma part.
Que ça allait changer quelque chose.
Ou pas.
Je suis rentré chez moi.
J’ai rallumé les infos.
Ils parlaient déjà des résultats à venir.
Moi, j’étais juste fatigué.
Bref.

