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Au delà du récif

Corée du Nord : Pyongyang menace Washington sur Taïwan et réaffirme son soutien à la Russie

8 octobre 2026 à 15:00
4 min de lecture
Corée du Nord : Pyongyang menace Washington sur Taïwan et réaffirme son soutien à la Russie

Résumé IA

La Corée du Nord critique les ventes d'armes américaines à Taïwan, accusant Washington d'alimenter les tensions, et avertit des conséquences d'une confrontation directe avec la Chine. Kim Jong-un réaffirme son soutien à Vladimir Poutine et la coopération stratégique entre Pyongyang et Moscou, alors que les relations entre la Corée du Nord, la Chine et la Russie se renforcent.

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La Corée du Nord hausse le ton face aux États-Unis concernant leur soutien militaire à Taïwan. Dans le même temps, Kim Jong-un réaffirme son alliance stratégique avec Vladimir Poutine et son soutien à la Russie, confirmant le rapprochement entre Pyongyang, Pékin et Moscou.

Pyongyang met en garde les États-Unis sur Taïwan

La Corée du Nord a vivement critiqué, mercredi 7 octobre 2026, les ventes d'armes américaines à Taïwan, accusant Washington d'alimenter les tensions dans le détroit qui sépare l'île de la Chine continentale.

Dans un commentaire publié par l'agence officielle KCNA, l'analyste nord-coréen Kim Myong Chol estime que la politique américaine compromet la paix et la stabilité en Asie-Pacifique.

Pyongyang avertit notamment Washington des conséquences potentielles d'une confrontation directe avec la Chine au sujet de Taïwan.

Cette déclaration intervient alors que Taïwan vient de recevoir deux premiers avions de combat F-16V Block 70, issus d'une commande de 66 appareils passée aux États-Unis en 2019.

Ces livraisons s'inscrivent dans le renforcement des capacités de défense taïwanaises face à la pression militaire croissante exercée par Pékin.

La Corée du Nord s'aligne sur la position chinoise

Cette prise de position illustre le rapprochement diplomatique entre Pyongyang et Pékin, particulièrement sur la question taïwanaise.

La Chine considère Taïwan comme faisant partie intégrante de son territoire et n'exclut pas le recours à la force pour parvenir à la réunification.

De son côté, le gouvernement démocratiquement élu de Taïwan rejette les revendications de souveraineté chinoises et affirme que seul son peuple peut décider de son avenir.

Lors d'un sommet organisé à Pyongyang en juin dernier, Kim Jong-un avait déjà assuré Xi Jinping de son soutien au principe d'une seule Chine, indépendamment des évolutions de la situation internationale.

Les deux dirigeants avaient également évoqué un renforcement de leur coopération dans plusieurs domaines, notamment diplomatiques, sécuritaires et militaires.

Toutefois, contrairement à son engagement militaire auprès de la Russie, aucune participation directe de la Corée du Nord à un éventuel conflit autour de Taïwan n'a été annoncée.

Kim Jong-un réaffirme son soutien à Vladimir Poutine

Parallèlement aux déclarations concernant Taïwan, le dirigeant nord-coréen a adressé un message à Vladimir Poutine, à l'occasion de son anniversaire.

Kim Jong-un y renouvelle son engagement à poursuivre la coopération stratégique entre les deux pays, conformément au traité de partenariat signé en juin 2024.

Il exprime également sa conviction que la Russie remportera ce qu'il présente comme une guerre destinée à défendre sa souveraineté, ses intérêts de sécurité et son intégrité territoriale.

Bien que son message ne mentionne pas explicitement l'Ukraine, il intervient dans un contexte de coopération militaire étroite entre Moscou et Pyongyang.

Selon les estimations ukrainiennes et sud-coréennes rapportées par Reuters, la Corée du Nord aurait envoyé entre 14 000 et 15 000 soldats pour soutenir les forces russes depuis 2024.

Cette implication militaire constitue une évolution majeure dans les relations entre les deux pays.

Un rapprochement stratégique qui préoccupe les Occidentaux

Le renforcement simultané des relations de la Corée du Nord avec la Chine et la Russie soulève des interrogations sur l'évolution des équilibres militaires en Asie.

Pour Washington et ses alliés, notamment le Japon et la Corée du Sud, cette coopération représente un enjeu de sécurité supplémentaire dans une région déjà marquée par plusieurs foyers de tension.

Les États-Unis maintiennent leur soutien aux capacités de défense de Taïwan, conformément à leur législation, tout en conservant une politique diplomatique qui ne reconnaît pas officiellement l'île comme un État indépendant.

La convergence des positions chinoise, russe et nord-coréenne ne constitue pas pour autant une alliance militaire trilatérale formalisée. Elle traduit néanmoins des intérêts stratégiques communs face à l'influence américaine.

Pour la région Indo-Pacifique, dont fait partie la Nouvelle-Calédonie, ces évolutions rappellent l'importance croissante des questions de défense, de sécurité maritime et de stabilité régionale.

Alors que les tensions persistent autour de Taïwan et que la guerre en Ukraine se poursuit, les déclarations de Pyongyang illustrent une coordination politique de plus en plus visible entre les trois capitales.