«Tourner la page de l’histoire coloniale» : LFI souhaite l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie dès 2028

Dans un communiqué publié ce samedi, la patronne des Insoumis à l'Assemblée nationale Mathilde Panot a fait savoir que son parti proposera un référendum national et local sur le sujet, si Jean-Luc Mélenchon arrive au pouvoir en 2027.
Gautier Cruchaudet 12/07/2026

Mathilde Panot à Paris, le 11 juin 2026. Hans Lucas via AFP / © Eric Broncard / Hans Lucas /
Sur l’épineux dossier de la Nouvelle-Calédonie, LFI a le mérite de la clarté. Dans le cadre de son programme présidentiel, le parti de gauche radicale défend l’indépendance de l’archipel français du Pacifique. Dans un communiqué publié ce samedi, Mathilde Panot, patronne des Insoumis à l’Assemblée nationale, a fait savoir que son camp mettrait sur la table un référendum national sur le sujet, devant ouvrir la voie à un référendum local, qui permettrait à la Nouvelle-Calédonie d’obtenir son indépendance « au 1er janvier 2028 ».
« La Kanaky-Nouvelle-Calédonie, comme État souverain, pourra décider elle-même de ses interdépendances et de quelles compétences elle laisserait à un autre État souverain qu’est la France », peut-on lire dans ce document. Cette semaine, Mathilde Panot et son collègue Bastien Lachaud ont effectué un déplacement en « Kanaky-Nouvelle-Calédonie » – le terme « Kanaky » est le nom donné à la Nouvelle-Calédonie par les indépendantistes kanaks –, d’où elle a rappelé le soutien de LFI aux indépendantistes.
Stratégie électorale
Auprès du média local Nouvelles Calédoniennes, elle a souligné l’importance de l’ancrage local de son parti en vue de l’élection présidentielle de 2027. « Si les indépendantistes s’emparent du scrutin présidentiel, il y a, nous le voyons, des voix qui n’étaient pas celles qui s’étaient reportées la dernière fois sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon », a-t-elle déclaré. Les 190 000 électeurs de l’archipel constituent un vivier de choix pour le leader insoumis, à qui il n’a manqué que 420 000 voix pour atteindre le second tour du dernier scrutin présidentiel, en 2022.
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De plus, la députée du Val-de-Marne a estimé qu’il était temps de « tourner enfin la page de l’histoire coloniale » de la France, reprenant le vocabulaire tiers-mondiste utilisé par les partisans de l’indépendance, rassemblés sous la bannière du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), depuis les années 1970. Égrenant les problèmes économiques et sociaux et la dégradation des services publics qui touchent la population, Mathilde Panot a déclaré que « tout ça, la France doit le réparer ».
Lors de son meeting d’entrée en campagne à Saint-Denis, le 7 juin dernier, Jean-Luc Mélenchon avait promis « l’indépendance » à la Nouvelle-Calédonie et « l’autonomie étendue » à la Corse. « La prochaine présidence gouvernera » selon « le respect des populations et la volonté de les aider à se libérer de toutes les dépendances et dominations », avait-il lancé.
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En octobre dernier, les parlementaires insoumis s’étaient illustrés en présentant, selon leurs dires, un « barrage » de près de 2 000 amendements lors du vote à l’Assemblée nationale sur le report des élections provinciales, destiné à permettre la mise en œuvre de l’accord de Bougival. Signé le 12 juillet 2025, cet accord prévoit la création d’un État de Nouvelle-Calédonie au sein de la République française. Les indépendantistes du FLNKS l’ont immédiatement rejeté, n’étant favorables qu’à une indépendance pleine et entière du « Caillou ». Les élections provinciales, qui se sont finalement tenues fin juin, ont vu les formations non-indépendantistes gagner du terrain, détenant désormais 24 sièges au Congrès de la Nouvelle-Calédonie contre 26 pour les indépendantistes. Preuve que le sujet déchire toujours l’archipel, depuis les accords de Nouméa de 1998.
