LFI : Jean-Luc Mélenchon visé par une plainte pour apologie du terrorisme

Le tribun insoumis est à son tour visé par une plainte pour apologie du terrorisme. Trois victimes françaises des attaques du 7-Octobre 2023 estiment que le leader de LFI a cherché à remettre en cause le caractère terroriste des actes du Hamas.
Audrey Senecal 01/07/2026

Jean-Luc Mélenchon. SIPA / © Stephane Lemouton
Après Mathilde Panot, Danièle Obono et Rima Hassan, Jean-Luc Mélenchon est désormais visé par une plainte pour apologie du terrorisme. En cause : une déclaration le 25 juin dernier lors d’un rassemblement organisé devant le tribunal judiciaire de Paris en soutien au militant d’extrême gauche et porte-parole de Révolution permanente, Anasse Kazib. Lors de cette manifestation, le tribun avait notamment contesté l’inscription dans le droit pénal de la notion « d’apologie du terrorisme » décidée pendant le quinquennat Hollande.
À lire aussi«Vous avez un joli sourire» : le maire LFI Bally Bagayoko accusé de sexisme après une remarque à une élue
Cela « peut faire croire qu’en effet, il y aurait parmi nous des gens qui se réjouiraient du terrorisme, à supposer que les actes dont on parle soient bien du terrorisme », avait déclaré le candidat à la présidentielle en référence aux attaques du 7-Octobre. De quoi faire bondir trois victimes françaises de l’assaut du Hamas en 2023. Deux survivants du festival de techno Nova et un policier, hors service à ce moment-là, touché par cinq balles lors de cette journée funeste, se sont offusqués des propos du leader de LFI. Cette déclaration « vise à annuler le caractère criminel des actes commis le 7-Octobre pour leur donner la coloration de faits de résistance », a dénoncé leur avocat, Nathanaël Majster, dans la plainte consultée par l’AFP.
Une information judiciaire close
Selon lui, ce « procédé constitue le délit d’apologie du terrorisme : transformation d’un crime en son contraire, sa transmutation en objet d’admiration assumé et la tentative de faire partager cette admiration et cet assentiment donné au crime par le plus grand nombre. » Et d’ajouter : « Les violences terroristes ne sont jamais acceptables, quelles que soient les victimes ou les circonstances. Les justifier un jour, c’est les justifier toujours. Permettre à un seul de le faire, c’est l’autoriser à tous. »
À lire aussiLFI : retour sur une décennie de radicalisation de Mélenchon
Cette plainte intervient quelques semaines seulement après la clôture de l’information judiciaire ouverte sur les assistants parlementaires européens de La France insoumise. Après près de huit ans d’enquête sur l’utilisation des crédits du Parlement européen destinés aux collaborateurs d’eurodéputés, les juges d’instruction ont mis un terme à leurs investigations sans prononcer la moindre mise en examen, y compris à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon.
L’information judiciaire, ouverte en novembre 2018 pour notamment des soupçons de détournement de fonds publics, visait à déterminer si certains assistants rémunérés par le Parlement européen avaient en réalité exercé des missions pour le mouvement politique. Seuls deux anciens assistants parlementaires conservent le statut de témoins assistés. La France insoumise avait alors estimé que cette décision « confirme ce que nous soutenons depuis l’origine : à aucun moment, il ne pouvait nous être reproché la moindre infraction dans ce dossier ». Le mouvement avait également souligné qu'« après huit années d’enquête approfondie […], aucun des juges d’instruction qui se sont succédé n’a estimé qu’il existait des éléments justifiant une mise en examen ».

