266 diplômés, zéro excuse

Deux cent soixante-six parcours, une même victoire : celle du mérite et de l’effort.
Dans une période troublée pour la Nouvelle-Calédonie, la réussite universitaire envoie un signal fort.
Un moment de fierté collective au cœur de Nouville
Jeudi 16 juillet au soir, le campus de Nouville a pris des allures de cérémonie à l’américaine. Sous les applaudissements nourris des familles, des enseignants et des officiels, 266 diplômés de l’Université de la Nouvelle-Calédonie ont été mis à l’honneur. L’événement marque un tournant, avec un format inédit réunissant les trois grands départements de l’établissement. Droit, économie et gestion, lettres et sciences humaines, sciences et techniques : toutes les filières étaient rassemblées pour célébrer une réussite trop souvent passée sous silence.
Dans un territoire régulièrement marqué par les tensions, cette cérémonie rappelle une évidence trop oubliée : la réussite existe, et elle mérite d’être reconnue. Les étudiants du DEUST Géosciences appliquées et les diplômés de master ont également reçu leurs distinctions dans une ambiance à la fois solennelle et chaleureuse.
La présence des élues provinciales Marie-Jo Barbier et Marie-Laure Ukeiwé a donné une dimension institutionnelle à cet événement, soulignant l’importance stratégique de la formation dans le développement du territoire.
Au-delà des discours, c’est une génération qui s’affirme. Une génération qui travaille, qui persévère et qui refuse de céder au fatalisme. Cette cérémonie incarne une Calédonie qui avance, loin des clichés de crise permanente.
Une jeunesse qui réussit malgré les obstacles
Dans son allocution, la présidente de l’UNC, Catherine Ris, a tenu à rappeler une vérité essentielle :
Face aux défis que rencontre la Nouvelle-Calédonie, rien n’est plus précieux que des femmes et des hommes compétents.
Une déclaration qui sonne comme un rappel à l’ordre dans un débat public souvent focalisé sur les échecs.
Car ces diplômés ne sortent pas d’un parcours ordinaire. Beaucoup ont débuté leurs études en 2024, année marquée par des émeutes qui ont profondément perturbé le fonctionnement du territoire et de l’université. Malgré cela, ils ont tenu. Malgré les crises, ils ont réussi.
Cette réussite n’est pas un hasard. Elle est le fruit du travail, de la discipline et d’un engagement personnel fort. À rebours d’une culture de l’excuse trop répandue, ces étudiants démontrent que l’effort paie encore.
Les témoignages des diplômés eux-mêmes sont sans ambiguïté :
C’est l’aboutissement de tous les sacrifices et de tout le travail fourni.
Une phrase simple, mais qui résume tout.
Dans un contexte où l’on parle souvent de décrochage, de difficultés ou d’échecs, cette promotion vient rappeler une réalité essentielle : la majorité des étudiants qui s’accrochent réussissent. Et cela mérite d’être dit, assumé, valorisé.
Cette jeunesse n’attend pas qu’on lui tende la main. Elle avance, elle construit, elle s’impose par ses compétences. C’est cette France du mérite qui doit être encouragée.
Former pour servir le territoire et éviter la fuite des talents
Au-delà de la célébration, l’enjeu est clair : retenir ces talents sur le territoire. La fuite des cerveaux reste une préoccupation majeure pour la Nouvelle-Calédonie. Pour y répondre, l’UNC adapte ses formations aux besoins concrets du pays.
De nouveaux cursus sont annoncés dans des domaines stratégiques comme la transition énergétique, la décarbonation de l’industrie, les études politiques ou encore l’alimentation. L’objectif est limpide : former localement des compétences utiles localement.
Cette stratégie s’inscrit dans une logique de responsabilité. Former, oui, mais pour répondre aux défis réels du territoire. Former pour agir, pas pour partir.
La présidente de l’université l’a rappelé avec force : « L’éducation est un pouvoir. » Un pouvoir individuel, mais aussi collectif. Car une jeunesse formée est une jeunesse capable de prendre en main l’avenir de son pays.
Dans le gymnase de Nouville, le temps était à la fête. Les questions d’emploi, d’avenir ou de départ restent en suspens. Mais une chose est certaine : ces diplômés ont désormais les clés pour écrire leur propre histoire.
Et dans une Nouvelle-Calédonie en quête de stabilité et de perspectives, cette réussite n’est pas anodine. Elle est même essentielle.
Car derrière chaque diplôme, il y a un message clair : le travail, la persévérance et l’exigence restent les véritables moteurs de la réussite.
(Crédit photo : province Sud)

