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Au delà du récif

La Chine reporte au dernier moment Chang’e-7, sa mission à la recherche d’eau sur la Lune

24 août 2026 à 15:00
4 min de lecture
La Chine reporte au dernier moment Chang’e-7, sa mission à la recherche d’eau sur la Lune

Résumé IA

La Chine a annoncé dimanche 23 août le report du lancement de Chang’e-7, sa mission d’exploration du pôle Sud lunaire, quelques jours avant le décollage prévu depuis Wenchang. Après une évaluation complète, les autorités jugent les conditions insuffisantes et n’annoncent aucune nouvelle date. La sonde devait chercher de la glace d’eau dans des cratères en permanence dans l’ombre.

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La Chine a brusquement reporté le lancement de Chang’e-7, l’une de ses missions lunaires les plus ambitieuses, alors que la sonde devait décoller dans les prochains jours. Pékin veut explorer le pôle Sud de la Lune et notamment rechercher de la glace d’eau dans des cratères plongés en permanence dans l’obscurité.

Quelques jours seulement avant son lancement attendu depuis la base spatiale de Wenchang, sur l’île de Hainan, Chang’e-7 restera finalement au sol. Les autorités chinoises ont annoncé dimanche 23 août le report de cette mission majeure du programme spatial chinois.

Chang’e-7 ne décollera pas en 2026

Après une « évaluation complète », les responsables du programme spatial chinois ont conclu que la mission ne remplissait pas les conditions nécessaires au lancement et qu’elle ne pourrait donc pas être effectuée durant la fenêtre prévue cette année.

Aucune explication technique précise n’a été fournie. Pékin indique avoir pris cette décision en privilégiant la prudence, la fiabilité et la réussite de la mission.

Aucune nouvelle date de lancement n’a pour l'instant été annoncée.

Le report intervient alors que les préparatifs semblaient pourtant particulièrement avancés. Le 19 août, la sonde Chang’e-7 et sa fusée Longue Marche 5 Y14 avaient été transférées verticalement jusqu'à la zone de lancement de Wenchang.

Les autorités indiquaient alors que les installations et équipements du site fonctionnaient normalement et que les dernières vérifications, essais conjoints et opérations de remplissage des ergols devaient précéder un lancement dans les jours suivants.

De la glace recherchée dans les cratères du pôle Sud

Chang’e-7 doit réaliser une exploration particulièrement complexe du pôle Sud lunaire, devenu l'une des zones les plus convoitées de la Lune.

La mission doit combiner plusieurs moyens d'exploration : observation depuis l'orbite, alunissage, déplacement à la surface et utilisation d'un petit engin capable d'effectuer des bonds afin d'accéder à des zones difficiles.

L'un de ses principaux objectifs consiste à explorer les cratères plongés en permanence dans l'ombre, où les températures extrêmement basses pourraient avoir permis de conserver de la glace d'eau pendant des milliards d'années.

La présence et surtout l'accessibilité de cette eau constituent un enjeu majeur pour les futures missions lunaires. Elle pourrait théoriquement être utilisée pour produire de l'eau potable mais également de l'oxygène et de l'hydrogène, notamment pour fabriquer du carburant.

Le pôle Sud au cœur de la nouvelle course à la Lune

Cette recherche dépasse donc largement le simple intérêt scientifique. Le pôle Sud est désormais au centre de la compétition spatiale internationale, notamment entre la Chine et les États-Unis.

Pékin prévoit d'envoyer des astronautes sur la Lune avant 2030 et travaille parallèlement à la construction d'une future station internationale de recherche lunaire.

Chang’e-7 doit notamment préparer le terrain en cartographiant la région et en étudiant ses ressources. Les données recueillies doivent ensuite compléter celles de Chang’e-8, autre mission destinée à préparer une présence chinoise plus durable sur la surface lunaire.

Les États-Unis poursuivent de leur côté leurs propres ambitions au pôle Sud dans le cadre de leur programme lunaire.

Après l'exploit historique de Chang’e-6

Le report de Chang’e-7 constitue un contretemps pour un programme chinois qui a accumulé plusieurs succès au cours des dernières années.

En 2024, Chang’e-6 avait réalisé une première mondiale en ramenant sur Terre des échantillons de roches et de sol prélevés sur la face cachée de la Lune.

Avec Chang’e-7, Pékin veut désormais franchir une nouvelle étape : déterminer si certaines des régions les plus froides et les moins accessibles de notre satellite peuvent abriter suffisamment de glace pour contribuer, à terme, à l'installation durable d'activités humaines sur la Lune.

Le programme devra cependant attendre. Malgré une fusée déjà installée sur son pas de tir, la Chine a choisi de reporter l'une de ses missions spatiales les plus stratégiques plutôt que de prendre le risque d'un échec.