La Dépêche de NouméaLa Dépêche de Nouméa
NouméaChargement...
En direct
L'Actualité locale
Politique
Économie
Société
Coup de gueule
Journée mondiale

Aucun dossier disponible

Le DebriefMémoireTribuneAu-delà du récifSudTVMétéo
La Dépêche de Nouméa

Votre source d'information en Nouvelle-Calédonie. Actualités, politique, économie, sport et culture.

contact@ladepeche.nc
Nouméa, Nouvelle-Calédonie

Rubriques

  • Actualité locale
  • Le Debrief
  • Mémoire
  • Tribune
  • Au delà du récif
  • SudTV

Liens utiles

  • Météo
  • En Direct
  • Régie publicitaire

Abonnement

Recevez toutes les actualités chaque matin dans votre boite mail.

Suivez-nous

© 2026 La Dépêche de Nouméa

Mentions légalesConfidentialitéCookies
0%
AccueilAu delà du récif
Au delà du récif

«Désinformation» : les dessous troublants du rapport du Sénat

19 juillet 2026 à 13:00
3 min de lecture
«Désinformation» : les dessous troublants du rapport du Sénat
Partager
AAAA
Aa

SOUPÇONS. Experts contestés, auditions tendues, alertes venues de l’État : comment les sénateurs ont élaboré leur rapport controversé sur les « zones grises de l’information ».

Hélène Roué18/07/2026

Hémicycle du Sénat.

Hémicycle du Sénat. © SIPA

La mécanique est connue. L’intention affichée paraît légitime : mieux réguler l’information pour protéger la démocratie. Mais derrière cette promesse, le risque est tout autre : confier à quelques acteurs le pouvoir de distinguer les informations fréquentables des opinions suspectes. Le rapport du Sénat sur les « zones grises de l’information » dévoile cette ambition au fil de ses recommandations : créer avant 2027 un observatoire « indépendant » de la désinformation, renforcer les pouvoirs de l’Arcom et du juge des référés, agir plus directement sur les plateformes, ou encore durcir le droit européen applicable aux contenus vidéo et aux influenceurs.

À lire aussi«Pravda», «délit d’opinion»... Un rapport sénatorial sur la régulation des réseaux sociaux soulève de vives craintes

Les coulisses de ces six mois de travaux sont, elles aussi, entourées de zones grises. Comme l’a révélé la presse, une partie du projet et de sa méthodologie s’est appuyée sur Science Feedback, une association engagée dans la lutte contre la désinformation, dotée d’une filiale commerciale et financée par des plateformes numériques, des institutions européennes et des réseaux internationaux de fact-checking. De quoi nourrir les interrogations sur l’indépendance des experts mobilisés.

Le traitement réservé à certains auditionnés a également suscité des critiques. Dans un extrait largement diffusé en ligne, la corapporteure Agnès Evren presse à trois reprises Laurent Buanec, directeur de X France, de se prononcer sur la création d’un « label de qualité de l’information ». Manifestement réticent, celui-ci refuse de s’engager sur ce terrain. Erik Tegnér, directeur du média Frontières, décrit de son côté une audition « clairement hostile ». Il accuse la corapporteure socialiste de s’être montrée « mielleuse » avec la presse de gauche, mais animée d’une « haine viscérale » à son égard, le tout « sous le regard hagard du président centriste » Laurent Lafon.

 On ne parle pas d’ingérences lorsque la menace n’est pas d’origine étrangère 

Hughes Moutouh

Autre sujet explosif : le futur observatoire « indépendant » de la désinformation, principale innovation du rapport. Le fondateur de Fdesouche, Pierre Sautarel, a révélé que ses auteurs envisageaient de confier une partie des missions à la Fondation Descartes. Un cercle de réflexion proche de l’écosystème centriste, qui s’appuie notamment sur les travaux de plusieurs médias et spécialistes autoproclamés de la fiabilité de l’information.

