Appels d'offres, redressements, gérances : tout le territoire sur une seule page

Il y a une information, en Nouvelle-Calédonie, qui appartient à tout le monde et que presque personne ne peut suivre.
Les annonces légales. Les constitutions de sociétés, les changements de gérance, les dissolutions, les ventes de fonds, les redressements judiciaires, les appels d'offres. Tout cela est public. Tout cela est publié. Et tout cela est, dans les faits, un parcours du combattant.
La raison tient en un mot : l'éclatement. Une dizaine de supports se partagent la publication officielle sur le territoire, entre la presse habilitée par le Haut-Commissariat, le Journal Officiel et les portails de marchés publics du gouvernement et de la Province Nord. Pour un avocat, un notaire, un banquier ou un chef d'entreprise, suivre cette information suppose de faire chaque jour la tournée des supports, un par un. Ou de payer : les services de veille existants facturent l'accès entre 28.000 F et 275.000 F par an, souvent pour une information servie en différé.
Depuis cette année, une plateforme calédonienne a décidé des changer les règles. Elle s'appelle Legal.nc, elle est éditée depuis Nouméa, et son principe tient en une phrase : l'information légale est publique, elle doit être trouvable par tous.
Douze mois d'annonces, gratuits, en temps réel
Concrètement, Legal.nc agrège en continu l'ensemble des supports officiels du territoire, des Nouvelles Calédoniennes au JONC en passant par les portails de marchés publics. Les annonces sont intégrées tout au long de la journée, et non une fois par jour comme chez certains acteurs en place. Sur un redressement judiciaire, ou un appel d'offres qui ferme dans quelques jours, ce délai n'est pas un détail.
Chaque annonce est datée à sa date réelle de parution, rattachée à son support d'origine, et reliée aux fiches des entreprises et des dirigeants concernés. Un moteur de recherche unifié permet de chercher par dirigeant, par société, par RIDET, ou par cabinet. Et la consultation des douze derniers mois est gratuite, là où les acteurs historiques font payer l'accès après un court essai.
Le service payant existe, mais il change les règles du marché : 990 francs HT par mois, sans engagement, soit 11.880 F par an là où les offres concurrentes s'échelonnent de 28.000 à 275.000 F. Au plus bas de la fourchette, l'écart est du simple au double ; au plus haut, il dépasse le rapport de un à vingt. Le comparatif est publié, sourcé et daté sur le site, conformément à la réglementation calédonienne sur la publicité comparative.
La fin de la tournée des portails pour les marchés publics
L'autre bascule concerne les appels d'offres. Jusqu'ici, une entreprise du BTP, un bureau d'études ou un fournisseur devait surveiller plusieurs canaux pour ne rien rater. Legal.nc les rassemble sur une seule page, en accès libre, avec les consultations classées par date de clôture, celles qui ferment sous sept jours mises en avant, et les attributions listées au fil de l'eau. Une alerte peut notifier l'entreprise dès la parution d'un appel d'offres correspondant à son secteur ou à ses mots-clés.
La plateforme propose aussi des fonctions inédites sur le territoire : une cartographie interactive des liens entre entreprises, dirigeants et cabinets, et un Baromètre public de l'économie calédonienne, en accès libre, qui suit créations et dissolutions d'entreprises sur plus de 30 ans de données.
Une question de principe autant que de service
Au fond, ce que Legal.nc met sur la table dépasse la question du prix. C'est une question de principe : une information produite par la loi, payée par les entreprises qui publient, destinée au public, ne devrait jamais être difficile d'accès. Le territoire vivait avec cette anomalie depuis des décennies. Il vient peut-être de la voir se refermer.
Les douze derniers mois d'annonces sont consultables gratuitement sur legal.nc, après création d'un compte.


