Le RN accuse LFI et les Écologistes de s'opposer à la perpétuité pour les violeurs d'enfants

Le Rassemblement national a vivement critiqué deux amendements déposés par La France insoumise et le groupe Écologiste et Social dans le cadre du projet de loi relatif à la protection des enfants. Les deux groupes proposent de supprimer un article créant une nouvelle peine de réclusion criminelle à perpétuité pour certains viols commis sur des mineurs de moins de 15 ans.
Louise Dugast17/07/2026

Les deux groupes proposent de supprimer un article créant une nouvelle peine de réclusion criminelle à perpétuité pour certains viols commis sur des mineurs de moins de 15 ans. AFP / © Quentin de Groeve
Une nouvelle polémique agite l’Assemblée nationale. Le Rassemblement national a accusé vendredi La France insoumise et le groupe Écologiste et Social de s’opposer à la réclusion criminelle à perpétuité pour les violeurs d’enfants, en relayant deux amendements déposés dans le cadre de l’examen du projet de loi relatif à la protection des enfants. « La France insoumise et les Écologistes ne veulent pas de la perpétuité pour les violeurs d’enfants. Ça se passe de commentaire », a écrit le RN sur X. À l’appui de cette publication, le parti cite deux amendements demandant la suppression de l’article 11 du texte.
Le premier, déposé par les députés de La France insoumise (amendement CS1207), vise effectivement à supprimer l’article 11, qui crée une nouvelle peine de réclusion criminelle à perpétuité pour les auteurs de viols commis sur un mineur de moins de 15 ans lorsqu’ils sont en concours avec un ou plusieurs autres viols commis sur d’autres victimes. Dans son exposé sommaire, le groupe LFI estime que cette disposition relève « davantage du populisme pénal que d’une véritable politique de lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants ».
Les députés Insoumis soulignent que le droit pénal prévoit déjà de lourdes sanctions pour les viols aggravés et estiment que « le scandale n’est donc pas celui de l’insuffisance des peines encourues ; il est celui de l’impunité des violences sexuelles faites aux enfants et aux femmes ». Selon eux, la priorité devrait être donnée au recrutement de magistrats, d’enquêteurs, de greffiers et au renforcement des moyens de la justice plutôt qu’à une nouvelle aggravation des peines.
Le second amendement, déposé par Arnaud Bonnet au nom du groupe Écologiste et Social (amendement CS1114), demande lui aussi la suppression de l’article 11. Dans son exposé des motifs, le groupe affirme être « défavorable à l’alourdissement des peines prévu par le présent projet de loi ». Les députés écologistes dénoncent « la surenchère pénale (perpétuité réelle, dérogation aux règles de confusion des peines, limitation des aménagements de peine) », estimant qu’elle « n’a pas de portée dissuasive » et risque même de favoriser « des sorties sèches de prison sans accompagnement et contrôle judiciaire ». Ils appellent plutôt à investir davantage « dans les dispositifs de prévention à l’acte et à la récidive, bien plus efficaces », ainsi que dans les moyens de la justice et de la protection de l’enfance.

