Je me suis réveillé, Nouméa vivait deux réalités

Je me suis réveillé dimanche.
J’ai regardé mon téléphone.
J’ai compris que j’avais déjà raté un truc.
Hier matin, Nouville.
Kuendu Beach.
Un faré en feu.
Pas un petit feu.
Un truc qui part en fumée en quelques minutes.
Le vigile fait sa ronde.
6h : rien.
7h13 : rien.
7h30 : fumée.
Logique.
Les pompiers débarquent.
Rapides.
Efficaces.
Mais le faré, lui…
terminé.
Structure en paille.
Donc en gros, une allumette géante.
Ça aide pas.
Ils sauvent le deck.
Le resto.
Les soirées.
Le business survit.
Le reste, non.
Enquête ouverte.
Cause inconnue.
Des jeunes alcoolisés sur la plage.
Mais rien à voir.
Évidemment.
Pendant ce temps-là, en ville.
Place des Cocotiers.
Des stands.
Des familles.
Du lien social.
On fait comme si tout allait bien.
Des gamins découvrent des activités.
Des assos sourient.
On parle de vivre ensemble.
Ça dure jusqu’à 17h.
Après, chacun rentre chez soi.
À côté, Nouville encore.
Salon du tourisme.
Des gens motivés.
Des prestataires qui espèrent.
Beaucoup moins de monde… mais plus sérieux.
On vend du rêve.
Du Nord.
Des îlots.
Des séjours.
Comme si tout le monde pouvait partir.
Des étudiants aussi.
Ils veulent partir loin.
Australie. Canada.
Criminologie.
Parce qu’ici, y a pas tout.
Et puis du sport.
Des enfants.
Des parents.
Des jeux.
Du soleil.
Une matinée parfaite.
Et moi, je regarde tout ça.
Le feu.
Les fêtes.
Les projets.
Les illusions.
Tout s’enchaîne.
Tout cohabite.
Tout continue.
Un faré brûle.
Une ville sourit.
Des gens espèrent.
Moi, je bois mon café.
Et je me dis que ça résume bien la journée d’hier.
Bref.

