LFI veut une indépendance de la Nouvelle-Calédonie au 1er janvier 2028

Dans un entretien accordé au média du groupe Dang, Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale, présente le projet porté par son mouvement pour la Nouvelle-Calédonie. LFI propose qu'en cas d'arrivée au pouvoir de Jean-Luc Mélenchon, la Kanaky-Nouvelle-Calédonie puisse accéder à l'indépendance au 1er janvier 2028, dans le cadre d'un accord d'association avec la France.
Cette proposition intervient alors que trois référendums d'autodétermination ont déjà été organisés entre 2018 et 2021 en application de l'Accord de Nouméa. À chacune de ces consultations, le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la République française est arrivé en tête, même si le troisième scrutin a été boycotté par une grande partie des formations indépendantistes.
Un nouveau processus proposé par LFI
Mathilde Panot explique que La France insoumise souhaite organiser un référendum national en septembre 2027, avant un référendum local en décembre 2027.
Selon elle, ce vote permettrait d'approuver à la fois l'indépendance et un accord d'association avec la France. Le calendrier présenté conduirait à une entrée en vigueur de cette indépendance le 1er janvier 2028.
LFI estime que le futur État souverain pourrait ensuite déterminer les compétences qu'il souhaite exercer immédiatement et celles qu'il préférerait laisser provisoirement à la France.
Un État associé avec des compétences transférées progressivement
La députée évoque notamment la défense et la justice comme exemples de compétences pouvant être transférées progressivement afin d'accompagner la montée en puissance des institutions du futur État.
Elle estime également que la France devrait continuer à soutenir financièrement le territoire durant cette période, notamment pour accompagner le secteur du nickel, les entreprises et les politiques sociales.
Une lecture critique des institutions actuelles
Au cours de cet entretien, Mathilde Panot revient également sur les poursuites engagées après les violences de 2024. Elle se réjouit du non-lieu concernant plusieurs militants qu'elle qualifie de « prisonniers politiques » et estime que leur éloignement vers l'Hexagone relevait d'une logique coloniale. Elle considère également qu'ils devraient bénéficier d'une réparation.
La députée juge enfin que le rééquilibrage engagé depuis les accords politiques successifs n'a pas atteint ses objectifs, notamment en matière de formation des cadres, et estime que cette question devra être intégrée aux futures discussions institutionnelles.
Une proposition qui s'inscrit dans un débat déjà tranché par trois consultations
Avec cette prise de position, La France insoumise remet sur la table un projet d'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, alors que les électeurs ont déjà été appelés à se prononcer à trois reprises entre 2018 et 2021 sur l'accession du territoire à la pleine souveraineté. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon propose toutefois d'ouvrir un nouveau processus politique reposant sur un référendum national suivi d'un référendum local, avec un objectif affiché d'indépendance au 1er janvier 2028.

