Aller au contenu
0%
L'actualité locale

1 Calédonienne sur 10 touchée

6 octobre 2026 à 11:00
5 min de lecture
1 Calédonienne sur 10 touchée

Résumé IA

En Nouvelle-Calédonie, une femme sur dix développera un cancer du sein, premier cancer chez les femmes, avec 203 nouveaux cas recensés en 2022. Le dépistage organisé, gratuit pour les 50-74 ans, est essentiel car un cancer détecté tôt se soigne mieux.

Aa

Un cancer qui ne fait pas mal, qui ne se voit pas, et qui touche une Calédonienne sur dix. En ce mois d'Octobre Rose, le dépistage n'est pas une option : c'est un réflexe qui sauve des vies.

Un ennemi silencieux qui frappe d'abord les femmes

Elle se sent bien.
Elle n'a mal nulle part.
Et pourtant, la maladie peut déjà être là.

C'est toute la difficulté du cancer du sein : il peut évoluer sans douleur, sans le moindre signe visible. En Nouvelle-Calédonie, il s'agit du premier cancer chez les femmes. Les chiffres de 2022 ne laissent aucune place au doute.

Cette année-là, 203 nouveaux cas ont été recensés sur le territoire. L'âge médian au diagnostic s'établissait à 57 ans. Mais l'idée selon laquelle la maladie ne concernerait que les femmes âgées ne tient pas : 28 % des patientes avaient moins de 50 ans au moment du diagnostic.

Et sur l'ensemble d'une vie, une Calédonienne sur dix développera un cancer du sein.

Une mère, une sœur, une collègue, une amie. Chacun connaît, ou connaîtra, quelqu'un de concerné.

Face à cela, le discours des autorités sanitaires est simple et sans détour. Plus un cancer est détecté tôt, plus les chances de guérison sont grandes. Et plus les traitements sont légers.

Le constat de 2022 montre à la fois le chemin parcouru et celui qui reste à faire. 37 % des cancers étaient détectés à un stade précoce. Mais 16 % étaient déjà au stade métastatique lors du diagnostic. Autrement dit, trop de femmes découvrent encore leur maladie quand elle s'est déjà étendue.

Comment la maladie s'installe dans le corps

Comprendre, c'est déjà se protéger.

Le sein, comme tous les organes, est composé de milliards de cellules. Le système immunitaire les surveille en permanence pour repérer celles qui deviennent anormales. Ces anomalies peuvent apparaître naturellement au cours de la vie de la cellule, en raison de mutations génétiques, ou sous l'effet de facteurs extérieurs comme les UV, le tabac ou l'alimentation transformée.

Parfois, ces cellules anormales parviennent à échapper à la surveillance. Elles se multiplient et forment une masse dans le tissu mammaire : une tumeur.

Toutes ne sont pas dangereuses. Certaines sont bénignes, il ne s'agit alors pas d'un cancer. D'autres sont malignes, donc cancéreuses.

Dans ce cas, les cellules peuvent tenter de quitter le sein pour gagner d'autres parties du corps. Le système immunitaire riposte en mobilisant les ganglions lymphatiques, de véritables filtres qui retiennent cellules anormales, bactéries et virus. Lorsqu'ils sont sollicités, ils gonflent. C'est pour cette raison qu'on peut les sentir sous les aisselles ou près de la clavicule en cas de cancer du sein, comme on les sent dans le cou pendant une angine.

Mais ces filtres ont leurs limites.

Une fois saturés, ils ne retiennent plus efficacement les cellules anormales. Celles-ci circulent alors librement dans l'organisme et s'implantent dans d'autres tissus, où elles forment de nouvelles masses : les métastases.

Il faut aussi tordre le cou à une idée reçue. Il n'existe pas un, mais des cancers du sein. Chacun possède sa propre carte d'identité, qui dépend du type de cellule concernée, de sa vitesse de croissance, de son extension dans l'organisme ou encore de sa sensibilité aux traitements. Certains se ressemblent. Tous sont uniques.

Culture, regard sur le corps et responsabilité de chacune

Le corps fonctionne de la même façon pour tous les êtres humains. La manière de percevoir la maladie, elle, varie selon les sociétés, les croyances et les individus.

Dans la culture océanienne, le cancer ne se résume pas à sa définition médicale. Comme d'autres maladies, il est souvent associé à un déséquilibre qui touche les relations familiales et communautaires, mais aussi le rapport à l'environnement.

Le sein y occupe une place particulière. Organe nourricier, il est au cœur des représentations collectives, de la naissance de l'enfant jusqu'au sevrage. Passé ce cap, il fait généralement l'objet de moins d'attention. Une réalité qui peut, parfois, retarder la détection de certains signes, dont ceux d'un cancer du sein.

C'est précisément là que le dépistage prend tout son sens. Il ne remplace ni les traditions ni les valeurs familiales. Il les complète, en donnant à chaque femme les moyens de veiller sur elle-même et de rester présente pour les siens.

Le dispositif existe, il est accessible, et il ne coûte rien.

En Nouvelle-Calédonie, les femmes de 50 à 74 ans peuvent bénéficier d'une mammographie gratuite tous les deux ans, sur présentation d'une invitation. Celles qui ne l'ont pas reçue peuvent la demander gratuitement en ligne.

Le dépistage organisé est recommandé après 50 ans. Pour toutes les femmes, quel que soit leur âge, un suivi gynécologique régulier reste essentiel.

Pour tout renseignement sur le dépistage, une ligne est disponible au 25 07 65, ainsi qu'une adresse dédiée, depistage.sein@ass.nc. Les informations sont également accessibles sur santepourtous.nc et dass.gouv.nc.

Octobre Rose n'est pas qu'une campagne de couleur.

C'est un rappel adressé à chacune : prendre soin de sa santé, et encourager les femmes de son entourage à se faire dépister. Parce qu'un cancer du sein détecté tôt se soigne mieux.

(Crédit photo : page Facebook "Santé pour tous")