Sautarel décrit un « écosystème particulièrement dense », structuré autour du réseau De Facto : l’AFP, Franceinfo, Libération, 20 Minutes, Les Surligneurs, le Clemi, le laboratoire Carism de l’université Panthéon-Assas, Entre les lignes, MediaConnect ou encore XWiki. Autant d’acteurs dont l’impartialité est régulièrement contestée. Il relève également des liens avec l’Open Society Foundations de George Soros. Pour lui, rien n’est le fait du hasard : Laurent Lafon était intervenu lors d’un colloque de la Fondation Descartes en 2022, avant de la réunir avec l’Arcom et la Cnil en 2025 autour des « influences nationales ». Il ne s’agirait donc pas d’une « expertise extérieure choisie au hasard », mais d’un « écosystème que Laurent Lafon fréquente depuis plusieurs années ».

Enfin, la formule d’« ingérence intérieure », employée par Laurent Lafon lors de la présentation du rapport et immédiatement dénoncée par Éric Zemmour ou David Lisnard, avait déjà été contestée pendant les travaux. Lors d’une table ronde organisée au Sénat en novembre, le préfet Hugues Moutouh, alors secrétaire général du ministère de l’Intérieur, avait balayé le concept : « On ne parle pas d’ingérences lorsque la menace n’est pas d’origine étrangère. »

L’avertissement était clair. Une ingérence désigne, par définition, l’action de s’immiscer dans les affaires d’autrui. Parler d’« ingérence intérieure » revient donc à créer un oxymore politique permettant de placer sous surveillance des citoyens intervenant dans leur propre débat démocratique.

Retour a l'accueil

Newsletter

Recevez les derniers articles par email.

INFOS
Deschamps quitte les Bleus après la défaite face à l’Angleterre•Leur projet a conquis le jury national•L’Australie assume son rôle de puissance régionale face à l’influence chinoise•Prison : la mobilisation qui a fait plier l’État ?•«Désinformation» : les dessous troublants du rapport du Sénat•Une découverte au Tchad secoue la théorie de l’évolution•La flambée qui menace les chantiers•Équité respectée : mythe ou réalité médiatique ?•Vigilance orange : le Sud paralysé par les intempéries•Après les urnes, l'épreuve du réel•Deschamps quitte les Bleus après la défaite face à l’Angleterre•Leur projet a conquis le jury national•L’Australie assume son rôle de puissance régionale face à l’influence chinoise•Prison : la mobilisation qui a fait plier l’État ?•«Désinformation» : les dessous troublants du rapport du Sénat•Une découverte au Tchad secoue la théorie de l’évolution•La flambée qui menace les chantiers•Équité respectée : mythe ou réalité médiatique ?•Vigilance orange : le Sud paralysé par les intempéries•Après les urnes, l'épreuve du réel•
--:--

En Direct

1/2
17:00

Deschamps quitte les Bleus après la défaite face à l’Angleterre

Au delà du récif

16:00

Leur projet a conquis le jury national

L'actualité locale

15:00

L’Australie assume son rôle de puissance régionale face à l’influence chinoise

Au delà du récif

14:00

Prison : la mobilisation qui a fait plier l’État ?

L'actualité locale

13:00

«Désinformation» : les dessous troublants du rapport du Sénat

Au delà du récif

Voir tout le fil d'actualité

Continuer la lecture

Au delà du récif

Deschamps quitte les Bleus après la défaite face à l’Angleterre

Deux décennies de domination, une sortie digne, mais une défaite qui pique. Les Bleus tombent, mais l’histoire, elle, ne s’efface pas.Un héritage sportif hors...

19 juillet 2026
4 min
Au delà du récif

L’Australie assume son rôle de puissance régionale face à l’influence chinoise

Présente à RIMPAC depuis plus de cinquante ans, l’Australie confirme son rôle central dans la sécurité de l’Indo-Pacifique. À Hawaï, le consul général...

19 juillet 2026
4 min
Au delà du récif

Équité respectée : mythe ou réalité médiatique ?

Deux tours, des millions d’électeurs… et une question qui revient toujours : les médias jouent-ils le jeu démocratique ?Le verdict est tombé, chiffres à...

19 juillet 2026
4 min
Une découverte au Tchad secoue la théorie de l’évolution

Article precedent

Une découverte au Tchad secoue la théorie de l’évolution

Prison : la mobilisation qui a fait plier l’État ?

Article suivant

Prison : la mobilisation qui a fait plier l’État ?