Je me suis réveillé… et l’oncle Sam regardait notre nickel

Résumé IA
De retour de Washington, Nicolas Metzdorf affirme que des investisseurs américains s'intéressent au rachat d'Eramet et pourrait conserver la SLN dans son périmètre. Par ailleurs, environ 500 millions d'euros seraient inscrits au budget 2027 en soutien à la Nouvelle-Calédonie, et Georges Naturel quitte Les Républicains pour l'Union centriste.
Je me suis réveillé et, après la France, l’Europe, la Chine et l’Inde, un nouveau regard se tournait vers le nickel calédonien : celui des États-Unis.
De retour de Washington, Nicolas Metzdorf affirme avoir rencontré plusieurs interlocuteurs américains autour d’un dossier qui pourrait directement concerner la SLN. Selon le député, un fonds d’investissement privé lié aux intérêts stratégiques américains s’intéresserait au rachat d’Eramet, dont la famille Duval souhaite céder sa participation.
Son objectif lors de ce déplacement était clair : si une opération devait se concrétiser, convaincre les investisseurs de conserver la SLN dans le périmètre d’Eramet, de réinvestir dans Doniambo et surtout dans son énergie, qui reste l’un des principaux handicaps de l’usine. Metzdorf dit avoir trouvé des interlocuteurs à l’écoute. Rien n’est signé évidemment, mais dans la situation actuelle du nickel calédonien, chaque piste compte.
Et l’Europe aura bientôt l’occasion de montrer ce qu’elle est prête à mettre sur la table puisque Stéphane Séjourné est attendu prochainement en Nouvelle-Calédonie.
À Paris, un autre chiffre mérite qu’on s’y arrête : selon Nicolas Metzdorf, un peu plus de 500 millions d’euros, soit environ 60 milliards de francs, seraient inscrits dans le projet de budget de l’État pour 2027 en soutien à la Nouvelle-Calédonie, en prenant en compte les institutions et les usines de nickel. Une enveloppe évidemment conditionnée à l’adoption du budget.
Pendant ce temps, l’accès aux soins reste compliqué dans certaines communes. Depuis février 2025, l’Ordre de Malte envoie médecins, infirmiers et dentistes pendant trois mois en Nouvelle-Calédonie, avec des rotations dans les trois provinces pour renforcer les zones où les besoins sont les plus importants. La mission, financée par l’État, pourrait être prolongée.
Autre bombe, mais cette fois financière et environnementale : nos batteries au lithium. Leur recyclage coûte aujourd’hui environ 1 500 francs le kilo lorsqu’elles doivent être expédiées vers l’Australie. Avec l’explosion attendue du nombre de batteries en fin de vie, Trécodec estime que la facture pourrait représenter entre 5 et 7 milliards de francs dans les dix prochaines années. Autrement dit, si on veut éviter le mur en 2030, il faut commencer à organiser la filière maintenant.
Et puis un changement politique : le sénateur Georges Naturel quitte le groupe Les Républicains au Sénat pour rejoindre l’Union centriste, estimant que cette formation correspond davantage aux valeurs qu’il souhaite défendre pour la Nouvelle-Calédonie.
En refermant cette journée, je me suis dit que notre nickel avait déjà fait le tour du monde sans quitter le Caillou. Maintenant, entre Washington, Bruxelles et Paris, il reste surtout à savoir qui sera réellement prêt à sortir le carnet de chèques pour maintenir nos usines debout.
Bref



