Je me suis réveillé… et le Congrès tournait sans moi

Je me réveille dimanche matin.
Il fait déjà chaud.
Et j’ai l’impression d’avoir raté un truc.
En fait, non.
C’est juste l’actu.
À Canala, ils ont changé la fête.
Plus de mandarine.
Maintenant, c’est un marché des fruits.
Version budget serré.
Version débrouille.
Mais les gens sont contents.
Ils vendent.
Ils sourient.
Ils encaissent.
À Boulouparis, c’est l’inverse.
On célèbre la France.
Avec du cochon au four.
Et une tarte aux cerises.
Les Wallisiens gagnent.
La République valide.
À Nouméa, ça bouge aussi.
Marché.
Artisans.
Animations.
Un week-end presque normal.
Presque.
Parce qu’à Houaïlou, un homme meurt.
Sortie de route.
21 h 45.
Fin de l’histoire.
Ça fait 11 morts cette année.
Et ça, personne ne fête.
À Nouméa encore, un immeuble est évacué.
Ascenseur qui fume.
Pas de flammes.
Juste la panique.
Classique.
Pendant ce temps, les politiques s’installent.
Nouvelles commissions.
Nouveaux présidents.
Beaucoup de sièges.
Beaucoup de titres.
Et toujours les mêmes problèmes.
En métropole, ça brûle.
L’Espagne compte ses morts.
Des incendies incontrôlables.
Des gens piégés.
Des consignes ignorées.
La France, elle, fond.
Canicule.
Vigilance rouge.
22 millions de personnes.
Et des feux d’artifice annulés.
Même la fête nationale transpire.
Mais tranquille.
La politique continue.
Marine Le Pen condamnée.
Mais en campagne.
Comme si de rien n’était.
Comme si tout allait bien.
Et puis le sport.
Parce qu’il faut respirer.
France – Espagne en demi-finale.
Revanche.
Encore.
Tour de France.
Pogacar devant.
Comme d’habitude.
Wimbledon.
Des finales.
Des balles.
Des silences.
Et moi, je suis là.
Avec mon café.
À regarder un monde qui s’agite.
Qui brûle.
Qui fête.
Qui vote.
Qui roule trop vite.
Et qui continue.
Bref.

