Gouvernance : l’Éveil océanien choisit la stabilité, les indépendantistes hors-jeu

Les Loyalistes, le Rassemblement et l’Éveil océanien convient la presse ce jeudi matin au congrès pour évoquer la mise en place des institutions. Derrière cette formule prudente se joue en réalité l’annonce d’un accord de gouvernance qui clarifie enfin le paysage calédonien, et renvoie le camp indépendantiste à ses scores réels.
Un rendez-vous qui ne laisse guère planer le doute
La convocation est tombée ce mercredi. Demain, jeudi 9 juillet à 8h30, en petite salle des commissions du congrès de la Nouvelle-Calédonie, les trois formations recevront les journalistes pour parler installation des institutions. Personne, dans le microcosme politique, ne s’y trompe : il s’agit bel et bien de sceller une majorité de gouvernance entre l’Éveil océanien, les Loyalistes et le Rassemblement. La démarche peut sembler étrange au premier abord. Elle devient limpide dès lors qu’on rappelle qu’il n’existait, au fond, que deux issues possibles.
Deux scénarios, une seule voie réellement viable
Première hypothèse : l’Éveil océanien s’alliait aux indépendantistes pour bâtir une majorité, et emportait avec elle le congrès et le gouvernement. Seconde hypothèse : il construisait cette même majorité avec les Loyalistes et le Rassemblement, avec le même bénéfice institutionnel à la clé. Or le premier scénario supposait l’accord du Palika, loin d’être acquis au regard de ce qui vient de se jouer en province Nord. Pour aller vers une solution durable, l’Éveil océanien a donc tranché en faveur de la stabilité.
On retrouvera logiquement, dans ce pacte, les réformes pour lesquelles les Loyalistes et le Rassemblement se sont engagés lors des provinciales qui viennent d’avoir lieu. Et, tout aussi logiquement, une partie des mesures portées par l’Éveil océanien.
Une présidence issue de la coalition dès vendredi
La mécanique s’oriente donc vers une majorité Éveil océanien, Rassemblement, Les Loyalistes, qui devrait déboucher, ce vendredi, sur l’élection d’un président du congrès issu de ses rangs, puis d’un président du gouvernement émanant de la même coalition. Pour les indépendantistes, c’est une douche froide. Persuadés de renverser la province Sud et de reconquérir une majorité leur permettant d’affirmer que leur projet était devenu majoritaire en Nouvelle-Calédonie, ils se retrouvent aujourd’hui marginalisés, ramenés aux scores réels de leurs différentes formations. Reste cette clé de répartition qui continue de leur offrir un avantage que les urnes ne leur ont jamais réellement accordé.
La relance économique, seule boussole crédible
La scène politique est désormais clarifiée. Pour combien de temps ? L’avenir le dira. Mais compte tenu de la situation économique du territoire, les objectifs de relance s’imposent en priorité au regard des grandes orientations budgétaires. On peut donc tabler sur une forme de trêve, que les indépendantistes du FLNKS ne verront évidemment pas du même œil et qui les maintiendra, très probablement, dans une opposition stérile.
La logique de cette alliance est pourtant implacable. L’Éveil océanien porte des mesures sociales. Or, pour les financer, il faut de l’argent ; pour avoir de l’argent, il faut relancer l’économie. Une alliance avec le FLNKS n’aurait permis ni cette relance ni, par ricochet, le financement de la moindre réforme sociale. En rejoignant les Loyalistes et le Rassemblement, l’Éveil océanien se donne au contraire les moyens de tenir ses engagements.
La moins pire des solutions
En s’appuyant désormais sur la province Sud, sur les communes du Grand Nouméa, sur le congrès et sur le gouvernement, cette coalition dispose d’une majorité forte, en capacité de se mettre au travail. Les termes précis de l’accord ne seront connus que demain, mais ses grandes lignes tourneront à l’évidence autour de la relance.
Le résultat est finalement celui auquel on pouvait s’attendre : le bon sens semble avoir repris le pas sur la politique en Nouvelle-Calédonie. Restera à observer l’installation concrète de ces institutions et, surtout, à demeurer très vigilant sur la réalisation des engagements pris pendant la campagne.

