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Naïa Wateou à l’ONU : « Notre suffrage ne se négocie pas »

7 octobre 2026 à 07:53
4 min de lecture
Naïa Wateou à l’ONU : « Notre suffrage ne se négocie pas »

Résumé IA

À l’ONU, Naïa Wateou défend le respect des trois référendums d’autodétermination et demande le retrait de la Nouvelle-Calédonie de la liste des territoires non autonomes. Elle salue le soutien de la France après les émeutes de mai 2024 et cite les élections provinciales de 2026 comme nouveau message politique clair.

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À l’ONU, Naïa Wateou a défendu une ligne claire : respecter le choix exprimé par les Calédoniens lors des trois référendums d’autodétermination et reconnaître l’ancrage de la Nouvelle-Calédonie dans la République française. Devant la Quatrième Commission, l’élue de la province Sud a également rappelé le rôle essentiel de la France dans la reconstruction du territoire depuis les émeutes de mai 2024.

La Nouvelle-Calédonie examinée devant la Quatrième Commission de l’ONU

La 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies se tient actuellement à New York. Dans ce cadre, la Quatrième Commission, chargée notamment des questions politiques spéciales et de décolonisation, entend plusieurs pétitionnaires au sujet des territoires toujours inscrits sur la liste des territoires non autonomes.

La Nouvelle-Calédonie figure toujours sur cette liste, malgré les trois consultations d’autodétermination organisées dans le cadre de l’accord de Nouméa. C’est devant cette commission que Naïa Wateou a pris la parole pour rappeler les résultats des urnes et défendre le choix démocratique exprimé par les Calédoniens.

Trois référendums et un choix répété de rester français

Naïa Wateou a articulé son intervention autour de « trois vérités ».

La première concerne les trois référendums d’autodétermination de 2018, 2020 et 2021.

« Le résultat des trois consultations d’autodétermination est sans ambiguïté », a-t-elle rappelé.

À chaque consultation, les électeurs calédoniens ont choisi de rester dans la République française.

L’élue est également revenue sur le boycott du troisième référendum par une partie du camp indépendantiste, rappelant que l’absence volontaire d’un camp politique ne peut annuler la légitimité d’un scrutin organisé dans le cadre institutionnel prévu par l’accord de Nouméa.

Selon elle, accepter cette logique reviendrait à permettre à « l’abstention organisée » puis à la violence de se substituer au suffrage universel.

Naïa Wateou a donc demandé aux Nations unies de prendre acte du résultat des trois consultations et d’en tirer les conséquences en retirant la Nouvelle-Calédonie de la liste des territoires non autonomes.

La France au rendez-vous après les émeutes de mai 2024

Deuxième réalité mise en avant par Naïa Wateou : le soutien de la France depuis les violences qui ont frappé la Nouvelle-Calédonie en mai 2024.

Elle a rappelé les destructions de commerces, d’écoles et d’infrastructures, ainsi que les conséquences économiques et sociales qui continuent de peser sur le territoire.

« Ce sont la France et la solidarité de nos compatriotes qui permettent aujourd’hui à la Nouvelle-Calédonie de tenir », a-t-elle déclaré.

Depuis les émeutes, l’État accompagne en effet la reconstruction, soutient l’économie calédonienne et continue de financer des secteurs essentiels comme la santé, l’éducation, la sécurité ou les retraites.

Un rappel particulièrement important alors que la Nouvelle-Calédonie reste profondément fragilisée par la crise économique née des violences de 2024.

Les élections provinciales ont également parlé

Troisième point soulevé par Naïa Wateou : les résultats des élections provinciales de 2026.

En province Sud, les électeurs ont largement accordé leur confiance aux formations favorables au maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France.

La majorité loyaliste dispose désormais de 28 sièges sur 40 à l’assemblée de la province Sud.

Pour Naïa Wateou, ce résultat constitue un nouveau message politique clair envoyé par les électeurs.

« Les urnes ont parlé cette année », a-t-elle souligné.

Les équilibres politiques issus des provinciales ont également permis la constitution de nouvelles majorités au Congrès et au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, autour des forces loyalistes et non-indépendantistes.

Un message aux États étrangers qui interviennent dans le dossier calédonien

Dans la dernière partie de son intervention, Naïa Wateou s’est directement adressée aux pays étrangers qui prennent régulièrement position sur la question calédonienne.

Elle a rappelé que certains États donnent des leçons à la Nouvelle-Calédonie alors qu’ils sont eux-mêmes confrontés à d’importantes difficultés en matière de libertés publiques, d’accès à l’éducation, de protection sociale ou de droits des femmes.

Nos blessures ne sont pas un terrain de jeu pour vos manœuvres politiques,

a-t-elle lancé.

Puis son message s’est voulu particulièrement clair :

Laissez-nous gérer nos affaires. Nous n’avons pas besoin de vos conseils. Notre avenir ne vous appartient pas. Notre suffrage ne se négocie pas.

« Le destin de la Nouvelle-Calédonie appartient aux Calédoniens »

Pour conclure, Naïa Wateou a rappelé un principe simple : l’avenir de la Nouvelle-Calédonie doit être décidé par les Calédoniens eux-mêmes.

À eux et à eux seuls revient le choix de leur avenir

a-t-elle déclaré.

Et ce choix, a-t-elle rappelé devant les Nations unies, s’est déjà exprimé à trois reprises dans les urnes.

Le chemin choisi par les Calédoniens est, selon elle, celui de la République française.

Une intervention qui remet ainsi au centre du débat international une réalité démocratique souvent occultée : trois référendums ont été organisés, trois fois les Calédoniens ont refusé l’indépendance.

Reste désormais une question posée directement aux Nations unies : combien de consultations faudra-t-il encore avant que le choix exprimé par les électeurs calédoniens soit pleinement reconnu ?