Le Rassemblement s'installe au Congrès

Virginie Ruffenach a été élue présidente du Congrès de la Nouvelle-Calédonie dès le premier tour du scrutin, ce jeudi. Portée par l'alliance formée entre Les Loyalistes, le Rassemblement et L'Éveil océanien, la cheffe de file du Rassemblement l'a emporté avec 28 voix, contre 26 à Dominique Fochi, candidat de l'UC/FLNKS. Un résultat qui installe la droite loyaliste à la tête de l'assemblée délibérante et confirme l'assise de la majorité née des dernières élections provinciales.
Une élection pliée dès le premier tour
Il n'aura fallu qu'un seul tour pour départager les deux candidats. Avec 28 voix, Virginie Ruffenach s'appuie sur l'union bâtie entre Les Loyalistes et le Rassemblement, à laquelle s'ajoute le renfort de L'Éveil océanien, partenaire de la « majorité de reconstruction et de relance » revendiquée par la nouvelle présidente. Ces 28 voix constituaient, à elles seules, la majorité absolue de l'hémicycle. L'issue du vote ne faisait donc guère de doute.
En face, Dominique Fochi rassemble 26 voix. Un score qui traduit un rapprochement de circonstance au sein du camp indépendantiste, sans pour autant peser sur le résultat final.
Le vote de l'UNI, un camouflet sans effet
C'est peut-être le fait politique le plus commenté de cette séance. L'UNI n'a pas présenté de candidat et a choisi de reporter ses voix sur Dominique Fochi, le candidat de l'UC/FLNKS. Un geste qui ressemble à un camouflet adressé à la majorité loyaliste, mais dont la portée reste avant tout symbolique.
Car l'arithmétique était déjà scellée : l'union des Loyalistes et du Rassemblement portait 28 voix, soit la majorité. En apportant son soutien à l'UC une fois l'élection acquise, l'UNI n'a rien changé au rapport de force. Le camp indépendantiste affiche une unité de façade au moment précis où celle-ci ne pouvait plus rien inverser.
Ruffenach tend la main aux indépendantistes
Dans un discours de prise de fonction empreint d'émotion, Virginie Ruffenach a dit mesurer « l'honneur qui m'est fait, mais plus encore la responsabilité qui m'incombe au moment où notre territoire traverse l'une des périodes les plus difficiles de son histoire récente ».
La présidente a tenu à s'adresser directement aux élus indépendantistes de l'assemblée. « J'ai le plus grand respect pour celles et ceux qui portent des convictions différentes des miennes et je suis attachée à ce que chacun puisse s'exprimer librement », a-t-elle déclaré, avant de plaider pour une méthode de travail par-delà les clivages : « Nos convictions diffèrent profondément sur l'avenir institutionnel, c'est une réalité. Mais cette réalité ne nous empêche pas de nous respecter, de nous écouter et de travailler ensemble lorsque l'intérêt général l'exige. »
Fidèle à son engagement, elle a cité le manifeste du Rassemblement, fondé en 1977 : « Si nous savons nous rassembler sur l'essentiel et oublier les vaines querelles du passé, si nous savons donner le pas aux forces qui nous unissent sur celles qui nous divisent (…) nous relèverons ensemble le défi calédonien. » Une référence qu'elle décrit comme « l'ADN du mouvement » auquel elle a « toujours appartenu ».
Un cap : stabilité et redressement
Au-delà de la main tendue, la nouvelle présidente a fixé un cap. « Notre ambition est claire : remettre notre territoire sur le chemin du redressement », a-t-elle affirmé, appelant à « reconstruire nos outils économiques, réparer notre tissu social et restaurer la confiance ».
À l'approche des échéances nationales de 2027, qui « rendent les perspectives incertaines », Virginie Ruffenach veut faire du Congrès « un îlot de stabilité, capable d'agir, de décider et de tracer une perspective d'avenir ». Un message assumé au moment où l'instabilité institutionnelle pèse sur le quotidien des Calédoniens.
La présidente a enfin insisté sur l'attente des habitants : « Les Calédoniens n'attendent pas de nous que nous soyons d'accord sur tout. Ils attendent de nous que nous soyons capables d'agir. » Et de conclure : « Ils n'attendent pas de nous des postures. Ils attendent des résultats. »
Une majorité désormais aux commandes
Avec l'élection de Virginie Ruffenach à la présidence du Congrès, le Rassemblement et ses alliés loyalistes verrouillent une position clé de l'échiquier institutionnel calédonien. La séquence confirme la solidité d'une majorité qui, provinciales après provinciales, s'est structurée autour de l'union des non-indépendantistes et du renfort de L'Éveil océanien.
Reste désormais à transformer l'essai. Entre la promesse de stabilité et l'exigence de résultats affichée dans son discours, la nouvelle présidente sait qu'elle sera attendue sur les actes, dans un territoire où la reconstruction économique et sociale reste le premier des chantiers.

