Blocus : LFI attise la colère

Résumé IA
Les syndicats lycéens organisent un acte III de leur mobilisation en France, avec le soutien de La France insoumise. Jean-Luc Mélenchon qualifie ce mouvement de « plus puissant mouvement de jeunesse depuis 1968 » et accuse les policiers de « répression inadmissible ». Il adopte un double discours, menaçant envers les forces de l'ordre tout en appelant à la médiation pour les jeunes.
Acte III dans les lycées, et la gauche radicale est toujours en tête du cortège.
Face aux violences, Jean-Luc Mélenchon accuse les policiers.
Lycéens dans la rue, la gauche derrière
Ce mardi, les syndicats lycéens ont appelé à un « acte III » de leur mobilisation partout en France. À Paris, entre 20 000 et 40 000 manifestants étaient attendus dans le cortège.
Les adolescents ne marchent pas seuls.
Plusieurs partis politiques se sont joints au mouvement. Le Parti socialiste et le Parti communiste français en font partie. Mais c'est surtout La France insoumise qui occupe le terrain, et elle ne s'en cache pas.
Pour Jean-Luc Mélenchon, la cause est entendue. Il présente ce mouvement comme le « plus puissant mouvement de jeunesse depuis 1968 ». La référence n'a rien d'innocent : elle inscrit la contestation lycéenne dans la mythologie révolutionnaire chère à l'extrême gauche.
LFI a d'ailleurs alimenté elle-même le mouvement la semaine dernière. Son leader l'a assumé ouvertement :
Nous sommes fiers d'être aux portes des lycées pour défendre nos gamins !
Des violences relativisées, la police désignée coupable
Il y a pourtant eu des affrontements avec les forces de l'ordre. Plusieurs bâtiments publics ont été dégradés. Les scènes d'émeutes ont choqué l'opinion.
Rien de tout cela ne fait fléchir le soutien insoumis.
Le candidat à l'élection présidentielle a choisi sa cible, et ce ne sont pas les casseurs. Pour Jean-Luc Mélenchon, la faute incombe avant tout aux policiers. « Ce qui se passe en matière de répression est inadmissible », a-t-il dénoncé.
Les forces de l'ordre, chargées de protéger les lycées, les élèves et les biens publics, deviennent ainsi les accusées. Le désordre devient une révolte légitime. Le maintien de l'ordre, lui, devient une « répression ».
Puis le ton monte encore d'un cran.
Ceux qui tabassent nos enfants, ceux qui laissent libre cours à leur racisme, vont bientôt nous trouver sur leur chemin. Il n'y aura ni oubli ni pardon pour personne.
Ces mots viennent d'un responsable politique qui brigue la plus haute fonction de l'État. Ils visent, sans les nommer, ceux qui portent l'uniforme de la République.
Le double discours de Jean-Luc Mélenchon
Le leader insoumis manie toutefois deux registres à la fois.
Dans un premier temps, il y a la menace, la colère, l'accusation de racisme lancée contre les policiers. Ensuite viennent les mots doux adressés à une jeunesse en colère.
La première tâche à accomplir face à des jeunes en révolte, c'est la médiation, parler : tout enfant est comme notre enfant, insiste-t-il.
L'alternance est calculée. Elle permet d'encourager le mouvement sans renoncer à afficher une image de responsabilité. Elle permet de soutenir la rue tout en se donnant des airs de sage face au chaos.
Le procédé est connu.
Il consiste à excuser par avance tout débordement au nom de la colère des jeunes, puis à reporter sur l'État la responsabilité des violences. Les lycéens deviennent des « enfants » qu'il faudrait protéger. Les policiers deviennent des agresseurs. Et les dégradations de bâtiments publics, payés par les contribuables, disparaissent du récit.
Pour LFI, cet acte III n'est pas seulement une journée de mobilisation lycéenne. C'est une tribune politique. Et Jean-Luc Mélenchon entend bien rester aux portes des lycées, quitte à faire de la contestation adolescente un levier de campagne.
(Crédit photo : Bastien Ohier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)



